lundi 6 juillet 2015

Budva


Allô! C'est toujours François! (Mémé: vous aurez compris que je n'ai pas eu envie d'écrire le blog cette fois haha! Et François écrit si bien alors vous n'êtes pas à plaindre!)

Après 4 nuits à Kotor, on a finalement quitté la région de la baie de Kotor au matin afin de se diriger vers Budva. Enfin, façon de parler: Budva est à 25 minutes de bus de Kotor... Aparté: je ne sais pas si vous l'aviez compris, mais si vous allez au Montenegro, un saut à la baie de Kotor est un must. Ça a beau être touristique, les paysages sont fabuleux!

En arrivant à Budva, Mémé a immédiatement été charmée par la mini-ferme et ses animaux (chèvres, lapins, poules) qui jouxtait la gare! Autrement par contre, on ne peut pas dire que Budva ait été sur notre top 10 des destinations à visiter avant de mourir: vous comprendrez pourquoi bien vite! On a donc marché vers la vieille ville, où on nous avait recommandé un hostel quand nous étions à Kotor. Budva est un genre de mini-Dubrovnik, au sens où la vieille ville, face à la mer, est ceinturée de remparts et est sillonnée par de nombreuses ruelles. C'est peut-être un peu moins touristique, mais considérant la petite taille de la ville, ça se sent tout autant! D'autant plus que la plupart des maisons ont été transformées en boutiques pour touristes...

Après avoir cherché un moment dans le dédale de ruelles, on a finalement trouvé l'hostel. Le staff très sympathique (décidément!) nous a indiqué que nos lits ne seraient prêts qu'en fin d'après-midi, en raison de la désinfection annuelle pour les puces de lit. Il nous a proposé de nous joindre à d'autres touristes pour finir l'après-midi avec un BBQ sur une plage déserte et sauvage située sur une ile toute proche, proposition qui nous souriait particulièrement. Entretemps, on a donc entrepris de visiter la vieille ville, ce qui n'a pas été très long. L'endroit était tout de même joli, avec sa petite forteresse et ses quelques églises.

Comme on avait encore l'après-midi devant nous, on a pris des sandwichs sur le pouce et on a pris un bus local vers le petit village de Sveti Stefan, avec l'intention de revenir à pied ensuite à Budva le long de la mer. Sveti Stefan est davantage un resort pour ultra-riches qu'autre chose. Le lieu est magnifique: une vieille ville bâtie sur une petite presqu'île baignée par une mer turquoise et entourée de plages de galets blancs et de rochers surmontés de grands pins. Seul hic: on ne peut admirer la vieille ville que de loin, car le tout est un complexe hôtelier (naturellement hors de prix) réservé aux quelques heureux élus qui y séjournent! À partir de Sveti Stefan, un sentier rejoint toutefois le village de Przno, en suivant les caps rocheux face à la mer, le tout serpentant à l'ombre salvatrice des grands pins évoqués plus haut. Une bien agréable promenade! On y a croisé un couple de mariés (en robe et habit) venus y faire des shooting photo: on espère ne pas avoir trop ruiné leurs clichés avec notre présence en arrière-plan, tout couverts de sueur que nous étions!

À Przno, le sentier remontait brièvement sur la route avant de replonger vers la plage. Comme on avait faim, on a acheté des figues fraîches à un vendeur, puis on a continué notre route. Cette fois, on ne faisait que longer des plages de galets toutes pleines à craquer de chaises longues et de parasols (et des vacanciers qui viennent avec). Sans compter les restos et bar en bord de plage, avec leur musique pop... Autant vous le dire tout de suite: la région de Budva est la capitale de la plage au Montenegro. Habituellement, on aime la plage, si les facteurs de base suivants sont atteints:
1) la plage est esthétiquement belle (idéalement sauvage ou du moins relativement libre de constructions humaines sur la plage) 
2) la plage n'est pleine à craquer de monde
3) la plage est assez longue pour qu'on puisse s'y promener un peu et que ce soit agréable

Bref, vous aurez compris qu'au Montenegro, ces 3 critères n'étaient pas vraiment atteints... En fait, les problèmes principaux sont le fait que chaque minuscule plage est envahie par un nombre incalculable de chaises longues et de parasols impeccablement disposés par les hôtels riverains (ce qui enlaidit considérablement le paysage autrement magnifique) et la trop grande présence de gens sur des plages trop petites pour les contenir tous... Imaginez vous Miami, avec plus de chaises longues et une plage de galets au lieu du sable, et vous avez l'ambiance de Budva. Il faut aimer, mettons...

Heureusement, quelques îlots de beauté subsistent dans ce rivage défiguré (Sveti Stefan et le sentier vers Przno en sont de beaux exemples). Ainsi, on s'est arrêtés un bon moment sous les pins près d'une petite église orthodoxe sise sur un promontoire rocheux face à la mer. On y oubliait presque Miami, juste en dessous! On a aussi fait un petit sentier sur un cap miraculeusement laissé à l'état sauvage, ce qui nous a donné de belles vues sur la vieille ville de Budva. Enfin, après quelques heures de marche, on est finalement revenus à Budva, survivant à la chaleur grâce à un slush achetée en chemin. Malheureusement, on a alors appris qu'en raison du fort vent, notre visite à la plage de l'île devait être annulée... Toutefois, l'hostel proposait d'organiser un souper en guise de compensation.

En attendant, on a à nouveau marché dans la vieille ville. On a dégusté quelques pâtisseries locales, puis on a longé la falaise par delà la forteresse via une passerelle de pierre. Ce détour nous a permis d'accéder à deux plages étonnamment jolies car peu de gens et de chaises longues l'avaient investies. On a cependant rapidement réalisé que c'était parce qu'il était 20h, et que le soleil se couchait... N'empêche! En revenant, on a fait un petit tour vers la marina de Budva. Un resto "chinois" nommé Shanghai s'y trouvait (quand on vous dit que Budva, c'est touristique), dont l'enseigne était deux dragons stylisés. Flairant l'occasion de faire une blague pourrie, j'ai alors dit à Mémé que ce resto me paraissait très authentique car l'enseigne de l'endroit utilisait "l'écriture dragon" typique de Shanghai sur leur enseigne! Et j'ai ensuite pointé chacun des deux dragons, indiquant qu'ils représentaient les 2 caractères formant le mot "Shanghai"! À mon grand plaisir, Mémé est totalement tombée dans le panneau, et il a fallu que je lui dise quelques instants plus tard que tout ça était de la pure foutaise et que "l'écriture dragon" était du gros n'importe quoi pour qu'elle se rende compte que je la menais en bateau! haha! (Mémé: bon bon bon, c'est à classer dans la même catégorie que quand il m'avait fait croire qu'avant il y avait un 8ème jour de la semaine, le "boulgredi"!!)

Après cet épisode divertissant, on est revenus à l'hostel pour manger un bon plat de poulet avec riz et légumes, accompagné d'un verre de la bière locale, la Nisicko (une blonde genre Molson... le Montenegro produit du bon vin, mais côté bière c'est basique). On a pu jaser avec les différents backpackers qui étaient là, dont des Anglais, des Irlandais, une Canadienne de Vancouver et un Néo-Zélandais. Éventuellement, le gars du staff de l'hostel est venu nous rejoindre avec un bouteille de raki et en a offert à tout le monde. Si vous ne connaissez pas ce qu'est le raki, sachez que c'est un alcool fort (environ 50%) à base de raisins ou de prunes, qu'on sirote avant ou après un repas (c'est un peu trop violent pour en faire des shooters). C'est une boisson très populaire dans tous les Balkans et en Turquie, et, selon ce qu'on nous a dit, les meilleures sont faites maison. En tout cas, le raki qu'on a bu à Budva était plus du tord-boyaux qu'autre chose (Mémé en particulier n'était pas très enthousiaste)!

On a terminé la soirée en jasant à un Québécois (encore! on a jamais rencontré autant de compatriotes qu'en Europe!) bien sympathique. Il était étudiant en médecine à l'UdeM (atomes crochus avec Mémé) et s'apprêtait à faire un stage dans un hôpital de Slovénie. En attendant, il profitait de ses vacances pour voyager dans les Balkans. Pas mal! On est ensuite allés se coucher dans notre dortoir vide. Un dortoir où nous sommes les seuls occupants est un événement assez rarissime en voyage pour qu'on le souligne... On avait peur que tout soit booké d'avance au Montenegro et qu'on ait de la difficulté à se trouver un endroit pour se loger: ça n'a définitivement pas été le cas! On a par contre fermé les fenêtres et mis nos bouchons d'oreilles car le resto d'à côté diffusait de la musique à une sonorité inégalée! Budva: plage le jour, party le soir! 

1 commentaire:

  1. C'est vrai que François écrit bien, on l'en félicite et remercie. Mais quand il ne voyage pas seul, c'est plaisant de lire ne serait-ce que tes répliques à ce qu'il écrit. K

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