samedi 11 juillet 2015

En route vers Ulcinj

Salut! Inutile de vous dire c'est encore François au clavier!

Ce matin-là, on a tranquillement déjeuné sur le balcon de la cuisine de notre hôtel de Virpazar, avec vue sur les montagnes... et la grande route, mais bon, rien n'est parfait! On a ensuite ramassé nos affaires et on a bravé les voitures circulant à haute vitesse en marchant le long de la route principale pour rejoindre la gare du village, bizarrement située à environ 1km hors de Virpazar. Parce que oui, on prenait le train pour revenir à Bar! Inutile de vous dire que j'étais très content! On devait être à 5 minutes de la station quand on a entendu un sifflement derrière nous et aperçu le train qui s'en venait! On a alors couru comme des fous pour l'attraper... seulement pour se faire dire par la chef de gare que celui-là ne s'arrêtait pas à Virpazar! Finalement, notre tout petit train (3 wagons) est arrivé 20 minutes plus tard.

Et c'était parti pour notre seule balade en train du voyage (dans les Balkans, s'entend)! Verdict: les trains monténégrins sont très corrects. Et pour le prix, difficile de se plaindre: 1 euro pour 30 minutes! C'était même moins cher que ce qu'indiquait le guide! D'ailleurs, on a observé à plusieurs reprises qu'au lieu d'avoir augmenté comme on peut normalement s'y attendre en raison de l'inflation, les coûts des transports au Montenegro avaient mystérieusement baissé... Pas de beaucoup (1 euro ou moins), mais dans un pays ou un trajet d'une heure de bus coûte 4 euros, ça fait tout de même une (agréable) différence! Assis en face de nous, deux jeunes ados qui allaient à la plage se sont faits un devoir de nous indiquer à quelle gare descendre (même si on allait au terminus)! On vous a déjà dit à quel point les Monténégrins sont gentils? 

Une fois à Bar, on a fait comprendre à la madame qu'on voulait laisser nos bagages en consigne. On a accompagné une employée dans les couloirs sentant la cigarette froide où on a laissé nos gros sacs. On l'a remercié en monténégrin (Hvala!),  le seul mot qu'on a réussi à apprendre durant notre séjour. Comme partout, dire un petit mot dans la langue locale déclenche automatiquement des sourires1

Puis, on s'est rendus à l'info touristique de la gare afin de savoir comment se rendre à notre prochaine destination. Objectif: aller à Stari Bar, une vieille ville en ruines surplombant l'actuelle ville de Bar et attraction principale du coin. On pouvait donc raisonnablement espérer que l'information touristique puisse nous dire où exactement prendre le bus, et à quelle heure celui-ci passait. "Oui, c'est facile, vous n'avez qu'à prendre le bus à l'autre bout de la ville. C'est environ à 30 minutes de marche" Bon. On a donc marché dans la moche ville de Bar, à des lieues de la beauté de Kotor! En chemin, on s'est arrêtés dans un marché pour acheter des fruits, notamment des cerises locales délicieuses qui ne coûtent presque rien! La vendeuse aussi tenu à ce que nous achetions des figues, et comme c'est bon et pas cher, on n'a pas trop rouspété!

Une fois à l'arrêt à l'autre bout de la ville, on a encore attendu 20 minutes avant que le bus n'arrive. Quand on a demandé s'il allait à Stari Bar, le gars qui récolte l'argent et vend les billets (il y a toujours quelqu'un qui fait ça dans les bus du Montenegro et de l'Albanie, comme dans bien d'autres pays du Tiers Monde) nous a dit qu'il fallait prendre le bus dans l'autre sens! Heureusement, on a pu sortir et courir pour attraper le bus qui venait en sens inverse! Une fois à bord, j'ai commencé à réaliser que nous revenions  sur nos pas et que le bus faisait le chemin que nous avions marché un peu plus tôt à partir de la gare! Bientôt, on était rendus au centre-ville, puis au rond-point duquel partait la route vers la gare, puis à la gare de train et enfin... à la gare de bus! On pouvait prendre l'autobus en face de la gare de bus, et la madame de l'information touristique nous a fait revirer à l'autre bout de la ville pour qu'on en revienne au même point!!! Et en plus, elle nous avait indiqué le mauvais arrêt, celui du bus allant dans la mauvaise direction! Comment peut-on être aussi mal informé quand on travaille à l'information touristique, surtout quand ça concerne le plus gros attrait de la région? Ahalalala! 

Enfin, on a tout de même réussi à se rendre, bien qu'à l'évidence le trajet n'ait pas été optimal. Et pas juste en terme de temps: le circuit qu'empruntait l'autobus n'avait visiblement pas été prévu pour les bus, et ce dernier a dû reculer à plusieurs reprises pou franchir certains tournants trop raides! Une fois sur place, on a gravi la petite route vers les ruines, laquelle était bordée de petits restos et de boutiques de souvenirs. Étrangement, pourtant, il y a avait peu de touristes, surtout en comparaison avec Kotor ou Budva! On a déambulé dans les ruines pendant un bon moment, sous le soleil cuisant, tout en prenant de bien soin de ne pas marcher sur un serpent par erreur... En effet, il y a quelques serpents venimeux au Montenegro, et le Lonely Planet indique qu'ils affectionnent particulièrement les ruines chauffées par le soleil! Heureusement, le guide se veut rassurant: après nous avoir mis en garde contre les vipères, il précise que les serpents d'eau sont inoffensifs. Ah bon?? Il y a des serpents dans l'eau??? Ça existe, ça, des serpents aquatiques? Heureusement pour nous, on n'a croisé que des lézards cette journée-là!

Après avoir visité l'ancien château, quelques églises, quelques tunnels lugubres et la tour de l'horloge, on s'est arrêtés un moment pour observer la vue (Stari Bar surplombe la vallée dans laquelle la ville de Bar est située), qui donnait notamment sur plusieurs mosquées. Au Montenegro, Bar marque la frontière entre les anciens empires ottoman et vénitien, et donc entre les influences musulmanes et chrétiennes. Alors que le pays au nord de Bar est majoritairement chrétien orthodoxe (en témoignent les nombreux églises et monastères),   les mosquées apparaissent et les appels à la prière se font entendre à compter de Bar jusqu'à la frontière avec l'Albanie. Cela dit, comme aux Stans, l'islam pratiqué au Montenegro (et en Albanie d'ailleurs) est généralement très modéré. On a vu très peu de voiles, et visiblement la religion n'affecte pas la consommation d'alcool et de porc...   À titre d'exemple, on avait beau être en plein ramadan, c'était complètement imperceptible!

On a ensuite été dîner près de Stari Bar, dans un petit resto où l'adolescent qui nous servait nous a assuré qu'on allait déguster "la meilleure viande du Montenegro"! C'était un peu grandiloquent comme pub, mais il faut avouer que les shashliks (morceaux de viande grillés comme aux Stans, les gros bouts de gras en moins) et les saucisses étaient très bonnes! À noter qu'ici la salade concombres-tomates-oignons crus est aussi prisée qu'aux Stans!

En revenant à l'arrêt de bus qui devait nous  ramener à Bar, on a attendu un moment en compagnie d'un groupe de vieux Français qui, comme le veut l'usage, râlaient. Un bus devaient les ramener de Stari Bar à Petrovac (une station balnéaire plus au nord), mais voilà, il avait près de 45 minutes de retard et l'impatience gagnait tout le monde. En outre, l'une des Françaises avait un rendez-vous chez le masseur (!) qu'elle ne voulait pas rater, ce qu'elle ne manquait pas de répéter à tout vent! Tous argumentaient en même temps sans s'écouter, chacun ajoutant son grain de sel que tous ignoraient, et au final aucune décision n'était prise! Franchement, c'était extraordinaire! Cela dit, ils étaient bien sympathiques. On a entre autres eu la conversation suivante avec eux:

Française: Nous on voyage en groupe, on passe 3 semaines à Petrovac. On n'est pas au complet maintenant, on est 42 au total (42!!!!). Et vous, vous voyagez avec  un groupe?
Nous: Non, on voyage les deux ensemble.
Française: Ah, mais vous faites un circuit organisé?
Nous: Non, on se débrouille tout seuls, avec un guide de voyage. On n'a presque rien réservé.
Française, sincèrement étonnée: Mais vous faites comment??

En tout cas, ils étaient bien drôles!  On les a abandonnés quand notre bus est arrivé, avant que, soudainement, le groupe ne se décide également à prendre le même bus que nous! Une initiative avait finalement été prise! On leur avait dit qu'ils pourraient descendre au même arrêt que nous et qu'ils n'auraient qu'à marcher 2 minutes pour arriver à la gare de bus, d'où des autobus partaient fréquemment pour Petrovac. Naturellement, en raison de leur incapacité à prendre une décision rapide et unanime, personne n'est descendu à l'arrêt! Tout le monde nous envoyait la main, alors même que l'autobus poursuivait joyeusement son chemin vers l'autre bout de la ville! On avait fait de notre mieux pour les aider, mais on avait vraiment l'impression de les abandonner à leur sort! Heureusement, on les a retrouvés peu de temps après avoir récupéré nos sacs à la gare ferroviaire: ils avaient finalement descendus à la gare de bus, mais plus loin. Or, au lieu de prendre un bus, ils avaient décidé d'affréter des taxis pour les reconduire à Petrovac, ce qu'ils auraient aisément pu faire dès le début à partir de Stari Bar! Sérieusement, leur désorganisation était fascinante! 

On a ensuite attendu notre bus vers Ulcinj, une petite station balnéaire à la frontière de l'Albanie où on comptait passer la nuit. Encore une fois, on a eu à attendre longtemps avant que notre bus n'arrive. Décidément, cette journée-là, nos transferts n'étaient pas efficaces!  Une fois à Ulcinj, on s'est lancés à la recherche d'une auberge de jeunesse. Ce qui aurait dû être une opération simple s'est transformée en une quête fort complexe. D'abord, le Lonely Planet ne nous listait que des hôtels chers à Ulcinj, même si j'avais vu sur Internet qu'il y avait au moins un hostel en ville. Paranthèse: on constate que le LP s'est embourgeoisé depuis notre premier guide, en 2010, au Vietnam. Alors qu'à l'époque il listait beaucoup d'établissements bon marché, maintenant c'est peine si on en trouve un ou deux dans une longue liste d'hôtels de luxe. Aucun backpacker ne va d'emblée se loger pour 50 euros par personne, alors pourquoi mettre l'emphase là-dessus? Enfin... Notre recherche d'hostel a aussi été pénible en raison de l'absence totale d'aide fournie par l'info touristique de la gare. À la question "Y a-t-il une auberge de jeunesse dans la ville et si oui, comment peut-on s'y rendre?", on a eu droit à la réponse extraodinaire suivante: "Qu'est-ce que qu'un auberge de jeunesse?" Sérieusement??? Voyons donc!

On a donc longuement marché vers le centre de la ville, situé (naturellement, merci loi de Murphy) loin de la gare. Aucune trace d'un hostel. Beaucoup de touts ont bien tenté de nous amener dans leur hôtel en nous proposant des tarifs pas trop mal, mais on répugne toujours à suivre ces gens-là parce qu'on déteste cette méthode et qu'on ne sait pas sur quelle arnaque on peut tomber... Finalement, alors qu'on désespérait de trouver quelque chose un jour, on est allés consulter l'info touristique du centre-ville, sans vraiment y croire. Après de longues explications sur ce qu'était un hostel, le gars a fini par sortir d'une pile de papiers un flyer d'une auberge de jeunesse... située tout près de la gare, dont nous étions désormais loin. Munis de ces précieuses informations, on a finalement trouvé l'endroit, mais disons que ça n'a pas été sans mal!

Cela dit, ça en valait la peine: la proprio super gentille et très affable nous a avisés qu'on était invités à un BBQ gratuit le soir même à l'auberge! Elle nous a aussi énuméré tout ce qu'il y avait à faire à Ulcinj. Elle était bonne vendeuse et on s'est alors dit qu'on devait modifier l'heure de notre départ le lendemain vers l'Albanie pour en profiter un peu plus! En effet, on avait profité de notre passage à la gare pour acheter déjà nos billets... Nous, quand on a une journée difficile en matière de logistique de transport, on fait ça en grand! On a donc de nouveau pris le chemin de la gare, où un gars qui prenait un café m'a pris pour un Russe et où l'échange de billets a étonnement été facile! Ensuite, on est allés acheter de l'alcool à l'épicerie pour accompagner le BBQ. On a pris une bouteille de rouge Vranac, un cépage unique au Montenegro. Verdict: c'est très bon!

De retour à l'hostel, Mémé a fait du lavage alors que j'écrivais le blog (division sexuelle du travail!) On s'est ensuite mis à parler aux autres backpackers qui allaient partager le BBQ avec nous. Il y avait là un Anglais avec un fort accent du pays de Galles, un Belge flamand, une Roumaine, l'Anglais que nous avions rencontré à Budva et qui bitchait contre l'Albanie, et deux Allemands qui faisaient un tour d'Europe en deux semaines en auto (disons qu'ils conduisaient pas mal)! La proprio et son chum sont venus nous rejoindre et on a mangé un excellent souper de grillades de porc et de légumes grillés. L'atmosphère était vraiment géniale, on avait en fait l'impression d'être une grosse famille! Naturellement, on a eu droit à plusieurs rasades de raki maison, d'une bien meilleure qualité que celui qu'on nous avait servi à Budva! Ça a été l'occasion d'apprendre que l'hostel était ouvert depuis un mois à peine et que les proprios avaient travaillé d'arrache-pied pour en faire un endroit sympathique! Franchement, c'est réussi, et si vous passez par Ulcinj, on vous recommande chaudement le Pirate Hostel!

En soirée, peu avant qu'on aille dormir, la Roumaine et le Belge voulaient aller sortir sur une plage située un peu hors de la ville, accessible en voiture uniquement à cette heure. Pour leur éviter le taxi, le chum de la proprio a alors proposé d'aller les y conduire, à condition toutefois que les Allemands enlèvent leur voiture de l'entrée. On a alors eu droit à une scène fascinante, toute germanique, lorsque l'un des Allemands a dit, d'un ton très aimable mais catégorique, qu'il ne pourrait pas reculer sa voiture parce qu'il avait pris un verre de vin. "Question d'assurances", a-t-il ajouté, sans appel. L'affaire était close. Évidemment, on ne peut pas être contre la vertu, mais il ne s'agissait que de reculer la voiture dans une allée où personne ne circule, afin de permettre à deux personnes de s'épargner les coûts du taxi ! Au final, l'incident n'a fait aucune vagues mais cette rigueur  dans l'application des règles n'a pas manqué de nous laisser perplexes!  

Dans la prochaine entrée: un premier aperçu de l'Albanie! À bientôt!

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