lundi 11 janvier 2016

Paris, la suite

Salut! C'est toujours François (quelle surprise!)


On a déjeuné tôt ce matin-là, car on prenait notre vol Tirana-Paris vers 10h... Ce fut l'occasion de faire nos adieux à Karine et à son copain, les deux Français qui travaillaient à l'hostel, et qui s'étaient levés d'avance uniquement pour nous parler un peu avant notre départ! Quand on vous dit qu'on a été bien accueillis! On s'est ensuite déplacés vers la place centrale afin de prendre le bus pour l'aéroport de Tirana On a fait le chemin avec un Français qui venait de passer un long week-end en Albanie, grâce à un vol au prix dérisoire à partir de Paris. Les Européens ne mesurent pas leur chance de pouvoir s'envoler pour une fin de semaine dans un pays étranger, sans que les coûts soient élevés ni que les distances ne soient très grandes! Au départ du Québec, les escapades d'une longue fin de semaine se limitent pas mal à d'autres villes canadiennes ou aux États-Unis, et on n'a pas les mêmes vols low-cost!



Le bus nous a déposé à l'aéroport Mère Teresa (décidément, elle est partout!), un bâtiment moderne mais minuscule! Nous étions l'un des deux seuls vols à décoller ce matin, c'est vous dire! D'ailleurs, on comptait initialement se rendre 3 h d'avance à l'aéroport, mais le gérant de l'auberge de jeunesse de Tirana avait éclaté de rire en nous disant qu'avec deux heures, on serait bien d'avance. "It"s very, very small!" haha! Une fois l'enregistrement complété (5 minutes), on a dépensé nos derniers leks à l'épicerie de l'aéroport (le CONAD), on a passé la sécurité (5 minutes) et, 20 minutes après notre arrivée, on attendait notre vol pour Paris.



L'avion est arrivé en retard mais personne ne s'en est formalisé... de toute manière, nous n'étions que quelques passagers! C'est devenu assez évident quand on est embarqués dans l'avion, qui était presque vide! À preuve, ce message du commandant de bord peu avant le décollage: « Merci de ne pas changer de place pour ne pas compromettre l’équilibre de l’avion »! La compagnie low-cost avec laquelle on voyageait, Transavia, n'avait ouvert la route Paris-Tirana que quelques semaines plus tôt, en pariant sur la popularité grandissante de l'Albanie pour les touristes. On espère qu'ils rentreront dans leur argent! 


Par le hublot, on a revu en 30 minutes le trajet qu’on a mis 3 semaines à faire, tellement les distances parcourues avaient été courtes! Après 3h de vol, on est arrivés à Paris Orly, où il faisait beaucoup plus frais et nuageux! Après trois semaines de chaleur et très peu de pluie, ça contrastait! On a ensuite pris le tramway pour revenir en ville. Une fois arrivés au terminus par contre, le temps de ramasser nos sacs, on n'est pas parvenus à sortir à temps, les portes se sont fermées et le tramway s'est ébranlé afin de retourner vers l'aéroport! On a donc cogné à la porte du chauffeur, un grand Noir qui nous a jeté un regard exaspéré ("ah, les touristes")! Finalement, il était super fin et nous fait sortir un peu plus loin!



On devait ensuite prendre le métro vers le centre mais on avait faim alors on a mangé dans un petit resto vietnamien très correct, situé dans la station. Puis, on a pris le métro jusqu'à Bir Hakeim, question que Mémé puisse voir la Tour Eiffel (j'avais moi-même visité l'endroit lors d'un précédent voyage à Paris, en 2004). Naturellement, il y avait énormément de touristes et de vendeurs de mini-tours Eiffel et selfie-sticks partout! L'endroit demeure un incontournable, mais par moment ça donne un peu l'impression d'un cirque tellement il y a du monde qui se font prendre en photo partout! Et les files d'attente pour monter en haut de la tour sont interminables! Déjà que c'est très dispendieux alors qu'on admire très bien la tour d'en bas... Vous devinez qu'on ne s'est pas laissés tenter! On s'est par contre amusés à observer le flot constants des touristes en s'asseyant sur un banc près de la "pelouse" (ou ce qu'il en reste après le passage de milliers de personnes dessus chaque jour) du champ de Mars. Outre l'omniprésence de groupes de touristes chinois, on a observé qu'il y avait aussi plusieurs familles indiennes en vacances, preuve indirecte s'il en est une que ce pays, lentement mais sûrement, s'enrichit de plus en plus...



On a ensuite effectué une balade dans le quartier, où on a pu voir certains classiques de Paris: Quai d’Orsay, Invalides, la Seine… Dommage qu'il pleuvotait! On est ensuite revenus en métro chez mon amie Dom où nous dormions encore pour les 2 prochaines nuits. On est allés acheter des croissants à la boulangerie toute proche de son appart en prévision du lendemain, et c'est là qu'on a croisé Dom par hasard! Une fois revenus chez elle, on a déposé nos affaires et on est partis faire des emplettes au supermarché pour le souper, sous la pluie. On a ensuite fait un « pique-nique » chez Dom dans son appart, avec son amie Catherine (l'autre Québécoise qui travaillait à l'Association France-Québec). On comptait initialement aller dans un parc, mais la pluie avait eu raison de nous! C'était vraiment une agréable soirée!



Le lendemain, on s'est offerts le luxe d'une grasse matinée! Il faut dire qu'on ne s'était pas levés tard depuis notre premier passage à Tirana, environ une semaine plus tôt! On a mangé de succulentes viennoiseries françaises pour déjeuner, puis on est partis. On s'est d'abord promenés dans le génial parc de la Coulée verte, un havre de verdure créée sur une ancienne emprise de chemin de fer. La Coulée verte devient ensuite la Promenade plantée, qui est en fait une promenade surélevée avec de jolis jardins... À faire si vous allez à Paris et voulez sortir du circuit touristique habituel! 



Il faisait un peu nuageux et - drame - Mémé avait oublié la crème solaire à l'appart! Comme nous étions déjà loin, il m'a fallu user de persuasion pour convaincre Mémé que, vu le temps couvert, ce n'était pas bien grave si, pour une journée, nous n'avions pas de crème solaire! "Oui, mais les rayons UV passent quand même à travers les nuages, c'est dangereux!" C'est dur, de sortir avec une étudiante en médecine!


Une fois ce questionnement existentiel passé, on a quitté la Promenade plantée pour se balader dans le cimetière du Père Lachaise. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le cimetière le plus célèbre de Paris, une cité de magnifiques mausolées où sont enterrés certains des citoyens les plus illustres de la ville (voire de France). Ça nous faisait penser au cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires, qui en est d'ailleurs inspiré!


Je gossais Mémé depuis notre arrivée en France afin qu'on aille manger dans un bistro, et c'est donc ce qu'on a fait ce midi-là, une fois sortis du cimetière. Au menu: un excellent confit de canard avec gratin dauphinois! On a jasé un moment avec les sympathiques gérants d'origine algérienne qui tenaient le restaurant: dès qu'ils ont entendu qu'on venait du Québec, on a eu droit à plein de questions! Parenthèse: ce qu'il y a de bien avec des compatriotes francophones, c'est de relever les expressions différentes des nôtres! À Paris, on a particulièrement apprécié le "Ça a été?" que les serveurs nous lançaient systématiquement à la fin du repas! Vous connaissiez? Pas nous! 


Une fois rassasiés, on a marché vers Montmartre via le quartier multiculturel de Belleville. En chemin, on a croisé un camp de réfugiés temporaires dans un petit parc. On entend beaucoup parler des réfugiés (notamment syriens) qui fuient vers l'Europe, mais pour nous Québécois ça demeure un peu abstrait... Là, en plein coeur de Paris, ce camp venait nous rappeler concrètement cette difficile réalité... À force de marcher à travers les jolies rues (je ne vous apprends rien en vous disant que Paris est une ville magnifique), on a fini par arriver au Sacré-Coeur. Mémé, qui n'y avait jamais été, était très excitée à l'idée de retrouver plonger dans le décor d'une des scènes célèbres d'Amélie Poulain! Il y avait juste un tout petit peu plus de touristes par contre... et naturellement, des vendeurs à la sauvette vendant des breloques et des selfie-sticks. D'ailleurs, un groupe de grands gars s'est approché pour nous faire un collier (en fait, pour nous poser de force un collier sur le bras), mais on a réussi à les esquiver habilement, le tout avec un regard de la mort de la part de Mémé! On a gravi les marches, admiré la vue sur Paris et visité le Sacré-Coeur en tant que tel, puis on a descendu la colline par les petites rues de Montmartre. On s'est retrouvés dans Pigalle et ses boutiques osées. On a pris une photo devant le Moulin rouge (un autre film ayant marqué Mémé!), puis on a continué à marcher vers l'Association France-Québec, où on devait rejoindre Dom et Catherine. En chemin par contre, on a eu droit à des collations aux fruits gratuites (il y avait un événement promotionnel), au grand bonheur de Mémé!



L'Association France-Québec est un organisme qui promeut les relations entre le Québec et la France dans tous les domaines, dans la mesure de ses budgets limités! Dom et Catherine nous ont fait visiter leurs minuscules locaux, dans le sous-sol d'un bel édifice. Puis, on est partis ensemble marcher dans le quartier. On a fait un arrêt pour admirer l'Arc de triomphe, avant de s'engager sur l'avenue des champs Élysées toute décorée de drapeaux en vue du défilé militaire qui devait s'y tenir bientôt (le 14 juillet approchait!) On a fait un petit détour pour passer devant l'Ambassade du Canada, située à un jet de pierre des champs Élysées (le bâtiment doit valoir une fortune!) On a ensuite pu voir l'Obélisque et le Louvre. Avec tout ça, on avait vu en une journée une bonne partie des must de Paris!



Il se faisait tard et on a suivi Dom et Catherine dans Belleville, où on a mangé dans un excellent resto indien! Plus tard en soirée, on est revenus à pied et en métro vers chez Dom. Le soir, dans Belleville, Paris ne semble pas la ville la plus sûre du monde, disons! Une fois revenus, on s'est endormis rapidement, en vue de notre dernière journée en France le lendemain, qu'on comptait passer à Versailles!

Tirana, suite et fin

Salut tout le monde! c'est François aux commandes!


Dès 6h, c'était le branle-bas de combat dans notre chambre à Himara, et, à 6h45, on était sur la route à scruter l'horizon à la recherche du bus qui devait nous ramener à Tirana. Comme personne n'avait d'information fiable sur l'heure où il passerait et qu'on devait absolument prendre ce bus, on n'avait donc pas le choix d'être là très tôt. Sans grand espoir, on a demandé à un vieux monsieur qui passait par là s'il savait à quelle heure le bus passait. Ne le sachant pas lui-même, il s'est cependant fait un point d'honneur de le demander à tout le monde! Un genre de consensus a fini par émerger voulant que le bus sera là "autour de 7h30". Soudain, un bus arrive! Je l'arrête en agitant les bras, le bus stoppe, le chauffeur nous ouvre la porte... pour finalement nous annoncer que ce n'est pas le bon bus. Il y a très peu de bus qui passent ici: quelles sont les chances que ça arrive?!?!


Puis, à 7h15 (une chance qu'on était là plus tôt!!), un bus avec un écriteau "Tirana" tourne le coin. Yes! On s'est donc installés dans l'autobus surchauffé (pas d'air climatisé, naturellement), devant une vitre pleine de buée. On a quand même pu admirer le magnifique paysage de la Riviera albanaise en dégustant notre déjeuner classique de voyage: du pain avec du beurre d'arachide! (ben quoi? on n'a pas à chercher de restaurant, c'est simple, ça se mange partout et surtout c'est soutenant! C'est parfait!)



Après un moment, le bus s'est mis à grimper et à quitter la mer pour entrer dans le parc national de Llogorada, niché dans des montagnes couvertes de forêt. On a fait un arrêt pour manger dans une halte routière, où il faisait bien plus frais! Le véritable intérêt de l'endroit était, à mon avis, la grande fresque communiste peinte à même la falaise près de l'auberge! Apparemment, la région avait été un nid de partisans durant la 2e guerre mondiale, et la fresque célébrait de manière grandiose les exploits de ces soldats.



On est ensuite retournés vers la mer, qu'on a longé jusqu'à la ville assez moche de Vlorë. Mémé a gentiment laissé sa place à un vieux papy à casquette, mais sinon, le trajet entre Vlorë et Tirana était long et présentait peu d'intérêt. À un certain moment par contre, on a vu un train: ils roulent donc encore! En effet, l'Albanie a un réseau extrêmement vétuste de chemins de fer, qu'on aurait bien aimé essayer! Cela dit, on s'était fait dire que c'était non seulement lent et peu pratique, mais aussi que la plupart des trains étaient maintenant hors service... Dommage! Fait cocasse: le réseau ferroviaire albanais (du moins ce qu'il en reste) a la particularité de n'être relié à aucun pays des environs. Étonnant donc qu'il ait seulement été construit, considérant le fait que le pays est minuscule!



Enfin, après 6h de route, on est arrivés à Tirana vers 13h. On a dîné dans un petit resto où les pâtes étaient assez ordinaires, puis on st retournés vers l'hostel où on avait séjourné quelques nuits plus tôt. Dès qu'on a passé la porte, on a été accueillis comme si on revenait à la maison! Le sympathique staff était tout content de nous revoir! On s'est reposés un peu dans la cour intérieure, puis on a fait quelques achats en vue de ramener des cadeaux albanais! Ensuite, on s'est rendus à la poste pour envoyer des cartes postales: une employée bête a tassé sans ménagement une madame pour nous donner des timbres. Merci pour le service, mais bon, on aurait pu attendre!


Comme il nous restait quelques heures, on a décidé d'aller marcher vers le grand parc de la ville en passant via le quartier trendy de Blloku. Naturellement, je n'ai pas pu empêcher Mémé de manger de la crème glacée à saveur de kiwi au même stand où nous avions été lors de notre visite précédente à Tirana! Mémé la folle dépensière a aussi grevé nos finances en achetant un jupe pour la somme outrageuse de 6$!



En marchant, on est passés devant un édifice officiel où on nous a fait signe de nous écarter, dangereux terroristes que nous sommes! Puis, on s'est baladés dans le grand parc le long d'un lac artificiel, où il y avait beaucoup de joggers décidément trop habillés pour le climat et pour ce genre d'activité (qui court en hoody quand il fait 30 degrés??)



Après un bon moment à nous emplir les poumons d'air pur, on a replongé dans le brouhaha de la ville via la très stalinienne place Nënë Teresa (on se serait cru à Tiananmen). On a aussi pu admirer la version locale du McDonalds, le Kolonat! On a continué à marcher un bon moment afin de trouver un resto où dépenser les quelques leks qui nous restaient. En effet, on quittait le pays le lendemain, et on s'entend que les leks ne sont pas la monnaie la plus prisée au monde! Après de longues recherches infructueuses (tout était trop cher!), on est finalement retournés au resto de gjiros de la dernière fois. C'était un excellent choix: j'ai dévoré mon excellente assiette de shish taouk avec légumes et salade, alors que Mémé a été rapidement rassasiée par son hot dog au tzatziki et son énorme salade grecque!


De retour à l'hostel, on a préparé nos sacs pour le lendemain tout en discutant avec les deux Australiennes d'origine asiatique qui partageaient notre chambre. Elles nous disaient qu'elles ne verraient que Tirana de leur séjour en Albanie: quel dommage, sachant qu'il s,agit d'un pays extraordinaire! J'ai terminé la soirée en écrivant le blog dehors, avant qu'on aille dormir pour notre dernière nuit dans les Balkans!



À bientôt!

Butrint et Himara

Bonjour! C’est toujours François!

On s’est levés tôt (6h45) ce matin-là, car l’inflexibilité des horaires de bus et notre désir de faire deux villes dans la journée nous y obligeait! On a mangé des crêpes avec un Américain de San Francisco bien gentil, mais qui, visiblement, ignorait jusqu’à l’existence du Québec:
François : « We come from the French part of Canada » 
Gars de San Francisco « They talk French in Canada? « 
François: « Well, yes, mostly in Quebec. That’s where we live »
Gars de San Francisco: « Quebec? Where is that? »
François: « In the eastern part of Canada »
Gars de San Francisco: « Oh. I see. » 

OK, il venait de la côte Ouest et vivait donc loin du Québec, mais quand même! 

Après cet épisode, on est partis vers le centre-ville pour prendre le bus vers Butrint, notre destination du matin. Malheureusement, on a attendu le bus assez longtemps en raison du fait que les horaires fournis par l’hostel et ceux de l’arrêt de bus ne concordaient pas… À un moment donné, un bus est arrivé et on est embarqués, croyant que c’était le bon. On a cependant compris avant qu’il ne parte qu’il ne se rendait qu’à un resort un peu plus loin appelé Santa Quaranta, et qu’il était pour l’instant occupé par des employés de l’endroit en question. Ces derniers, des ados un peu caves, ont ensuite tenté de faire croire à de vieux touristes qui se rendaient aussi à Butrint d’embarquer sur leur bus! Il a fallu que Mémé leur dise qu’ils les menaient en bateau pour qu’ils descendent, alors que les employés gloussaient stupidement. Sérieux, c’est un peu cheap d’abuser des (vieux) voyageurs comme ça, gratuitement, pour le simple plaisir de les voir se perdre! 

Finalement, le vrai bus pour Butrint a fini par arriver: un vieux machin sale, pourri et suffoquant, aux vitres couvertes de buée. En plus, il était bondé, les gens se tenaient debout dans l'allée! On a fini par trouver des sièges tout au fond, avec des touristes russes, puis on est partis pour un trajet d'une vingtaine de kilomètres que le bus a parcouru lentement, en s'arrêtant partout. On se trouvait dans une portion particulièrement touristique de la Riviera albanaise, et, une fois sortis de Saranda, la route passait par une succession de stations balnéaires. Dans le bus, Mémé a sympathisé avec un jeune Kosovar qui parlait 3 mots d'anglais mais qui a tout de même tenu à lui montrer de multiples photos de sa blonde et de sa mère.

Après avoir dépassé les resorts, on est finalement arrivés dans une portion un peu plus sauvage du littoral, et le bus nous a finalement laissés au site de Butrint, situé dans un marais. Butrint est situé tout au sud de l'Albanie, à la frontière avec la Grèce. L'intérêt de l'endroit, qui est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, est qu'il s'agit en fait d'un site archéologique remarquable, qui a été tour à tour colonie grecque, romaine et byzantine avant d'être abandonnée. Butrint se trouve sur une presqu'île sur un lac salé relié à la mer toute proche, un lieu stratégique et protégé entouré de terres fertiles, ce qui explique pourquoi l'endroit a si tôt été colonisé. Aujourd'hui, c'est un parc national et l'une des destinations les plus visitées d'Albanie (c'est un pit stop prisé pour les croisiéristes qui font le tour de la Grèce). À voir le nombre d'autobus nolisés dans le stationnement et les différents groupes de croisiéristes âgés en débarquer, précédés de leur guide avec un drapeau, on sentait tout de suite qu'on était de retour sur l'autoroute touristique!

En arrivant à la caisse où on devait payer les droits d'entrée, Mémé a vite constaté que les tarifs de groupe (5 personnes et plus) étaient bien plus avantageux que le prix d'une entrée individuelle. Trois vieux touristes sud-africains bien comiques en étaient venus à la même conclusion que nous et on s'est donc mutuellement proposé de se présenter comme un groupe à la caissière. Malgré la disparité entre ces touristes de 65 ans à grosse caméra dans le cou et nous, notre improbable tandem québéco-sud-africain a réussi à bénéficier des rabais de groupe, au grand bonheur de tous ses membres!

On a ensuite laissé nos compagnons de fortune et on s'est lancés dans l'exploration des ruines. On n'était pas sûrs au début, mais l'endroit s'est vite révélé plutôt impressionnant: on a pu voir les ruines d'un théâtre romain très bien conservé, d'un thermes romain (avec des mosaïques de l'époque encore visibles), d'un temple et de ses colonnes debout, des vieux murs qui ceinturaient la ville, d'une église byzantine, d'une porte fortifiée datant de la Grèce antique... Bref, c'était une plongée dans l'histoire bien intéressante, pour nous qui n'avions jamais vu ce type de vestiges! Après avoir dépassé plusieurs groupes de croisiéristes précédés de guides avec drapeau, la visite s'est achevée au château surplombant la presqu'île, d'où on avait une vue splendide sur les environs (le lac, les montagnes, les champs, la mer et, au loin, l'île de Corfou). On a visité le musée du château, qui à défaut d'être réellement intéressant sentait beaucoup l'humidité, puis on est revenus dans le stationnement afin d'attendre notre bus de retour.

Après un bon moment, notre cher bus pourri est venu nous récupérer et on est revenus à Saranda. Là, j'ai rapidement été récupérer nos sacs à l'hostel pendant que Mémé arrêtait dans un petit resto pour nous prendre des gyros à emporter, puis on est partis vers la place centrale afin d'attraper notre bus pour Himara, une ville balnéaire à 4h au nord de Saranda. On avait intérêt à l'attraper: c'était le seul bus de la journée vers cette destination!

Une fois arrivés à l'arrêt de bus, on a attendus sous un soleil de plomb en mangeant nos gyros. Finalement, pour une raison mystérieuse, il n'y avait pas de bus pour Himara, mais seulement pour Vlorë. Heureusement, ce bus arrêtait aussi à Himara! Ouf! Le minibus était plein à craquer (décidément, c'était la journée), on s'est installés juste devant un gars échappé des années 70 (son look était fabuleux: chemise fleurie ouverte sur son shag, cheveux longs, moustache), et on est partis. Le bus faisait régulièrement des bruits bizarres, un peu sourds: on a finalement constaté que c'était le micro du chauffeur (?) qui accrochait régulièrement quelque chose, ce qui produisait les sons étranges en question!

Peu avant de sortir de Saranda, on a par contre entendu un gros boum derrière nous: deux voitures venaient d'entrer en collision! Heureusement, il ne semblait pas y avoir de blessés, mais ça nous a rappelé la fréquence des accidents de la route en Albanie!



Pendant quatre magnifiques heures, le bus nous a ensuite trimballés, cahin-caha, sur des routes peu empruntées entre mer et montagnes. Les pentes arides et brunies allaient mourir dans la mer turquoise en contrebas, alors que des plages de galets s'étendaient un peu partout le long du rivage. Dans cette chaude après-midi ensoleillée, on traversait de temps à autre un village endormi dont on devinait le rythme ralenti par la chaleur. Bienvenue dans la partie nord de la Riviera albanaise, nettement moins touristique qu'autour de Saranda et, à mon avis, bien plus jolie!

Comme si le paysage ne suffisait pas, la route nous a aussi permis d'apercevoir quelques curiosités de ce coin peu fréquenté d'Albanie. On a ainsi pu voir, sur une presqu'île rocheuse, les ruines d'un château ottoman, et, peut-être encore plus particulier, une base de sous-marins creusée à même une falaise. La question qui vous brûle les lèvres: un pays aussi pauvre que l'Albanie possède des sous-marins? En fait, non. La base a été creusée par l'URSS du temps où l'Albanie et l'Union soviétique étaient alliées. À l'époque, c'était un lieu hautement stratégique et menaçant pour les Occidentaux, qui contrôlaient le reste de la Meditérannée. Quand l'Albanie s'est brouillée avec l'URSS, cette dernière n'a cédé sa base à l'Albanie qu'à contrecoeur, en rapatriant tous ses vaisseaux de guerre. L'Albanie en a hérité mais n'y a jamais installé de sous-marins, sachant qu'elle ne pouvait les construire elle-même et que son isolement à la fois du camp communiste et du camp capitaliste faisait en sorte qu'elle ne pouvait en acheter à personne (à supposer même qu'elle en ait les moyens). Aujourd'hui, l'endroit est encore une base militaire occupée, au moment de notre passage, par un minuscule navire de guerre... 

À notre arrivée à Himara, on a d'abord marché vers notre hostel, un peu hors de la ville. Malheureusement, il n'y avait plus de chambres doubles, mais le gars de la place nous a proposé de nous emmener à un autre hôtel. On est donc montés dans son jeep à deux places: Mémé avec le gars en avant et moi avec les backpacks dans la boîte en arrière! Je ne sais pas si vous avez déjà voyagé dans la boite d'un pick-up roule à 60km-h, mais même si ce n'est pas l'expérience la plus safe du monde, c'est quand même fun! On est ensuite débarqués à l'hôtel Likoka, une belle place qui faisait face à la mer. Sauf que notre chambre donnait, elle, sur une genre de bassin sale sur la rue, et notre porte n'avait pas de poignée! Mais bon, ça allait quand même (même si Mémé a dû me convaincre un peu)! Le plus par contre: on avait de l'air climatisé! 

Il faisait encore clair et chaud, et on était à la plage: pourquoi ne pas en profiter? On a donc marché sur la plage de galet (ce pays ne connaît pas les plages de sable!) et on s'est installés pour la fin de l'après-midi. Parenthèse: avez-vous déjà marché en gougounes sur une plage de galets? C'est désagréable en grand! Après 2 minutes, on a des cailloux sous les pieds, ce qui rend chaque pas douloureux! On s'est baignés, mais l'eau était plus froide (on a appris après qu'il y avait une source d'eau glacée qui se jetait à proximité...).



Quand la nuit est tombée, on a fait le tour des restos en bord de mer sans vraiment être inspirés. Puis, on a avisé une petite pizzeria pour emporter et Mémé a eu une idée géniale! C'est donc en admirant le coucher de soleil qu'on a dégusté, sur la plage, une excellente pizza. Quand même romantique!

Pour couronner la soirée, on a pris un chocolat chaud (Mémé) et froid (moi) sur la terrasse de notre hôtel. On a jasé à quelques clients afin de savoir à quelle heure passait le seul bus de la journée du lendemain vers Tirana. Résultats peu concluants: tout le monde nous donnait des informations contradictoires! On a donc décidé d'être prêts dès l'aube à attendre le bus... Ahlalala! La nuit s'annonçait courte, mais heureusement climatisée!!

À bientôt!