Re-bonjour! C'est (encore) François qui vous guidera pour notre journée d'exploration du plus grand lac des Balkans!
Mais avant, retour à Budva. Au petit matin, avant que Mémé ne se réveille, je suis parti à travers la vieille ville vide de touristes - impression extraordinaire! - en direction de la plage située près des falaises où nous avions été la veille. Il était environ 8h, il faisait beau soleil, la plupart des chaises longues n'étaient pas encore sorties et peu de gens étaient déjà affairés à se faire bronzer: parfait! J'en ai donc profité pour faire une baignade matinale dans la mer Adriatique en tâchant de ne pas trop grimacer de douleur à chaque fois qu'un gros caillou pointu me rentrait dans la plante du pied (on se souvient que ce sont des plages de galets!) Et ça a vraiment valu la peine: l'eau était turquoise-translucide, au point où j'avais l'impression que je pouvais toucher le fond alors même qu'il y avait quelques mètres d'eau sous moi! C'est bien rafraîchi que je suis revenu à l'hostel. Le charme de la ville vide s'était cependant déjà rompu, car des touristes en sandales-bas blancs investissaient déjà les rues.... Un bateau de croisière avait dû accoster dans l'intervalle !
Une fois notre gruau quotidien avalé, on a été à la même place de sandwiches que la veille se faire préparer des repas pour la route. Mémé a réussi à échapper le quart du contenu de mon sandwich par terre en le prenant (pour une fois que ce n'est pas moi qui gaffe), ce que j'ai entrepris de lui rappeler toute la matinée haha! Puis, on s'est dirigés vers la gare, où on a croisé le Néo-Zélandais et l'un des Anglais de la veille. Questionné sur l'endroit où il se dirigeait, ce dernier nous a dit qu'il voulait éviter l'Albanie, qu'il considérait comme les bas-fonds de l'Europe (je ne parviens pas à traduire correctement l'élégante expression "the shithole of Europe"...). Assez comiquement, on le retrouvera une semaine plus tard, dans un hostel de la capitale albanaise! À l'évidence, il avait changé d'idée!
Ce qui m'amène à vous faire un petit aparté sur le type de backpackers qu'on retrouve au nord du Montenegro (baie de Kotor et Budva). Disons que la proportion de "partygoers", prêts à flamber leurs euros pour prendre plusieurs bières par jour à l'hostel, est plus élevée qu'à l'ordinaire! On trouve également davantage de voyageurs ne prévoyant visiter que l'Europe: leur habillement un peu trop beau pour un voyage backpack standard (jolies robes, talons hauts, sacoches) laisse perplexe, et rappelle qu'ici, la sécurité n'est généralement pas un enjeu. Enfin, on avait aussi croisé quelques jeunes Québécois de type "douche bag" à Kotor, et ce modèle s'est répété à plusieurs occasions. Bref, à la faune habituelle des backpackers se greffent en Europe des types de voyageurs plus rares en Amérique du Sud mettons!
Nous étions donc à la gare de Budva et nous attendions notre bus. Direction: Bar, une ville industrielle moche du Sud du Montenegro, d'où nous comptions prendre un transfert vers Virpazar et le lac de Skadar. Après une heure de route magnifique à flanc de montagne le long de la mer, on a finalement abouti à la gare routière de Bar. Premier constat: ici, c'est nettement moins touristique... et plus pauvre. On a tenté de prendre le train vers Virpazar (il y a une voie ferrée qui relie Bar à Belgrade via Virpazar, et je voulais vraiment prendre le train au Montenegro), mais malheureusement les horaires ne nous convenaient pas alors on s'est rabattus sur le bus. 40 minutes plus tard, une fois avoir traversé les montagnes via un long tunnel, le bus nous laissait au minuscule village de Virpazar, sur les rives du lac de Skadar.
Le Lonely Planet n'a pas été d'une aide impressionnante pour notre séjour au Montenegro, mais il a quand même su nous mettre en garde contre les "touts" de Virpazar. En effet, dès notre sortie du bus, on a été harcelés par des gens qui cherchaient à nous attirer dans leurs hôtels ou à nous vendre des tours de bateau sur le lac (la grosse attraction de l'endroit). Et Dieu sait qu'on HAÏT (oui, j'assume les trémas) se faire gosser par du monde pour se faire vendre des affaires, surtout quand on n'a pas encore eu le temps de se faire une tête sur les prix et les modalités des choses qu'on essaie désespérément de nous vendre! L'attitude à adopter envers ces gens-là est habituellement de les ignorer ou de leur répondre "No, thank you". Sauf que ça a frustré le premier Monténégrin à qui on a refusé son "offre" de venir dormir dans son hôtel, l'hôtel Pelikan. Il s'est alors mis à me dire "tu penses que j'essaie de t'avoir, c'est ça?" et à me faire la morale sur l'importance du respect au Montenegro... On a plus tard su qu'il était un peu spécial comme bonhomme: c'est même une petite célébrité locale sur Tripadvisor, où les touristes prennent bien soin de dire aux autres d'éviter l'hôtel Pelikan et son "recruteur" vraiment lourd! Autrement, il y avait aussi un autre gars qui a bien dû nous pointer à 3 reprises l'endroit où se trouvait son hôtel!
Que fait-on quand on veut se faire une idée quant aux offres d'hébergement et d'activités d'un nouvel endroit, alors qu'on ne peut pas faire confiance aux touts dans la rue qui ne pensent qu'à t'amener dans LEUR hôtel? On va à l'information touristique, habituellement neutre! Justement, parmi les 10 maisons que compte Virapazar (c'est vraiment petit), l'une d'entre elles a été transformée en kiosque d'information touristique! Malheureusement, le gars n'a pas vraiment été aidant, mais on a quand même pu choisir un hôtel qui nous paraissait bien et pas cher. En sortant, Mémé a repoussé l'offre d'aide d'un nouveau tout, avant que je ne réalise qu'il voulait nous diriger vers l'hôtel que nous cherchions! Finalement, il était bien sympathique et nous a fait une chambre à 15 euros (le meilleur prix du voyage tant pour un dortoir qu'une chambre double) dans son hôtel vide! C'est que la plupart des gens ne dorment pas à Virpazar: ils viennent en tour de la côte ou de Podgorica, restent pour quelques heures, et repartent.
Alors qu'on s'installait, une voix nous a demandé en français si nous venions de France! On a alors fait la connaissance de Julien, un jeune Français venu à Virpazar il y a quelques mois pour y monter une entreprise de randonnée pédestre dans la région, en compagnie d'un partenaire serbe. Il semblait vraiment heureux de nous parler et nous a expliqué tout ce qu'il y avait à savoir du juteux business des tours de bateaux sur le lac. En gros, il y a environ 10 ans, certains personnes de Virpazar ont compris qu'il y avait beaucoup d'argent à faire en achetant des bateaux et en proposant des excursions sur le lac aux touristes. Petit à petit, tout le monde qui avait un peu d'argent de côté à Virpazar s'est mis à acheter des bateaux en raison de la manne touristique, ce qui a mené au cirque actuel. Ces gens-là emploient des pêcheurs, qu'ils paient peu, pour faire les tours, et font de bonnes affaires alors que les pêcheurs, qui n'ont pas le capital nécessaire pour acheter un bateau et proposer eux-mêmes des tours, récoltent les miettes. C'est quand même dommage...
Au fil de la conversation, Julien nous a proposé son aide si nous voulions un tour sur une partie plus jolie du lac, où ne vont habituellement pas les bateaux, sur une petite embarcation conduite par un bon pilote. On a dit oui et il nous finalement négocié le tout pour 5 euros moins cher que le prix habituel! Tu parles d'un coup de chance de tomber sur ce gars-là! D'ailleurs, si vous passez à Virpazar et que ça vous tente de faire un trek qui sort de l'ordinaire, on vous recommande chaudement ses services! Vous pouvez aller voir un aperçu de ce qu'ils font sur leur page Facebook:
Avant de partir sur le lac, on est allés manger une délicieuse soupe de poisson dans un petit resto recommandé par Julien et situé en face de la rivière qui coule au centre de Virpazar. Julien est ensuite arrivé, on lui a payé son café pour le remercier et on est montés dans le bateau. Notre capitaine était un sympathique grand-père ne parlant pas un mot d'anglais. "Il est excellent, il connaît le lac comme sa poche et sait où trouver les oiseaux" nous avait dit Julien. "Donnez-lui un petit pourboire si vous êtes satisfait, il ne gagne pas beaucoup!"
Et on est donc partis sur le lac dans une petite chaloupe à moteur! De Virpazar, on y accède par une petite rivière entourée de hautes herbes. On débouche ensuite sur le lac Skadar proprement dit, qui est une étendue d'eau environ aussi grande que le lac Nominingue (à vue de nez) que se partagent le Montenegro et l'Albanie. Malgré le temps gris, l'endroit était déjà bien joli, avec les montagnes plongeant dans les eaux du lac! On a croisé un bateau plein de touristes chinois qui ont tenu à filmer notre chaloupe en nous faisant des bye bye, auxquels on a gentiment répondu! Les Chinois sont toujours aussi incroyables!
Alors que la plupart des bateaux choisissent de longer la côte de la partie méridionale du lac (qui n'est pas mal, on va se le dire), nous on avait choisi d'aller dans la partie septentrionale, plus sauvage. Et une fois franchi le pont séparant ces deux zones, on n'a franchement pas été déçus! Les paysages étaient réellement spectaculaires, avec les montagnes et les îles ouvertes de végétation! À un certain moment, notre capitaine nous a pointé deux taches blanches sur le bord de l'eau: des pélicans! Le lac Skadar est l'un des quelques réserves naturelles d'Europe abritant ce gros et majestueux oiseau, et il n'est pas toujours facile de les apercevoir! On s'est rapprochés et on a pu les observer en détail, avant qu'ils ne s'envolent! On a aussi vu plein d'autres oiseaux, parmi lesquels des canards et des genres de hérons. On a terminé ce tour de 2 heures pare petite balade entre les nénuphars, qui occupent de très grandes étendues des baies calmes du lac. Ce dernier était néanmoins assez agité lors de notre passage: le vent soulevait de bonnes vagues!
Après deux heures, on est donc revenus tout contents de ce périple lacustre, avec des images de nénuphars, de montagnes et de pélicans plein la tête! On a remercié notre capitaine en lui laissant un petit pourboire, puis on es retournés dans le village où on a jasé un moment au Français.
Il nous restait du temps avant le coucher du soleil, alors on a décidé de marcher un peu. On a suivi la route vers le petit village voisin de Godinje, réputé pour son vin. En marchant, on a eu des points de vue sublimes sur le lac et les montagnes environnantes, et on en est venus à se demander pourquoi si peu de touristes (nous étions les seuls) empruntaient cette route magnifique! Bon, il y a toujours un revers à la médaille: beaucoup d'arbres environnants étaient peuplés de grosses araignées, nichées dans leurs toiles!
On est arrivés à Godinje après environ une heure de marche. Godinje, c'est vraiment le village qu'on s'imagine des Balkans, avec leurs vieilles maisons blanchies à la chaux au toit de tuiles rouges, leurs champs et leurs babouchkas. Plusieurs villageois avaient des stands pour vendre leur vin ou leurs boissons fortes maison sur le bord de la route. Vers la fin du village, une vieille mamie nous a fait signe et nous a fait goûter à leur vin et à leur alcool de prune et de noix maison! Ce qui devait être son fils, visiblement un peu soûl derrière, a tenu à me dire que Mémé était sexy (ce qui me parait une évidence), avant que la babouchka ne lui dise de se taire du revers de la main haha! On leur aurait bien acheté un petit quelque chose pour les encourager, mais ils ne vendaient que d'immenses bouteilles de 1,5 ou 2 litres (pas évident à traîner en backpack!). En plus, c'était dans des bouteilles assez ghetto, bouchonnées à la mitaine, qu'on se serait assurément fait confisquer aux douanes.... On les a donc longuement remerciés en leur expliquant qu'on leur en aurait acheté s'ils avaient eu un plus petit format, puis on est revenus sur nos pas vers Virpazar. Il devait être 20h et le coucher de soleil donnait au paysage une couleur magnifique, qui se reflétait sur le lac. Sur le chemin, on a aussi compris que c'était l'heure du repas pour les grosses sauterelles du coin qui bondissaient sur le chemin. Puis, fraichement écrasé sur la route, on a vu un monstre qui a fait bondir Mémé de frayeur: une sauterelle verte longue d'un peu moins d'un pied! J'avais déjà vu de gros insectes en voyage, mais je ne me souvenais pas d'avoir déjà vu quelque chose d'aussi massif!
De retour au village, on est arrivés à temps pour voir que les soldats en salopette (!) qui construisaient un pont militaire sur la rivière (ce qui nous avait laissé des doutes légitimes quant à la solidité du pont actuel) étaient tous en rang et écoutaient un officier leur faire un speech. On est ensuite allés souper dans un petit resto (l'un des quatre du village), où on a mangé un excellent poulet à la crème avec un tas de légumes grillés... avec une crème glacée pour le dessert! La gang de gars qui mangeait à côté de nous avait vraiment un air louche qui nous a fait suspecter qu'ils soient de la mafia... Bon, on exagère peut-être, mais n'empêche que la mafia est bien implantée dans les Balkans (notamment en Albanie)! Une fois repus, on a jasé à un couple d'Allemands que Mémé avait croisé plus tôt dans la journée. Le gars était biologiste et voulait se lever aux aurores le lendemain pour observer les oiseaux sur le lac, car parait-il qu'ils sont plus actifs tôt le matin. Il avait vraiment l'air de tripper en tout cas!
Enfin, on a terminé notre journée par une petite balade de nuit dans Virpazar, une exténuante promenade qui a dû durer au plus 7 minutes! On est ensuite allés se coucher, en vérifiant bien qu'il n'y avait pas de sauterelle géante dans la chambre!
À bientôt!
Mais avant, retour à Budva. Au petit matin, avant que Mémé ne se réveille, je suis parti à travers la vieille ville vide de touristes - impression extraordinaire! - en direction de la plage située près des falaises où nous avions été la veille. Il était environ 8h, il faisait beau soleil, la plupart des chaises longues n'étaient pas encore sorties et peu de gens étaient déjà affairés à se faire bronzer: parfait! J'en ai donc profité pour faire une baignade matinale dans la mer Adriatique en tâchant de ne pas trop grimacer de douleur à chaque fois qu'un gros caillou pointu me rentrait dans la plante du pied (on se souvient que ce sont des plages de galets!) Et ça a vraiment valu la peine: l'eau était turquoise-translucide, au point où j'avais l'impression que je pouvais toucher le fond alors même qu'il y avait quelques mètres d'eau sous moi! C'est bien rafraîchi que je suis revenu à l'hostel. Le charme de la ville vide s'était cependant déjà rompu, car des touristes en sandales-bas blancs investissaient déjà les rues.... Un bateau de croisière avait dû accoster dans l'intervalle !
Une fois notre gruau quotidien avalé, on a été à la même place de sandwiches que la veille se faire préparer des repas pour la route. Mémé a réussi à échapper le quart du contenu de mon sandwich par terre en le prenant (pour une fois que ce n'est pas moi qui gaffe), ce que j'ai entrepris de lui rappeler toute la matinée haha! Puis, on s'est dirigés vers la gare, où on a croisé le Néo-Zélandais et l'un des Anglais de la veille. Questionné sur l'endroit où il se dirigeait, ce dernier nous a dit qu'il voulait éviter l'Albanie, qu'il considérait comme les bas-fonds de l'Europe (je ne parviens pas à traduire correctement l'élégante expression "the shithole of Europe"...). Assez comiquement, on le retrouvera une semaine plus tard, dans un hostel de la capitale albanaise! À l'évidence, il avait changé d'idée!
Ce qui m'amène à vous faire un petit aparté sur le type de backpackers qu'on retrouve au nord du Montenegro (baie de Kotor et Budva). Disons que la proportion de "partygoers", prêts à flamber leurs euros pour prendre plusieurs bières par jour à l'hostel, est plus élevée qu'à l'ordinaire! On trouve également davantage de voyageurs ne prévoyant visiter que l'Europe: leur habillement un peu trop beau pour un voyage backpack standard (jolies robes, talons hauts, sacoches) laisse perplexe, et rappelle qu'ici, la sécurité n'est généralement pas un enjeu. Enfin, on avait aussi croisé quelques jeunes Québécois de type "douche bag" à Kotor, et ce modèle s'est répété à plusieurs occasions. Bref, à la faune habituelle des backpackers se greffent en Europe des types de voyageurs plus rares en Amérique du Sud mettons!
Nous étions donc à la gare de Budva et nous attendions notre bus. Direction: Bar, une ville industrielle moche du Sud du Montenegro, d'où nous comptions prendre un transfert vers Virpazar et le lac de Skadar. Après une heure de route magnifique à flanc de montagne le long de la mer, on a finalement abouti à la gare routière de Bar. Premier constat: ici, c'est nettement moins touristique... et plus pauvre. On a tenté de prendre le train vers Virpazar (il y a une voie ferrée qui relie Bar à Belgrade via Virpazar, et je voulais vraiment prendre le train au Montenegro), mais malheureusement les horaires ne nous convenaient pas alors on s'est rabattus sur le bus. 40 minutes plus tard, une fois avoir traversé les montagnes via un long tunnel, le bus nous laissait au minuscule village de Virpazar, sur les rives du lac de Skadar.
Le Lonely Planet n'a pas été d'une aide impressionnante pour notre séjour au Montenegro, mais il a quand même su nous mettre en garde contre les "touts" de Virpazar. En effet, dès notre sortie du bus, on a été harcelés par des gens qui cherchaient à nous attirer dans leurs hôtels ou à nous vendre des tours de bateau sur le lac (la grosse attraction de l'endroit). Et Dieu sait qu'on HAÏT (oui, j'assume les trémas) se faire gosser par du monde pour se faire vendre des affaires, surtout quand on n'a pas encore eu le temps de se faire une tête sur les prix et les modalités des choses qu'on essaie désespérément de nous vendre! L'attitude à adopter envers ces gens-là est habituellement de les ignorer ou de leur répondre "No, thank you". Sauf que ça a frustré le premier Monténégrin à qui on a refusé son "offre" de venir dormir dans son hôtel, l'hôtel Pelikan. Il s'est alors mis à me dire "tu penses que j'essaie de t'avoir, c'est ça?" et à me faire la morale sur l'importance du respect au Montenegro... On a plus tard su qu'il était un peu spécial comme bonhomme: c'est même une petite célébrité locale sur Tripadvisor, où les touristes prennent bien soin de dire aux autres d'éviter l'hôtel Pelikan et son "recruteur" vraiment lourd! Autrement, il y avait aussi un autre gars qui a bien dû nous pointer à 3 reprises l'endroit où se trouvait son hôtel!
Que fait-on quand on veut se faire une idée quant aux offres d'hébergement et d'activités d'un nouvel endroit, alors qu'on ne peut pas faire confiance aux touts dans la rue qui ne pensent qu'à t'amener dans LEUR hôtel? On va à l'information touristique, habituellement neutre! Justement, parmi les 10 maisons que compte Virapazar (c'est vraiment petit), l'une d'entre elles a été transformée en kiosque d'information touristique! Malheureusement, le gars n'a pas vraiment été aidant, mais on a quand même pu choisir un hôtel qui nous paraissait bien et pas cher. En sortant, Mémé a repoussé l'offre d'aide d'un nouveau tout, avant que je ne réalise qu'il voulait nous diriger vers l'hôtel que nous cherchions! Finalement, il était bien sympathique et nous a fait une chambre à 15 euros (le meilleur prix du voyage tant pour un dortoir qu'une chambre double) dans son hôtel vide! C'est que la plupart des gens ne dorment pas à Virpazar: ils viennent en tour de la côte ou de Podgorica, restent pour quelques heures, et repartent.
Alors qu'on s'installait, une voix nous a demandé en français si nous venions de France! On a alors fait la connaissance de Julien, un jeune Français venu à Virpazar il y a quelques mois pour y monter une entreprise de randonnée pédestre dans la région, en compagnie d'un partenaire serbe. Il semblait vraiment heureux de nous parler et nous a expliqué tout ce qu'il y avait à savoir du juteux business des tours de bateaux sur le lac. En gros, il y a environ 10 ans, certains personnes de Virpazar ont compris qu'il y avait beaucoup d'argent à faire en achetant des bateaux et en proposant des excursions sur le lac aux touristes. Petit à petit, tout le monde qui avait un peu d'argent de côté à Virpazar s'est mis à acheter des bateaux en raison de la manne touristique, ce qui a mené au cirque actuel. Ces gens-là emploient des pêcheurs, qu'ils paient peu, pour faire les tours, et font de bonnes affaires alors que les pêcheurs, qui n'ont pas le capital nécessaire pour acheter un bateau et proposer eux-mêmes des tours, récoltent les miettes. C'est quand même dommage...
Au fil de la conversation, Julien nous a proposé son aide si nous voulions un tour sur une partie plus jolie du lac, où ne vont habituellement pas les bateaux, sur une petite embarcation conduite par un bon pilote. On a dit oui et il nous finalement négocié le tout pour 5 euros moins cher que le prix habituel! Tu parles d'un coup de chance de tomber sur ce gars-là! D'ailleurs, si vous passez à Virpazar et que ça vous tente de faire un trek qui sort de l'ordinaire, on vous recommande chaudement ses services! Vous pouvez aller voir un aperçu de ce qu'ils font sur leur page Facebook:
Avant de partir sur le lac, on est allés manger une délicieuse soupe de poisson dans un petit resto recommandé par Julien et situé en face de la rivière qui coule au centre de Virpazar. Julien est ensuite arrivé, on lui a payé son café pour le remercier et on est montés dans le bateau. Notre capitaine était un sympathique grand-père ne parlant pas un mot d'anglais. "Il est excellent, il connaît le lac comme sa poche et sait où trouver les oiseaux" nous avait dit Julien. "Donnez-lui un petit pourboire si vous êtes satisfait, il ne gagne pas beaucoup!"
Et on est donc partis sur le lac dans une petite chaloupe à moteur! De Virpazar, on y accède par une petite rivière entourée de hautes herbes. On débouche ensuite sur le lac Skadar proprement dit, qui est une étendue d'eau environ aussi grande que le lac Nominingue (à vue de nez) que se partagent le Montenegro et l'Albanie. Malgré le temps gris, l'endroit était déjà bien joli, avec les montagnes plongeant dans les eaux du lac! On a croisé un bateau plein de touristes chinois qui ont tenu à filmer notre chaloupe en nous faisant des bye bye, auxquels on a gentiment répondu! Les Chinois sont toujours aussi incroyables!
Alors que la plupart des bateaux choisissent de longer la côte de la partie méridionale du lac (qui n'est pas mal, on va se le dire), nous on avait choisi d'aller dans la partie septentrionale, plus sauvage. Et une fois franchi le pont séparant ces deux zones, on n'a franchement pas été déçus! Les paysages étaient réellement spectaculaires, avec les montagnes et les îles ouvertes de végétation! À un certain moment, notre capitaine nous a pointé deux taches blanches sur le bord de l'eau: des pélicans! Le lac Skadar est l'un des quelques réserves naturelles d'Europe abritant ce gros et majestueux oiseau, et il n'est pas toujours facile de les apercevoir! On s'est rapprochés et on a pu les observer en détail, avant qu'ils ne s'envolent! On a aussi vu plein d'autres oiseaux, parmi lesquels des canards et des genres de hérons. On a terminé ce tour de 2 heures pare petite balade entre les nénuphars, qui occupent de très grandes étendues des baies calmes du lac. Ce dernier était néanmoins assez agité lors de notre passage: le vent soulevait de bonnes vagues!
Après deux heures, on est donc revenus tout contents de ce périple lacustre, avec des images de nénuphars, de montagnes et de pélicans plein la tête! On a remercié notre capitaine en lui laissant un petit pourboire, puis on es retournés dans le village où on a jasé un moment au Français.
Il nous restait du temps avant le coucher du soleil, alors on a décidé de marcher un peu. On a suivi la route vers le petit village voisin de Godinje, réputé pour son vin. En marchant, on a eu des points de vue sublimes sur le lac et les montagnes environnantes, et on en est venus à se demander pourquoi si peu de touristes (nous étions les seuls) empruntaient cette route magnifique! Bon, il y a toujours un revers à la médaille: beaucoup d'arbres environnants étaient peuplés de grosses araignées, nichées dans leurs toiles!
On est arrivés à Godinje après environ une heure de marche. Godinje, c'est vraiment le village qu'on s'imagine des Balkans, avec leurs vieilles maisons blanchies à la chaux au toit de tuiles rouges, leurs champs et leurs babouchkas. Plusieurs villageois avaient des stands pour vendre leur vin ou leurs boissons fortes maison sur le bord de la route. Vers la fin du village, une vieille mamie nous a fait signe et nous a fait goûter à leur vin et à leur alcool de prune et de noix maison! Ce qui devait être son fils, visiblement un peu soûl derrière, a tenu à me dire que Mémé était sexy (ce qui me parait une évidence), avant que la babouchka ne lui dise de se taire du revers de la main haha! On leur aurait bien acheté un petit quelque chose pour les encourager, mais ils ne vendaient que d'immenses bouteilles de 1,5 ou 2 litres (pas évident à traîner en backpack!). En plus, c'était dans des bouteilles assez ghetto, bouchonnées à la mitaine, qu'on se serait assurément fait confisquer aux douanes.... On les a donc longuement remerciés en leur expliquant qu'on leur en aurait acheté s'ils avaient eu un plus petit format, puis on est revenus sur nos pas vers Virpazar. Il devait être 20h et le coucher de soleil donnait au paysage une couleur magnifique, qui se reflétait sur le lac. Sur le chemin, on a aussi compris que c'était l'heure du repas pour les grosses sauterelles du coin qui bondissaient sur le chemin. Puis, fraichement écrasé sur la route, on a vu un monstre qui a fait bondir Mémé de frayeur: une sauterelle verte longue d'un peu moins d'un pied! J'avais déjà vu de gros insectes en voyage, mais je ne me souvenais pas d'avoir déjà vu quelque chose d'aussi massif!
De retour au village, on est arrivés à temps pour voir que les soldats en salopette (!) qui construisaient un pont militaire sur la rivière (ce qui nous avait laissé des doutes légitimes quant à la solidité du pont actuel) étaient tous en rang et écoutaient un officier leur faire un speech. On est ensuite allés souper dans un petit resto (l'un des quatre du village), où on a mangé un excellent poulet à la crème avec un tas de légumes grillés... avec une crème glacée pour le dessert! La gang de gars qui mangeait à côté de nous avait vraiment un air louche qui nous a fait suspecter qu'ils soient de la mafia... Bon, on exagère peut-être, mais n'empêche que la mafia est bien implantée dans les Balkans (notamment en Albanie)! Une fois repus, on a jasé à un couple d'Allemands que Mémé avait croisé plus tôt dans la journée. Le gars était biologiste et voulait se lever aux aurores le lendemain pour observer les oiseaux sur le lac, car parait-il qu'ils sont plus actifs tôt le matin. Il avait vraiment l'air de tripper en tout cas!
Enfin, on a terminé notre journée par une petite balade de nuit dans Virpazar, une exténuante promenade qui a dû durer au plus 7 minutes! On est ensuite allés se coucher, en vérifiant bien qu'il n'y avait pas de sauterelle géante dans la chambre!
À bientôt!
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