vendredi 12 février 2016

Versailles et le retour au Québec

Rebonjour! C'est François qui revient pour cette ultime section de blogue!

Pour notre dernière journée en France, on voulait sortir un peu de Paris. Destination: Versailles et son château! On est donc partis de chez Dom en métro vers la station Bibliothèque François Mitterand, où on devait prendre le RER C vers Versailles. Une fois sur place, on s'est naturellement dirigés vers la voie C pour prendre le RER C... Ça paraissait logique! Mais évidemment, ce n'était pas si simple! On a commencé à avoir des doutes quand on a vu que les trains qui passaient n'étaient pas identifiés "RER C" et n'étaient pas à destination de Versailles. En fait, les destinations indiquées étaient des genre d'acronymes de quatre lettres qui ne voulaient absolument rien dire pour nous! Pas de chance, les écrans qui indiquaient les horaires et les destinations des trains étaient en panne... Une Brésilienne qui avait l'air tout aussi perdue que nous nous a abordés pour savoir comment se rendre à Versailles, mais on ne pouvait vraiment pas l'aider! De guerre lasse, on est donc partis à la recherche d'un contrôleur, qui nous a finalement avisés que le RER C ne passait pas sur la voie C et qu'il fallait attendre un train identifié "VICK" (?!?!) sur une autre voie pour se rendre à Versailles! Voilà qui est parfaitement logique! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? En se déplaçant vers notre quai, on a revu notre madame brésilienne qui nous a dit dans un anglais approximatif  « It’s OK, I met a Brazil who lives in France, he knows » … et avant qu'on puisse lui dire autre chose (de toute manière, on était pas trop sûrs de notre affaire nous-mêmes), elle est embarquée dans le mauvais train! J'espère qu'elle s'est rendue au final!

Sur le quai, on a jasé avec une gentille Française qui nous aidé à prendre le bon train, et avec qui on a discuté pendant tout le trajet! Elle étudiait en commerce et comptait faire un stage au Brésil. Au bout d'un moment par contre, elle s'est rendue compte qu’elle n’était pas elle-même dans le bon train: elle voulait aller en direction opposée! Quand même les Français s'y perdent, imaginez les touristes! La France gagnerait à mettre des indications plus claires sur ses trains pour le salut des touristes et de ses citoyens!

Après un court trajet en train d'une trentaine de minutes, on est arrivés à Versailles-château / Rive gauche. Où est le château? On ne savait pas mais il n'y avait qu'à suivre la foule!!  C'est ce qu'on a fait avant de se raviser car il était presque midi et on avait faim! On s'est donc baladés à la recherche d'un restaurant au hasard des mignonnes petites rues du Versailles non touristique (où il y avait nettement moins de monde). On a avisé une crêperie qui avait l'air sympathique mais, même si tout le staff était déjà là, on a été invités à sortir: "on ouvre à midi seulement!" Il était 11h45... Ça, c'est bien la France! 

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on a visité une jolie église située au centre d'une place toute proche. Cependant, on avait toujours faim, et on a donc ensuite fait un arrêt dans une fromagerie pour patienter le temps qu’il soit midi… C'était une excellente décision! Suivant les conseils du fromager, Mémé s'est régalé d’un petit fromage de chèvre alors que j'ai grignoté un bon morceau de comté! Le tout pour un prix dérisoire! C'est aussi ça, la France! En marchant, on est tombés sur l'information touristique. Alors qu'il y avait foule quelques minutes plus tôt, elle était désormais déserte maintenant que les passagers du train étaient déjà partis au château! On nous a alors informé qu'il y avait 2h d'attente pour passer la sécurité pour entrer au château (2h!!!) et qu'on nous conseillait donc d'aller faire les jardins entourant le bâtiment en premier. De cette manière, on pourrait visiter le château en fin d'après-midi, alors qu'il y aurait beaucoup moins de monde! Merci du conseil!

Avec tout ça, on avait toujours faim et il était maintenant midi passé! On est allés dîner dans un autre crêperie bretonne, où il y avait un deal fantastique (et délicieux) : une crêpe-repas + une crêpe dessert + une bolée de cidre = 11 euros! On est sortis de table bien pleins pour explorer les Jardins de Versailles! Ceux-ci impressionnent par leur immensité, mais on préfère les jardins anglais ou japonais, je pense... Le jardin de Versailles compte beaucoup d'allées, de bassins et de haies, mais peu d'arrangements floraux. Ça reste agréable de s'y promener cependant, notamment dans les portions forestières!

Après avoir visité les jardins, on s'est dirigés vers le clou de notre visite à Versailles: le château! Érigé à titre de résidence secondaire puis principale des rois de France, l'endroit s'est notamment rendu célèbre pour son opulence.  On a passé rapidement la sécurité mais ne vous y trompez pas, même à 16h il restait encore beaucoup de monde! Comment vous décrire le château? En fait, c'est une suite de pièces toutes plus richement décorées les unes que les autres: boiseries, or, peintures, meubles ouvragés, grandes fenêtres... Tout suinte la richesse d'une époque où la frange la plus riche de la société y résidait! L'audioguide nous aidait à mieux comprendre le rôle des différentes salles et les moments historiques qui s'y étaient déroulés. Le clou de la visite demeurait néanmoins la magnifique galerie des glaces, un long hall bordé de fenêtres et de grands miroirs et au-dessus duquel d'immenses chandeliers de cristal brillent de mille feux! À l'époque, les miroirs coutaient une fortune, et une pièce qui en comptait autant avait une valeur inimaginable! Bref, même s'il y a du monde, allez-y si vous n'y êtes pas encore allés, ça reste un must et un classique!

De retour hors du château, on a marché vers la station de RER Versailles Château-Rive gauche, qui était bondée. Une file interminable s'étirait devant le guichet pour acheter les billets... Qu'à cela ne tienne, j'avais vu sur la carte qu'il y avait une seconde station de RER plus loin en ville! On s'y est donc rendus, en arrêtant au passage chez un petit marchand pour que Mémé achète une pêche plate. La seconde station était, elle, pratiquement vide, et il nous a fallu quelques minutes seulement pour acheter nos tickets! Haha!

En revenant à Paris, après un trajet en train où on s’est tous les deux endormis, on est sortis près de l’île de la Cité. En repassant près de Notre-Dame, on s’est promenés un peu avec l’objectif de faire un tour à la Sainte-Chapelle, qu’on nous avait recommandé pour sa beauté. Malheureusement, elle était fermée. Ça facilitait notre décision d’y aller ou pas, car c’était également hors de prix (15 euros pour entrer?!?!) On a poursuivi notre balade sur l’île St-Denis et on admiré la Seine un moment dans le petit parc situé à la pointe de l’île. Après ce moment romantique, on est revenus à pied vers la station Châtelets, le Berri-UQAM de Paris, en croisant au passage le magnifique édifice du Palais de justice. À Châtelets, on marché interminablement dans le dédale des couloirs souterrains en direction du RER A, lequel était naturellement bondé. À chaque fois qu’on prend un métro bondé à l’heure de pointe, je me rappelle à quel point je suis chanceux d’être à 5 minutes à pied du travail! L’heure de pointe? Connaît pas!

On est finalement débarqués à Nation, où on s’est dirigés vers un supermarché. On y a fait le plein de bouteilles de vin pas cher pour les ramener au Québec! Après, on est allés acheter des billets de bus avant de revenir chez Dom, où on a mangé un bon risotto en sa compagnie pour notre dernier souper en France. Pour ce qui restait de notre soirée, on a fait nos sacs. On s’est ensuite dépêchés à se coucher car on a réalisé que l’avion était à 9h, pas à 10h! Ça nous obligeait donc à nous lever aux aurores! Raaah! Au moins, notre courte nuit a fait en sorte que le lit gonflable ne s'est pas trop dégonflé sous notre poids haha!

Debouts dès 4h50 le lendemain, on a fait nos adieux à Dom et on a ensuite pris le bus de 5h38 vers Roissypôle. 1h30 plus tard, on était à l’aéroport. Juste avant de se rendre au comptoir d’Air Transat pour l’enregistrement, un agent de sécurité vraiment bête nous a lancé férocement « Vous allez où? » Avant même qu’on puisse répondre, il nous a laissé en plan, est parti puis est revenu à la charge quelques secondes plus tard en nous assenant encore plus violemment « Vous allez où??? » Euh… à Québec? « OK, allez par là!! » nous a-t-il lancé en nous méprisant profondément. Euh… merci? Dure journée?

Dans la file d’attente, on était précédés par des Québécois. En écoutant distraitement leurs conversations, je me suis vite rendu compte qu’ils utilisaient des expressions familières qui ne trompaient pas comme « relations Québec-France » et « MRIF ».  Des collègues! En fait, c’était des gens de la délégation générale du Québec à Paris haha!

On croyait que l’agent de sécurité bête était un cas isolé, mais visiblement la madame qui enregistrait nos bagages était de la même école de pensée, malgré nos grands sourires! Et ça ne s’est pas amélioré quand on a passé la sécurité. Mémé a "buzzé" quand elle est passée au détecteur de métal et une agente à l’air patibulaire l’a donc tâtée pour voir ce qu’il en était. « Ça doit être mes bobépines, quand je suis fouillée c’est toujours pour ça » a mentionné Mémé pour détendre l’atmosphère. « C’est une fouille aléatoire! » lui a alors craché au visage la sympathique madame! Si c’est le traitement auquel ont droit les voyageurs qui subissent une fouille aléatoire, que se passe-t-il quand il s’agit d’une fouille ciblée? Est-on carrément insulté par les agents? Haha! Heureusement, un gentil agent a racheté l’air de boeuf de ses collègues lorsque Mémé a été sélectionnée au hasard pour un contrôle total de ses bagages (décidément, ça n’allait pas bien pour elle!). En découvrant le stéthoscope que Mémé transportait dans son sac comme tout bon touriste normal, le gars a eu un sourire amusé et lui a dit: « Vous êtes sûre que vous veniez vraiment seulement pour tourisme? » haha!

Après ces péripéties, on a attendu l’avion et on a passé nos dernières pièces en achetant un lot de croissants (miam)! On a aussi jasé à une amie de Mémé qui se trouvait à prendre le même vol que nous! On le redit: le monde est petit haha!

Le vol vers Québec s’est fait rondement, mis à part le fait que la fille qui était assise à côté de moi sentait des dessous de bras (pas Mémé là, une autre fille!)… Finalement, on est arrivés à l’aéroport de Québec! Je me répète, mais quel plaisir d’être déjà rendu à la maison sans devoir passer par Montréal! On a un peu déchanté par contre quand on a dû subir la looooongue attente aux douanes… L’aéroport est censé s’agrandir pour être plus efficace sur ce point: j’espère que ça se fera vite, parce que ça n’avait pas d’allure! On a jeté le pain albanais qu’on trimballait avec nous de peur que ça ne passe pas les douanes, puis on est finalement sortis de la zone douanière!

Maintenant, comment revenir en transport en commun vers le centre-ville de Québec? On est donc allés voir le gars de l’info touristique pour lui demander s’il y avait un bus de l’aéroport vers le centre. "Oui, le prochain est à 16h" (il était 10h)… Ah, super... "Sinon, vous pouvez marcher une demie-heure vers l’arrêt de bus le plus proche! » Bon, coudonc… Avis à ceux qui se plaignent que ce n’est pas évident de se rendre en transport en commun à l’aéroport de Montréal en partance du centre-ville: c’est bien pire à Québec!

On a donc marché 20 minutes à travers la banlieue de l’Ancienne-Lorette vers l’arrêt de bus. Il faisait chaud et humide! Finalement, le bus est arrivé et on est partis vers le centre-ville. On a dit au revoir à l’amie de Mémé et on est finalement revenus à notre appartement! Plutôt que de voir notre chat accourir pour nous accueillir comme il le fait habituellement lorsque l’on revient à la maison, on a plutôt entendu des miaulements plaintifs et étouffés! En fait, Gustave avait trouvé le moyen de s’auto-embarrer dans la salle de bain! Ça devait faire plusieurs heures qu’il y était, car il y avait du poil partout haha! On arrivait à temps pour le sortir de sa fâcheuse position! :)

Voilà qui conclut notre périple dans les Balkans! Merci de nous avoir suivis!! On se donne rendez-vous lors de notre prochain voyage! À bientôt!

lundi 11 janvier 2016

Paris, la suite

Salut! C'est toujours François (quelle surprise!)


On a déjeuné tôt ce matin-là, car on prenait notre vol Tirana-Paris vers 10h... Ce fut l'occasion de faire nos adieux à Karine et à son copain, les deux Français qui travaillaient à l'hostel, et qui s'étaient levés d'avance uniquement pour nous parler un peu avant notre départ! Quand on vous dit qu'on a été bien accueillis! On s'est ensuite déplacés vers la place centrale afin de prendre le bus pour l'aéroport de Tirana On a fait le chemin avec un Français qui venait de passer un long week-end en Albanie, grâce à un vol au prix dérisoire à partir de Paris. Les Européens ne mesurent pas leur chance de pouvoir s'envoler pour une fin de semaine dans un pays étranger, sans que les coûts soient élevés ni que les distances ne soient très grandes! Au départ du Québec, les escapades d'une longue fin de semaine se limitent pas mal à d'autres villes canadiennes ou aux États-Unis, et on n'a pas les mêmes vols low-cost!



Le bus nous a déposé à l'aéroport Mère Teresa (décidément, elle est partout!), un bâtiment moderne mais minuscule! Nous étions l'un des deux seuls vols à décoller ce matin, c'est vous dire! D'ailleurs, on comptait initialement se rendre 3 h d'avance à l'aéroport, mais le gérant de l'auberge de jeunesse de Tirana avait éclaté de rire en nous disant qu'avec deux heures, on serait bien d'avance. "It"s very, very small!" haha! Une fois l'enregistrement complété (5 minutes), on a dépensé nos derniers leks à l'épicerie de l'aéroport (le CONAD), on a passé la sécurité (5 minutes) et, 20 minutes après notre arrivée, on attendait notre vol pour Paris.



L'avion est arrivé en retard mais personne ne s'en est formalisé... de toute manière, nous n'étions que quelques passagers! C'est devenu assez évident quand on est embarqués dans l'avion, qui était presque vide! À preuve, ce message du commandant de bord peu avant le décollage: « Merci de ne pas changer de place pour ne pas compromettre l’équilibre de l’avion »! La compagnie low-cost avec laquelle on voyageait, Transavia, n'avait ouvert la route Paris-Tirana que quelques semaines plus tôt, en pariant sur la popularité grandissante de l'Albanie pour les touristes. On espère qu'ils rentreront dans leur argent! 


Par le hublot, on a revu en 30 minutes le trajet qu’on a mis 3 semaines à faire, tellement les distances parcourues avaient été courtes! Après 3h de vol, on est arrivés à Paris Orly, où il faisait beaucoup plus frais et nuageux! Après trois semaines de chaleur et très peu de pluie, ça contrastait! On a ensuite pris le tramway pour revenir en ville. Une fois arrivés au terminus par contre, le temps de ramasser nos sacs, on n'est pas parvenus à sortir à temps, les portes se sont fermées et le tramway s'est ébranlé afin de retourner vers l'aéroport! On a donc cogné à la porte du chauffeur, un grand Noir qui nous a jeté un regard exaspéré ("ah, les touristes")! Finalement, il était super fin et nous fait sortir un peu plus loin!



On devait ensuite prendre le métro vers le centre mais on avait faim alors on a mangé dans un petit resto vietnamien très correct, situé dans la station. Puis, on a pris le métro jusqu'à Bir Hakeim, question que Mémé puisse voir la Tour Eiffel (j'avais moi-même visité l'endroit lors d'un précédent voyage à Paris, en 2004). Naturellement, il y avait énormément de touristes et de vendeurs de mini-tours Eiffel et selfie-sticks partout! L'endroit demeure un incontournable, mais par moment ça donne un peu l'impression d'un cirque tellement il y a du monde qui se font prendre en photo partout! Et les files d'attente pour monter en haut de la tour sont interminables! Déjà que c'est très dispendieux alors qu'on admire très bien la tour d'en bas... Vous devinez qu'on ne s'est pas laissés tenter! On s'est par contre amusés à observer le flot constants des touristes en s'asseyant sur un banc près de la "pelouse" (ou ce qu'il en reste après le passage de milliers de personnes dessus chaque jour) du champ de Mars. Outre l'omniprésence de groupes de touristes chinois, on a observé qu'il y avait aussi plusieurs familles indiennes en vacances, preuve indirecte s'il en est une que ce pays, lentement mais sûrement, s'enrichit de plus en plus...



On a ensuite effectué une balade dans le quartier, où on a pu voir certains classiques de Paris: Quai d’Orsay, Invalides, la Seine… Dommage qu'il pleuvotait! On est ensuite revenus en métro chez mon amie Dom où nous dormions encore pour les 2 prochaines nuits. On est allés acheter des croissants à la boulangerie toute proche de son appart en prévision du lendemain, et c'est là qu'on a croisé Dom par hasard! Une fois revenus chez elle, on a déposé nos affaires et on est partis faire des emplettes au supermarché pour le souper, sous la pluie. On a ensuite fait un « pique-nique » chez Dom dans son appart, avec son amie Catherine (l'autre Québécoise qui travaillait à l'Association France-Québec). On comptait initialement aller dans un parc, mais la pluie avait eu raison de nous! C'était vraiment une agréable soirée!



Le lendemain, on s'est offerts le luxe d'une grasse matinée! Il faut dire qu'on ne s'était pas levés tard depuis notre premier passage à Tirana, environ une semaine plus tôt! On a mangé de succulentes viennoiseries françaises pour déjeuner, puis on est partis. On s'est d'abord promenés dans le génial parc de la Coulée verte, un havre de verdure créée sur une ancienne emprise de chemin de fer. La Coulée verte devient ensuite la Promenade plantée, qui est en fait une promenade surélevée avec de jolis jardins... À faire si vous allez à Paris et voulez sortir du circuit touristique habituel! 



Il faisait un peu nuageux et - drame - Mémé avait oublié la crème solaire à l'appart! Comme nous étions déjà loin, il m'a fallu user de persuasion pour convaincre Mémé que, vu le temps couvert, ce n'était pas bien grave si, pour une journée, nous n'avions pas de crème solaire! "Oui, mais les rayons UV passent quand même à travers les nuages, c'est dangereux!" C'est dur, de sortir avec une étudiante en médecine!


Une fois ce questionnement existentiel passé, on a quitté la Promenade plantée pour se balader dans le cimetière du Père Lachaise. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le cimetière le plus célèbre de Paris, une cité de magnifiques mausolées où sont enterrés certains des citoyens les plus illustres de la ville (voire de France). Ça nous faisait penser au cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires, qui en est d'ailleurs inspiré!


Je gossais Mémé depuis notre arrivée en France afin qu'on aille manger dans un bistro, et c'est donc ce qu'on a fait ce midi-là, une fois sortis du cimetière. Au menu: un excellent confit de canard avec gratin dauphinois! On a jasé un moment avec les sympathiques gérants d'origine algérienne qui tenaient le restaurant: dès qu'ils ont entendu qu'on venait du Québec, on a eu droit à plein de questions! Parenthèse: ce qu'il y a de bien avec des compatriotes francophones, c'est de relever les expressions différentes des nôtres! À Paris, on a particulièrement apprécié le "Ça a été?" que les serveurs nous lançaient systématiquement à la fin du repas! Vous connaissiez? Pas nous! 


Une fois rassasiés, on a marché vers Montmartre via le quartier multiculturel de Belleville. En chemin, on a croisé un camp de réfugiés temporaires dans un petit parc. On entend beaucoup parler des réfugiés (notamment syriens) qui fuient vers l'Europe, mais pour nous Québécois ça demeure un peu abstrait... Là, en plein coeur de Paris, ce camp venait nous rappeler concrètement cette difficile réalité... À force de marcher à travers les jolies rues (je ne vous apprends rien en vous disant que Paris est une ville magnifique), on a fini par arriver au Sacré-Coeur. Mémé, qui n'y avait jamais été, était très excitée à l'idée de retrouver plonger dans le décor d'une des scènes célèbres d'Amélie Poulain! Il y avait juste un tout petit peu plus de touristes par contre... et naturellement, des vendeurs à la sauvette vendant des breloques et des selfie-sticks. D'ailleurs, un groupe de grands gars s'est approché pour nous faire un collier (en fait, pour nous poser de force un collier sur le bras), mais on a réussi à les esquiver habilement, le tout avec un regard de la mort de la part de Mémé! On a gravi les marches, admiré la vue sur Paris et visité le Sacré-Coeur en tant que tel, puis on a descendu la colline par les petites rues de Montmartre. On s'est retrouvés dans Pigalle et ses boutiques osées. On a pris une photo devant le Moulin rouge (un autre film ayant marqué Mémé!), puis on a continué à marcher vers l'Association France-Québec, où on devait rejoindre Dom et Catherine. En chemin par contre, on a eu droit à des collations aux fruits gratuites (il y avait un événement promotionnel), au grand bonheur de Mémé!



L'Association France-Québec est un organisme qui promeut les relations entre le Québec et la France dans tous les domaines, dans la mesure de ses budgets limités! Dom et Catherine nous ont fait visiter leurs minuscules locaux, dans le sous-sol d'un bel édifice. Puis, on est partis ensemble marcher dans le quartier. On a fait un arrêt pour admirer l'Arc de triomphe, avant de s'engager sur l'avenue des champs Élysées toute décorée de drapeaux en vue du défilé militaire qui devait s'y tenir bientôt (le 14 juillet approchait!) On a fait un petit détour pour passer devant l'Ambassade du Canada, située à un jet de pierre des champs Élysées (le bâtiment doit valoir une fortune!) On a ensuite pu voir l'Obélisque et le Louvre. Avec tout ça, on avait vu en une journée une bonne partie des must de Paris!



Il se faisait tard et on a suivi Dom et Catherine dans Belleville, où on a mangé dans un excellent resto indien! Plus tard en soirée, on est revenus à pied et en métro vers chez Dom. Le soir, dans Belleville, Paris ne semble pas la ville la plus sûre du monde, disons! Une fois revenus, on s'est endormis rapidement, en vue de notre dernière journée en France le lendemain, qu'on comptait passer à Versailles!

Tirana, suite et fin

Salut tout le monde! c'est François aux commandes!


Dès 6h, c'était le branle-bas de combat dans notre chambre à Himara, et, à 6h45, on était sur la route à scruter l'horizon à la recherche du bus qui devait nous ramener à Tirana. Comme personne n'avait d'information fiable sur l'heure où il passerait et qu'on devait absolument prendre ce bus, on n'avait donc pas le choix d'être là très tôt. Sans grand espoir, on a demandé à un vieux monsieur qui passait par là s'il savait à quelle heure le bus passait. Ne le sachant pas lui-même, il s'est cependant fait un point d'honneur de le demander à tout le monde! Un genre de consensus a fini par émerger voulant que le bus sera là "autour de 7h30". Soudain, un bus arrive! Je l'arrête en agitant les bras, le bus stoppe, le chauffeur nous ouvre la porte... pour finalement nous annoncer que ce n'est pas le bon bus. Il y a très peu de bus qui passent ici: quelles sont les chances que ça arrive?!?!


Puis, à 7h15 (une chance qu'on était là plus tôt!!), un bus avec un écriteau "Tirana" tourne le coin. Yes! On s'est donc installés dans l'autobus surchauffé (pas d'air climatisé, naturellement), devant une vitre pleine de buée. On a quand même pu admirer le magnifique paysage de la Riviera albanaise en dégustant notre déjeuner classique de voyage: du pain avec du beurre d'arachide! (ben quoi? on n'a pas à chercher de restaurant, c'est simple, ça se mange partout et surtout c'est soutenant! C'est parfait!)



Après un moment, le bus s'est mis à grimper et à quitter la mer pour entrer dans le parc national de Llogorada, niché dans des montagnes couvertes de forêt. On a fait un arrêt pour manger dans une halte routière, où il faisait bien plus frais! Le véritable intérêt de l'endroit était, à mon avis, la grande fresque communiste peinte à même la falaise près de l'auberge! Apparemment, la région avait été un nid de partisans durant la 2e guerre mondiale, et la fresque célébrait de manière grandiose les exploits de ces soldats.



On est ensuite retournés vers la mer, qu'on a longé jusqu'à la ville assez moche de Vlorë. Mémé a gentiment laissé sa place à un vieux papy à casquette, mais sinon, le trajet entre Vlorë et Tirana était long et présentait peu d'intérêt. À un certain moment par contre, on a vu un train: ils roulent donc encore! En effet, l'Albanie a un réseau extrêmement vétuste de chemins de fer, qu'on aurait bien aimé essayer! Cela dit, on s'était fait dire que c'était non seulement lent et peu pratique, mais aussi que la plupart des trains étaient maintenant hors service... Dommage! Fait cocasse: le réseau ferroviaire albanais (du moins ce qu'il en reste) a la particularité de n'être relié à aucun pays des environs. Étonnant donc qu'il ait seulement été construit, considérant le fait que le pays est minuscule!



Enfin, après 6h de route, on est arrivés à Tirana vers 13h. On a dîné dans un petit resto où les pâtes étaient assez ordinaires, puis on st retournés vers l'hostel où on avait séjourné quelques nuits plus tôt. Dès qu'on a passé la porte, on a été accueillis comme si on revenait à la maison! Le sympathique staff était tout content de nous revoir! On s'est reposés un peu dans la cour intérieure, puis on a fait quelques achats en vue de ramener des cadeaux albanais! Ensuite, on s'est rendus à la poste pour envoyer des cartes postales: une employée bête a tassé sans ménagement une madame pour nous donner des timbres. Merci pour le service, mais bon, on aurait pu attendre!


Comme il nous restait quelques heures, on a décidé d'aller marcher vers le grand parc de la ville en passant via le quartier trendy de Blloku. Naturellement, je n'ai pas pu empêcher Mémé de manger de la crème glacée à saveur de kiwi au même stand où nous avions été lors de notre visite précédente à Tirana! Mémé la folle dépensière a aussi grevé nos finances en achetant un jupe pour la somme outrageuse de 6$!



En marchant, on est passés devant un édifice officiel où on nous a fait signe de nous écarter, dangereux terroristes que nous sommes! Puis, on s'est baladés dans le grand parc le long d'un lac artificiel, où il y avait beaucoup de joggers décidément trop habillés pour le climat et pour ce genre d'activité (qui court en hoody quand il fait 30 degrés??)



Après un bon moment à nous emplir les poumons d'air pur, on a replongé dans le brouhaha de la ville via la très stalinienne place Nënë Teresa (on se serait cru à Tiananmen). On a aussi pu admirer la version locale du McDonalds, le Kolonat! On a continué à marcher un bon moment afin de trouver un resto où dépenser les quelques leks qui nous restaient. En effet, on quittait le pays le lendemain, et on s'entend que les leks ne sont pas la monnaie la plus prisée au monde! Après de longues recherches infructueuses (tout était trop cher!), on est finalement retournés au resto de gjiros de la dernière fois. C'était un excellent choix: j'ai dévoré mon excellente assiette de shish taouk avec légumes et salade, alors que Mémé a été rapidement rassasiée par son hot dog au tzatziki et son énorme salade grecque!


De retour à l'hostel, on a préparé nos sacs pour le lendemain tout en discutant avec les deux Australiennes d'origine asiatique qui partageaient notre chambre. Elles nous disaient qu'elles ne verraient que Tirana de leur séjour en Albanie: quel dommage, sachant qu'il s,agit d'un pays extraordinaire! J'ai terminé la soirée en écrivant le blog dehors, avant qu'on aille dormir pour notre dernière nuit dans les Balkans!



À bientôt!

Butrint et Himara

Bonjour! C’est toujours François!

On s’est levés tôt (6h45) ce matin-là, car l’inflexibilité des horaires de bus et notre désir de faire deux villes dans la journée nous y obligeait! On a mangé des crêpes avec un Américain de San Francisco bien gentil, mais qui, visiblement, ignorait jusqu’à l’existence du Québec:
François : « We come from the French part of Canada » 
Gars de San Francisco « They talk French in Canada? « 
François: « Well, yes, mostly in Quebec. That’s where we live »
Gars de San Francisco: « Quebec? Where is that? »
François: « In the eastern part of Canada »
Gars de San Francisco: « Oh. I see. » 

OK, il venait de la côte Ouest et vivait donc loin du Québec, mais quand même! 

Après cet épisode, on est partis vers le centre-ville pour prendre le bus vers Butrint, notre destination du matin. Malheureusement, on a attendu le bus assez longtemps en raison du fait que les horaires fournis par l’hostel et ceux de l’arrêt de bus ne concordaient pas… À un moment donné, un bus est arrivé et on est embarqués, croyant que c’était le bon. On a cependant compris avant qu’il ne parte qu’il ne se rendait qu’à un resort un peu plus loin appelé Santa Quaranta, et qu’il était pour l’instant occupé par des employés de l’endroit en question. Ces derniers, des ados un peu caves, ont ensuite tenté de faire croire à de vieux touristes qui se rendaient aussi à Butrint d’embarquer sur leur bus! Il a fallu que Mémé leur dise qu’ils les menaient en bateau pour qu’ils descendent, alors que les employés gloussaient stupidement. Sérieux, c’est un peu cheap d’abuser des (vieux) voyageurs comme ça, gratuitement, pour le simple plaisir de les voir se perdre! 

Finalement, le vrai bus pour Butrint a fini par arriver: un vieux machin sale, pourri et suffoquant, aux vitres couvertes de buée. En plus, il était bondé, les gens se tenaient debout dans l'allée! On a fini par trouver des sièges tout au fond, avec des touristes russes, puis on est partis pour un trajet d'une vingtaine de kilomètres que le bus a parcouru lentement, en s'arrêtant partout. On se trouvait dans une portion particulièrement touristique de la Riviera albanaise, et, une fois sortis de Saranda, la route passait par une succession de stations balnéaires. Dans le bus, Mémé a sympathisé avec un jeune Kosovar qui parlait 3 mots d'anglais mais qui a tout de même tenu à lui montrer de multiples photos de sa blonde et de sa mère.

Après avoir dépassé les resorts, on est finalement arrivés dans une portion un peu plus sauvage du littoral, et le bus nous a finalement laissés au site de Butrint, situé dans un marais. Butrint est situé tout au sud de l'Albanie, à la frontière avec la Grèce. L'intérêt de l'endroit, qui est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, est qu'il s'agit en fait d'un site archéologique remarquable, qui a été tour à tour colonie grecque, romaine et byzantine avant d'être abandonnée. Butrint se trouve sur une presqu'île sur un lac salé relié à la mer toute proche, un lieu stratégique et protégé entouré de terres fertiles, ce qui explique pourquoi l'endroit a si tôt été colonisé. Aujourd'hui, c'est un parc national et l'une des destinations les plus visitées d'Albanie (c'est un pit stop prisé pour les croisiéristes qui font le tour de la Grèce). À voir le nombre d'autobus nolisés dans le stationnement et les différents groupes de croisiéristes âgés en débarquer, précédés de leur guide avec un drapeau, on sentait tout de suite qu'on était de retour sur l'autoroute touristique!

En arrivant à la caisse où on devait payer les droits d'entrée, Mémé a vite constaté que les tarifs de groupe (5 personnes et plus) étaient bien plus avantageux que le prix d'une entrée individuelle. Trois vieux touristes sud-africains bien comiques en étaient venus à la même conclusion que nous et on s'est donc mutuellement proposé de se présenter comme un groupe à la caissière. Malgré la disparité entre ces touristes de 65 ans à grosse caméra dans le cou et nous, notre improbable tandem québéco-sud-africain a réussi à bénéficier des rabais de groupe, au grand bonheur de tous ses membres!

On a ensuite laissé nos compagnons de fortune et on s'est lancés dans l'exploration des ruines. On n'était pas sûrs au début, mais l'endroit s'est vite révélé plutôt impressionnant: on a pu voir les ruines d'un théâtre romain très bien conservé, d'un thermes romain (avec des mosaïques de l'époque encore visibles), d'un temple et de ses colonnes debout, des vieux murs qui ceinturaient la ville, d'une église byzantine, d'une porte fortifiée datant de la Grèce antique... Bref, c'était une plongée dans l'histoire bien intéressante, pour nous qui n'avions jamais vu ce type de vestiges! Après avoir dépassé plusieurs groupes de croisiéristes précédés de guides avec drapeau, la visite s'est achevée au château surplombant la presqu'île, d'où on avait une vue splendide sur les environs (le lac, les montagnes, les champs, la mer et, au loin, l'île de Corfou). On a visité le musée du château, qui à défaut d'être réellement intéressant sentait beaucoup l'humidité, puis on est revenus dans le stationnement afin d'attendre notre bus de retour.

Après un bon moment, notre cher bus pourri est venu nous récupérer et on est revenus à Saranda. Là, j'ai rapidement été récupérer nos sacs à l'hostel pendant que Mémé arrêtait dans un petit resto pour nous prendre des gyros à emporter, puis on est partis vers la place centrale afin d'attraper notre bus pour Himara, une ville balnéaire à 4h au nord de Saranda. On avait intérêt à l'attraper: c'était le seul bus de la journée vers cette destination!

Une fois arrivés à l'arrêt de bus, on a attendus sous un soleil de plomb en mangeant nos gyros. Finalement, pour une raison mystérieuse, il n'y avait pas de bus pour Himara, mais seulement pour Vlorë. Heureusement, ce bus arrêtait aussi à Himara! Ouf! Le minibus était plein à craquer (décidément, c'était la journée), on s'est installés juste devant un gars échappé des années 70 (son look était fabuleux: chemise fleurie ouverte sur son shag, cheveux longs, moustache), et on est partis. Le bus faisait régulièrement des bruits bizarres, un peu sourds: on a finalement constaté que c'était le micro du chauffeur (?) qui accrochait régulièrement quelque chose, ce qui produisait les sons étranges en question!

Peu avant de sortir de Saranda, on a par contre entendu un gros boum derrière nous: deux voitures venaient d'entrer en collision! Heureusement, il ne semblait pas y avoir de blessés, mais ça nous a rappelé la fréquence des accidents de la route en Albanie!



Pendant quatre magnifiques heures, le bus nous a ensuite trimballés, cahin-caha, sur des routes peu empruntées entre mer et montagnes. Les pentes arides et brunies allaient mourir dans la mer turquoise en contrebas, alors que des plages de galets s'étendaient un peu partout le long du rivage. Dans cette chaude après-midi ensoleillée, on traversait de temps à autre un village endormi dont on devinait le rythme ralenti par la chaleur. Bienvenue dans la partie nord de la Riviera albanaise, nettement moins touristique qu'autour de Saranda et, à mon avis, bien plus jolie!

Comme si le paysage ne suffisait pas, la route nous a aussi permis d'apercevoir quelques curiosités de ce coin peu fréquenté d'Albanie. On a ainsi pu voir, sur une presqu'île rocheuse, les ruines d'un château ottoman, et, peut-être encore plus particulier, une base de sous-marins creusée à même une falaise. La question qui vous brûle les lèvres: un pays aussi pauvre que l'Albanie possède des sous-marins? En fait, non. La base a été creusée par l'URSS du temps où l'Albanie et l'Union soviétique étaient alliées. À l'époque, c'était un lieu hautement stratégique et menaçant pour les Occidentaux, qui contrôlaient le reste de la Meditérannée. Quand l'Albanie s'est brouillée avec l'URSS, cette dernière n'a cédé sa base à l'Albanie qu'à contrecoeur, en rapatriant tous ses vaisseaux de guerre. L'Albanie en a hérité mais n'y a jamais installé de sous-marins, sachant qu'elle ne pouvait les construire elle-même et que son isolement à la fois du camp communiste et du camp capitaliste faisait en sorte qu'elle ne pouvait en acheter à personne (à supposer même qu'elle en ait les moyens). Aujourd'hui, l'endroit est encore une base militaire occupée, au moment de notre passage, par un minuscule navire de guerre... 

À notre arrivée à Himara, on a d'abord marché vers notre hostel, un peu hors de la ville. Malheureusement, il n'y avait plus de chambres doubles, mais le gars de la place nous a proposé de nous emmener à un autre hôtel. On est donc montés dans son jeep à deux places: Mémé avec le gars en avant et moi avec les backpacks dans la boîte en arrière! Je ne sais pas si vous avez déjà voyagé dans la boite d'un pick-up roule à 60km-h, mais même si ce n'est pas l'expérience la plus safe du monde, c'est quand même fun! On est ensuite débarqués à l'hôtel Likoka, une belle place qui faisait face à la mer. Sauf que notre chambre donnait, elle, sur une genre de bassin sale sur la rue, et notre porte n'avait pas de poignée! Mais bon, ça allait quand même (même si Mémé a dû me convaincre un peu)! Le plus par contre: on avait de l'air climatisé! 

Il faisait encore clair et chaud, et on était à la plage: pourquoi ne pas en profiter? On a donc marché sur la plage de galet (ce pays ne connaît pas les plages de sable!) et on s'est installés pour la fin de l'après-midi. Parenthèse: avez-vous déjà marché en gougounes sur une plage de galets? C'est désagréable en grand! Après 2 minutes, on a des cailloux sous les pieds, ce qui rend chaque pas douloureux! On s'est baignés, mais l'eau était plus froide (on a appris après qu'il y avait une source d'eau glacée qui se jetait à proximité...).



Quand la nuit est tombée, on a fait le tour des restos en bord de mer sans vraiment être inspirés. Puis, on a avisé une petite pizzeria pour emporter et Mémé a eu une idée géniale! C'est donc en admirant le coucher de soleil qu'on a dégusté, sur la plage, une excellente pizza. Quand même romantique!

Pour couronner la soirée, on a pris un chocolat chaud (Mémé) et froid (moi) sur la terrasse de notre hôtel. On a jasé à quelques clients afin de savoir à quelle heure passait le seul bus de la journée du lendemain vers Tirana. Résultats peu concluants: tout le monde nous donnait des informations contradictoires! On a donc décidé d'être prêts dès l'aube à attendre le bus... Ahlalala! La nuit s'annonçait courte, mais heureusement climatisée!!

À bientôt!

jeudi 19 novembre 2015

Gjirokastra et Saranda‏

Rebonjour!




C’est toujours François qui écrit!

Vers 6h ce matin-là, on s’est levés et on a rapidement englouti le déjeuner que nous avait préparé Lorenç (oeufs brouillés et café turc), puis on lui a fait nos adieux (naturellement, il a émaillé le tout de remarques philosophiques, et nous a notamment dit que ce n’est pas comme ça que les Albanais traitent les touristes, ce qu’on n’a pas compris tout de suite)! On a ensuite marché vers la route pour se rendre à la gare d’autobus, d’où l’on devait attraper le bus de 8h vers Gjirokaster (le seul de la journée). « Vous vous installez par là et des bus vers la gare vont passer » nous avait dit Lorenç, demeurant vague à souhait. On a donc attendus sur la route, mais à défaut de prendre un bus, on est embarqués dans une minivan pleine à craquer sans trop savoir. Le gars nous a demandé plus cher que prévu, mais nous a au moins débarqués à la gare, alors que je tentais de ne pas éborgner au passage les pauvres passagers de la banquette arrière en retirant mon sac!







Heureusement, on était arrivés 15 minutes d’avance à la gare! Ouf! Comme on avait du temps, Mémé s’est mise dans la tête de trouver des fruits aux alentours de la gare. Les occupants de la banquette à côté de la nôtre ne comprenaient pas pourquoi Mémé descendait de l’autobus, et je leur ai donc expliqué tant bien que mal qu’elle voulait trouver des fruits, ce qui a bien amusé l’assistance. Ils m’ont fait comprendre qu’il n’y avait pas d’endroit où acheter des fruits près de la gare, et, quand Mémé est effectivement revenue bredouille, ils lui ont dit « No fruit! » avec un large sourire!


Vers 8h, l’autobus plein à craquer s’est ébranlé, et nous sommes partis par des routes de campagne vers notre destination, qui se trouvait à quatre heures de route. Dès notre premier arrêt dans un village dès environs, les choses ont cependant pris une tournure comique. Des Albanais qui voulaient embarquer dans le bus bondé ont pris à partie une famille d’Italiens qui occupaient le fond du bus, en leur demandant s’ils pouvaient prendre leurs deux jeunes enfants sur leurs genoux pour le trajet, de sorte que deux places supplémentaires soient libérées pour de nouveaux passagers. Devant le refus du père de la famille italienne, le ton a monté et rapidement le chauffeur, le gars qui collecte les billets (qui en imposait avec son viril chandail rose frappé de l’inscription « Dad » en glitter) et enfin tout le bus s’est mis à s’engueuler dans un mélange d’italien et d’albanais! L’Italien répétait sans cesse « bambini » et disait qu’il avait payé pour les places qu’occupaient ses enfants, le conducteur gueulait, c’était le chaos! Ça s’est finalement réglé d’une façon quelconque, mais c’était bien drôle en tout cas!


Après une heure de route pittoresques à travers champs et petits villages (c’était jour de marché un peu partout, et notre bus devait ralentir pour traverser la rue principale transformée en souk), on a fait un autre arrêt dans une station service. Motif: une dame voulait aller aux toilettes! Il n’y a que dans les pays du tiers monde que ce genre de chose peut arriver dans des trajets de bus! Après, on s’est encore arrêtés pour manger, mais il était trop tôt pour nous et on a donc opté pour une crème glacée (il n’est jamais trop tôt pour ça!). Enfin, vers 12h, on est arrivés à Gjirokastra, après avoir suvi pendant la dernière heure une rivière tumultueuse sise dans une vallée étroite entre deux montagnes. Naturellement, le bus nous a laissé dans les faubourgs de la ville, dans un endroit non indiqué sur la carte!


Un dilemne s’offrait alors à nous: on prévoyait passer quelques heures seulement à Gjirokastra, avant de reprendre le bus en fin d’après-midi vers notre destination finale, la ville portuaire de Saranda. Problème: nous avions nos gros backpacks sur le dos, et se promener avec nos sacs par cette chaleur infernale ne nous enchantait pas (surtout qu’on s’en allait vers la vieille ville, située en haut d’une colline). On voulait donc idéalement les laisser, étant donné qu’on repartait en bus du même endroit, mais on ne savait pas où… On a donc avisé une agence de bus tout près à qui on a demandé si on pouvait leur laisser nos backpacks pour quelques heures. On a été aidé par un gars qui parlait un peu anglais qui a fait comprendre au patron ce qu’on voulait, et finalement il n’y a pas eu de problème (« mais revenez avant 16h, sinon je vais partir et vos affaires vont être embarrées dans le local! »). En sortant, on s’apprêtait à partir à pied vers la vieille ville quand une voiture nous a klaxonné dans le parking. Le gars de l’agence qui parlait un peu anglais était au volant et nous a demandé si on voulait un lift vers le centre! Comme ça avait l’air de beaucoup lui tenter de nous rendre service, on a donc accepté. Il était bien sympathique et avait, comme beaucoup de gens ici, le projet d’immigrer au Canada. Ça lui faisait donc plaisir de nous jaser! Seulement, son projet était un peu inusité car il voulait refaire sa vie non pas à Toronto, Vancouver ou Montréal, mais bien en Saskatchewan! Homme à tout faire, il était prêt à tout apprendre et à faire tout métier pour immigrer! Il nous a finalement laissé dans la vieille ville (non sans qu'il ait d’abord fait un arrêt au guichet automatique), et a naturellement refusé toute somme d’argent qu’on pouvait lui offrir pour le lift, nous disant qu’il se rendait déjà dans ce coin-là de toute manière. On lui a souhaité bonne chance dans ses projets d’immigration et au plaisir de le recroiser dans l’Ouest canadien!


Gjirokastra, qui est une ville généralement assez quelconque, possède cependant un très joli vieux centre, au milieu duquel trône un vieux château. Le château est bâti au sommet d’un pic rocheux, et les vieux quartiers sont éparpillés sur quelques collines situées dans les alentours. Les rues sont en pavés et sont bordées par de vieilles maisons aux murs blanchis à la chaux, avec de grandes fenêtres grillagées à l’étage et de vieux toits en bois noir. L’effet est étonnant (c’est définitivement un style architectural que l’on ne retrouve pas ailleurs, même dans d’autres parties d’Albanie) mais bien joli!


L’attraction principale du coin étant le château, on a donc monté les marches y menant, peinant sous le gros soleil de mi-journée! Une fois franchies les premières fortifications de pierre par contre, on est entrés dans une galerie sous les murailles et on a immédiatement été accueillis par une fraîcheur plus que bienvenue! Après avoir payé nos droits d’entrée, on a débuté la visite, qui commençait par un passage dans la galerie principale du château où étaient entreposés canons et tanks saisis par les partisans communistes aux Italiens et aux Allemands durant la deuxième guerre mondiale. L’histoire du château est en effet liée à son passé militaire récent, lequel est plutôt lugubre. En effet, le château a été utilisé comme une prison par les autorités albanaises, puis italiennes, puis nazies, et enfin par les communistes jusqu’à ce qu’on décrète que l’endroit serait transformé en musée et utilisé à des fins pacifiques. Nombre de prisonniers, pour la plupart des combattants ennemis et non des criminels, ont été torturés et sont morts entre les murs de pierre de ce vieux château, et bien d’autres ont été gardés de longues années dans de vieilles cellules médiévales, dans des condition peu enviables (pour dire le moins)… Une facette méconnue de la Seconde guerre mondiale et qui a (tout comme les canons et les tanks) éveillé mon intérêt, sachant que cette période historique me passionne!


On est ensuite sortis à l’extérieur du château, pour explorer parmi les ruines une vieille tour d’horloge, une scène où se produisent apparemment des événements culturels et différentes salles. Du haut des remparts, on avait aussi une vue superbe sur toute la région, c’est-à-dire sur la vallée de Gjirokastra et sur les montagnes environnantes! On a aussi vu, dans de petites huttes, des tombes fleuries appartenant à un courant particulier de l’islam. Après avoir croisé un groupe de touristes provenant visiblement d’un bateau de croisière (la mer n’est pas trop loin), on est redescendus vers la vieille ville via un autre quartier, où se trouvaient également de jolies maisons.


Comme on n’avait pas encore dîné, on s’est arrêtés dans un petit resto où on a pu manger des spécialités de la région: de délicieuses boulettes de riz et de veau aux herbes! Pendant qu’on savourait le tout, la télé nous faisait parvenir les informations du jour. Il était question de la mort d’un couple de jeunes touristes dans les Alpes albanaises. Selon ce qu’on a pu comprendre, les touristes faisaient un voyage en 4x4 dans la région et avaient été assassinés par balles par des bandits qui voulaient les voler. On savait que la région était un peu une zone de non-droit compte tenu de son isolement, mais à ce point-là? Même si ça avait eu lieu dans une zone que nous n’avions pas visité, le tout avait eu lieu quelques jours seulement après notre passage dans la même région! C’est donc à ça que faisait référence Lorenç au déjeuner! Le patron du resto a dû surprendre notre étonnement car il est passé près de nous, a regardé la télé et nous a regardé en balayant de la main, l’air de dire « Ne vous en faites pas! » 


On a ensuite acheté quelques souvenirs dans un petit kiosque tout proche, puis, le temps filant, on est revenus vers l’arrêt de bus au hasard des petites rues. On a repris notre stock (l’agence était toujours ouverte, ouf!) et on a patienté un peu dans le minibus surchauffé. Une demie-heure plus tard, on est partis vers notre destination finale: Saranda, tout au sud de l’Albanie, sur la côte. En chemin, on a traversé le village de Lazarat, gardé par des policiers lourdement armés à l’entrée et à la sortie. En cause: un climat toujours tendu suite à une grosse opération policière et militaire l’an dernier contre les producteurs locaux de marijuana. Pour ceux qui ne le savent pas, la proximité de l’Europe, la relative faiblesse de l’État et une certaine tradition mafieuse ont fait de l’Albanie, et notamment de la région de Lazarat, l’un des endroits d’Europe où il se cultive le plus de marijuana. Jusqu’à l’an dernier, le pot poussait librement dans les champs de Lazarat et la ville était sous l’emprise d’une mafia contrôlant ce commerce bien lucratif. Sous la pression européenne, l’armée et la police ont investi le village l’an dernier. Sauf que les mafieux ont répliqué à coup de mitrailleuses et de lance-roquettes! Ce qui devait être une simple opération anti-drogues s’est donc transformé en bataille rangée, qui a fait de nombreux morts et blessés et a détruit une partie du village. Au final, l’armée a gagné… mais il semble qu’aujourd’hui les champs de marijuana qui pullulaient à Lazarat ont simplement été déplacés dans d’autres régions…


On a ensuite quitté la vallée pour franchir les montagnes le long d’une jolie route où notre chauffeur s’amusait à dépasser allègrement tout le monde dans des virages en épingles à cheveux! Mémé a ensuite commencé à le détester copieusement quand lui et deux de ses acolytes se sont mis à fumer, l’obligeant à respirer dans son foulard pour filtrer l’air vicié!


Enfin, on est arrivés à Saranda en fin d’après-midi. On nous en avait dit beaucoup de mal, mais finalement, ce n’était pas une ville si moche que ça! OK, c’est le genre de station balnéaire avec de gros immeubles en béton face à la mer (on est loin des plages de sable idylliques), mais il y régnait tout de même une ambiance sympathique! Débarqués à la place centrale, on a ensuite marché un bon 20 minutes vers notre destination: le Hairy Lemon Hostel, dont on nous avait chanté les louanges maintes et maintes fois depuis le Montenegro! Disons que ce n’était pas une auberge comme les autres: sis dans une tour surplombant la mer, c’était un appartement transformé en hostel! Toutes les pièces avaient été équipées de lits à étages, et le salon/cuisine faisait office de pièce commune! En arrivant, on a nous a servi des crêpes, ce qui a immédiatement conquis le coeur (et l’estomac) de Mémé!


Il nous restait une heure ou deux de soleil devant nous et on se trouvait dans une station balnéaire: pourquoi ne pas aller se baigner? En cherchant un peu, on a a touvé une petit coin bétonné face à un hôtel où on était seuls pour étendre nos serviettes et aller tester l’eau. Après une grosse journée de chaleur, ce rafraichissement était bienvenu! En prime, on avait la vue sur l’île de Corfou, en Grèce, de l’autre côté du détroit du même nom! Ce détroit est d’ailleurs célèbre en droit international: l’explosion d’un navire de guerre britannique sur une mine yougoslave, au tout début de la guerre froide, a permis à la Cour internationale de justice de rendre une décision phare sur la liberté de navigation et la responsabilité des États que tout bon étudiant en droit de par le monde a eu l’occasion d’étudier! Mon côté nerd était ravi!


On est ensuite revenus à l’hostel puis, à la nuit tombée, on est retournés vers le centre-ville pour manger. On a soupé dans un resto familial, où on a mangé un bon mish turli et des aubergines farcies. Pour terminer la soirée, on a fait un tour sur la promenade en bord de mer très animée, puis on est revenus par les rues un peu trash près de l’hostel avant de tomber dans les bras de Morphée!


À bientôt!


François 

dimanche 4 octobre 2015

Berat

Rebonjour tout le monde! Ça faisait longtemps!

Après notre journée d’exploration de Tirana, on se disait qu’on avait bien vu la ville, et qu’il était temps d’explorer un peu plus le sud du pays. Direction: Berat, une vieille ville médiévale située à environ 3h de route de la capitale albanaise!

En déjeunant ce matin-là à l’hostel, on a jasé à un Australien bien sympathique qui avait de la famille à Calgary. Puis, au moment de partir, l’exubérant proprio de l’auberge, à qui on avait exposé la veille nos plans de voyage pour les prochains jours, nous a pris à partie: « Y’a un gars qui s’en va prendre un bus vers le sud du pays aussi, je lui ai appelé un taxi, vous pourriez le prendre ensemble, vous allez au même arrêt d’autobus! » 

Bon. Vous nous connaissez, on évite toujours de prendre le taxi en voyage. Question de limiter les coûts et les possibilités d’arnaque, et aussi parce qu’on aime bien marcher dans la ville plutôt que de la découvrir de la vitre d’une voiture. Mais là, c’était tentant pour plusieurs raisons:


- On devait se rendre à l’endroit où les bus pour le sud partaient, et cet arrêt d’autobus était situé exactement de l’autre côté de la ville. Ce qui nous garantissait une marche de 30-40 minutes sous le soleil avec nos gros backpacks. C’est sûr que si on pouvait se l'éviter…
- Le prix de la course du taxi avait déjà été négociée par un Albanais et on savait précisément où on se rendait (pas d’arnaque, donc).
- On allait splitter les coûts avec une autre personne, ce qui revenait à quelques dollars pour deux.


Bref, un bon deal. On est donc partis avec le gars dans le taxi.


Grand mal nous en pris.


Après avoir tourné deux coins de rues, le backpacker avec qui on était embarqué s’est soudainement aperçu qu’il avait oublié son chargeur pour son téléphone cellulaire. Drame: il le lui fallait absolument. On a essayé de demander au chauffeur si c’était possible de retourner à l’hostel. Le chauffeur, naturellement, ne parlait qu’albanais et ne saisissait pas un traître mot de ce que nous lui disions. Il a alors sorti son téléphone cellulaire et a appelé quelqu’un qu’il nous a passé ensuite. Cette personne - que le chauffeur identifiera par la suite comme étant son fils - baragouinait à peine l’anglais et ne comprenait rien à ce qu’on lui disait! Finalement, le backpacker a décidé de descendre du véhicule pour revenir à pied à l’hostel, nous laissant en plan avec le chauffeur déboussolé qui avait bien du mal à comprendre la situation (que lui expliquait d’ailleurs comme il le pouvait son fils au téléphone). On a alors tenté de faire comprendre au chauffeur de continuer vers l’arrêt de bus. Sauf que notre ami, qui avait dû finir par saisir qu’on voulait revenir à l’hostel, nous ramenait plutôt vers l’auberge! Raaaaaah! On a donc fini par sortir 2 rues plus loin: on s’est épargnés un bon 2 minutes de marche… Gros niaisage!

Morale de l’histoire: ne plus prendre le taxi et, surtout, dépendre le moins possible des autres en voyage! 

C’est avec une Mémé ronchonne par rapport au foirage qui venait de se produire que je ferai le reste du trajet vers l’arrêt de bus, le long de la rivière qui divise Tirana en deux! Après une demie-heure de marche, le moral étant revenu, nous sommes arrivés à l’arrêt d’autobus, un genre de gros dépôt où des bus stationnés n’importe comment attendent leurs passagers pour partir dans un chaos typique des pays du tiers monde. Après avoir quitté Tirana, on a roulé sans histoires vers le Sud de l’Albanie. 3 heures plus tard, on arrivait à Berat. Première surprise: on arrivait dans une vraie station d’autobus! Assez incroyable dans ce pays! Cela dit, elle était située quelque part en périphérie de la ville, et notre guide de l’Albanie ne nous disait pas où sur la carte (N.B.: comme il n’y a pas de Lonely Planet « Albanie », on utilisait le Bradt Guide, qui s’est généralement révélé être un bon compagnon de voyage, malgré ses imperfections). Ne sachant pas trop où aller, on a demandé notre chemin à un gars de la station qui écoutait un film sur son ordi dans son bureau (disons qu’on ne le dérangeait pas tant que ça...). Il nous a ensuite bien gentiment indiqué où aller attendre le bus pour aller vers le centre.

Après un court trajet de bus, on est finalement arrivés au centre de Berat, un gros village historique récemment admis au patrimoine mondial de l'UNESCO. Berat est une ville surprenante, bâtie entre deux collines sur les deux rives escarpées d’une rivière brune et paresseuse. De chaque côté de la rivière, les maisons blanches semblent s’accrocher aux pentes, leurs fenêtres toutes orientées vers le cours d’eau. C’est cette singularité, qui crée un très bel effet, qui a valu à Berat son surnom de « ville aux 1000 fenêtres ». Pour ajouter au charme des lieux, un vieux château médiéval surplombe toute la vieille ville du haut d’un pic rocheux. Un bien bel endroit, en tout cas!


Par contre, avec le soleil de midi qui plombait, il faisait une chaleur infernale! Inutile de vous dire qu’il n’y avait presque personne dans les rues! On a traversé la rivière à la recherche de l’endroit où on passerait la nuit. Avant de partir de Tirana, on avait trouvé sur Internet une guesthouse qui nous semblait sympathique, et on s’est dits que ça ferait changement des auberges de jeunesse. On a donc marché dans les ruelles caillouteuses du quartier de Guerica avant de trouver le gîte en questions. En poussant la porte, on a découvert une cour intérieure pleine de vignes où régnait une ombre bienfaitrice! Notre hôte, Lorenç, un fumant personnage d’une cinquantaine d'années, nous a accueilli avec un large sourire. Après avoir déposé nos affaires dans notre magnifique chambre au plafond doté d’incroyables boiseries ouvragées (la maison, datant de l’époque ottomane, avait tout un cachet!), Lorenç a insisté pour nous préparer un café turc, le temps de discuter avec lui. Tout en buvant son café et son vin maison, il s’est mis à philosopher longuement sur la vie avec nous, puis, s’arrêtant subitement, nous a dit: « je vais vous mettre le CD où je chante ». Sitôt dit, sitôt fait: on a eu droit à un florilèges de chansons d’opéra interprétées par la voix incertaine et un peu fausse de Lorenç! Pour compléter le tout, il s’est ensuite mis à chanter lui-même haha! Bref, un drôle de bonhomme! 

Avec tout ça, on n’avait toujours pas dîné. On a donc remarché vers le centre où on a mangé dans un délicieux petit resto familial. Au menu: mish turli (un genre de ragoût de viande et de légumes), une soupe à la viande et un burek (bien meilleur que celui de Shkodra)! En plus, la madame nous a amené deux verres de kampot aux fruits (un genre de jus sucré)! Une fois rassasiés, on a replongé dans la fournaise extérieure et on s’est promenés un moment dans les petites rues du coin. Puis, on a lentement gravi la route de pierre qui menait vers le château. On a pris ça mollo en raison de la chaleur disons!


Une fois rendus, on a contemplé les murs de l’enceinte, puis on est entrés à l’intérieur. Le chateau de Berat a la particularité d’être encore habité. En fait, il serait plus juste de dire que les maisons situées à l’intérieur des murs sont habitées, car les vieilles ruines de la forteresse ne le sont pas! On s’est promenés le long des murs et au hasard des petites ruelles. On était pratiquement les seuls touristes, et on a donc eu le chateau quasiment à nous seuls (si l’on exclut une touriste japonaise occupée à faire de la photo)! Ce fut donc une balade très agréable, que même le fait d’être assailli par une madame qui vendait des cartes postales n’a pas perturbé (elle devait s’ennuyer la pauvre, il n’y avait personne)!

Après un moment, Mémé s’est mise à surchauffer et on a dû faire une pause à l’ombre. Du haut des murailles où l’on se trouvait, on avait une vue extraordinaire sur la vallée! Le côté bucolique de l’endroit a été mis en évidence quand un paysan est débarqué avec sa vache pour la faire paître près de nous! Quand Mémé s’est de nouveau sentie d’attaque, on a poursuivi notre exploration, visitant de vieux monastères et églises le long des murailles en ruine, en prenant de nombreuses pauses. Après avoir erré dans de nombreuses ruelles, on a fait à nouveau une petite pause dans un petit café, question de boire un petit quelque chose de rafraîchissant. Compte tenu de la chaleur, on prenait notre temps! Après un temps, alors que l’après-midi tirait à sa fin, on est redescendus de notre balade zen au château pour revenir en ville. En chemin, on a vu des tortues dans les fourrés!


La chaleur étant tombée, on est revenus dans le centre pour découvrir une ville métamorphosée! Déserte à midi, l’artère piétonne principale était maintenant noire de monde! Enfants, personnes âgées, jeunes couples, bandes d’ados: tout le monde se retrouvait dehors pour profiter de la soirée et envahir les parcs et les rues! On a marché un peu vers la partie plus moderne de la ville, découvrant en chemin une belle église en face de laquelle des prêtres bavardaient. Mémé a craqué pour les nombreux papys tirés à quatre épingles, qui tiraient un plaisir évident à observer le va et vient constant des passants, assis sur des bancs!

La nuit tombait et il fallait revenir à la guesthouse, parce Lorenç nous avait préparé un souper! On a donc regagné le quartier de Guerica, en traversant la rivière (ce qui nous a permis d’avoir un joli coup d’oeil sur les « 1000 fenêtres » de Berat, désormais illuminées dans le crépuscule. De retour dans la cour envahie de vignes, Loernç nous a servi un super repas de poisson, viande fourrée au fromage, patates et légumes, le tout arrosé de vin maison! Décidément délicieux! La bande sonore de la soirée n’a pas été cette fois le répertoire d’opéra de Lorenç, mais bien les deux chats qui se battaient entre eux pour avoir nos déchets de poisson!


C’est repus et plutôt fatigués qu’on s’est ensuite couchés pas trop tard, sachant qu’on se réveillerait tôt le lendemain pour avoir le seul bus de la journée qui se rendait vers notre prochaine destination: Gjirokaster! 

À bientôt!

mercredi 26 août 2015

Tirana

Salut! C’est François qui reprend le flambeau pour vous décrire Tirana!

Ce matin-là, à l’auberge, on avait le déjeuner inclus, et on entendait bien en profiter (même si notre expérience du burek au fromage de Shkodra nous avait laissé un goût un peu amer). « Vous avez le choix entre omelette et pain doré » nous a dit le timide volontaire scandinave aux dreads blonds. Wow! Bon, en fait, les omelettes, c’était des oeufs brouillés, et le pain doré était une toast frite dans l’huile: on avait peut-être des attentes trop élevées haha!

Qu’est-ce qu’il y a à faire à Tirana? Tout le monde à qui on posait la question nous disait « Ah, faites le tour guidé de la ville, c’est gratuit et ça vous permet de tout voir en quelques heures! » Pourquoi pas? On s’est donc rendus sur la place centrale de Tirana. Comme toute capitale d'un ex-pays communiste qui se respecte, Tirana possède une place centrale massive flanquée d’immeubles imposants (imaginez la place Tiananmen, à Beijing, mais avec des arbres, du gazon, et beaucoup moins de smog). On a donc attendu notre guide au pied du musée national, en compagnie de la poignée de backpackers qui allait composer notre groupe. Et c’était parti pour un tour de 2h, avec un guide super sympathique qui parlait très bien anglais! Je vous résume ci-dessous les quelques endroits qu’on a visité:

- Place centrale: une visite à Tirana vous amènera inévitablement à voir l’immense mosaïque de l’histoire albanaise qui trône au sommet du musée national. On y voit toute l’histoire locale défiler, des Illyriens de l’Antiquité aux partisans communistes de la 2e guerre mondiale, sous forme d’immenses personnages colorés. En face, près de l’opéra, une statue équestre du héros national, Skanderbeu, trône au milieu d’un terre-plein gazonné. Janissaire ottoman d’origine albanaise ayant vécu au XVIe siècle, Skanderbeu est célèbre pour avoir mené une révolte contre les occupants ottomans et pour avoir réussi à préserver l’indépendance d’une partie de l’Albanie pendant environ 30 ans. Pas un mince exploit pour une bande de rebelles mal organisés, sachant qu’à l’époque, l’armée ottomane était l’une des plus puissantes du monde!

- La vieille mosquée ottomane: au sud de la place centrale se trouve l’un des rares vieux bâtiments de Tirana, une vieille mosquée. Ici, les mosquées sont doublées de hautes tours au sommet desquelles est installée une horloge. Raison: il fallait bien connaître l’heure de la prière! À une époque où personne n’avait de montre, l’horloge publique remplissait ce rôle social bien utile. On a pu monter dans la tour et avoir une vue plus aérienne de la place centrale de Tirana. C’est aussi à ce moment qu’on a commencé à trouver lourd l’un des backpackers australiens de notre petit groupe, un espèce de jeune yo histrionique avec un sac banane (fashion faux pas detected) qui gossait tout le monde à force de toujours interrompre le guide pour donner son inintéressant et simpliste point de vue sur les différents sujets abordés au cours de la visite! Ahlalala…

- En quittant la place centrale, on a zigzagué entre les bâtiments italiens bâtis par le régime de Mussolini (!) et qui abritent aujourd’hui les ministères. Le fait que les Italiens aient construit ces édifices n’est pas anodin. Au moment de leur construction (années 1930), l’Albanie était un pays indépendant, sous la gouverne d’un roi auto-proclamé, Zog 1er. Toutefois, le régime fasciste italien percevait l’Albanie comme une zone stratégique. L’influence italienne, qui allait en grandissant, a finalement atteint son paroxysme quand l’Italie a tout bonnement envahi le pays en 1939… recouvrant du même coup les infrastructures qu’elle y avait elle-même construit. Un bon retour sur investissement… qui ne dura qu’un temps, car les Italiens furent chassés d’Albanie en 1943, peu de temps après la capitulation de l’Italie lors de la 2e guerre mondiale.

- On a ensuite fait un tour sur une rue piétonne ombragée, s’arrêtant en face de ce qui fut jadis le chateau de Tirana (et qui aujourd’hui n’est guère plus qu’un vieux mur). La suite allait être amusante: on s’est retrouvés sur l’avenue George W. Bush. Oui, elle a été nommée en l’honneur de ce président américain que d’aucuns considèrent comme étant l’un des plus mauvais de l’histoire récente des États-Unis. Pourquoi diable choisirait-on de nommer une rue en l’honneur d’un personnage aussi peu enthousiasmant, et pourquoi l’avoir fait en Albanie?? Réponse: après avoir rejeté le communisme au début des années 1990, l’Albanie s’est pris d’un amour indéfectible pour les États-Unis, qui représentaient (et représentent encore pour eux) la liberté et les opportunités dont il avaient été privés si longtemps. Si bien que, quand les États-Unis ont décidé en 2001 d’envahir l’Irak et de recruter des alliés internationaux pour rendre « multilatérale » leur aventure militaire controversée, les Albanais n’ont fait ni une ni deux et ont été parmi les premiers pays à appuyer les Américains dans leur projet d'invasion (au sein d’une coalition d’une quarantaine de pays qui, outre les USA et le Royaume-Uni, était surtout composée de petits États au poids militaire insignifiant, voire ne disposant pas d'armée). Ainsi, des soldats albanais ont combattu (et sont morts) en Irak. Reconnaissant l’appui inconditionnel de leur allié albanais, George W. Bush a eu la bonne idée d’effectuer une visite officielle en Albanie en 2004. Aux dires de notre guide, l’effet de cette visite sur la population albanaise n’a pas été loin d’être orgasmique. Le pays entier était en liesse, envahi d’une fierté sans bornes face à l’honneur que leur puissant ami américain leur faisait, et des foules immenses ont été saluer le président américain à Tirana. Détesté partout ailleurs dans le monde, George W. Bush est donc vu très positivement en Albanie, au point où l’une de leurs rues principales est nommée en son honneur!

- Un passage devant le Parlement albanais fut ensuite l’occasion de discuter de l’autre grand rêve collectif de l’Albanie: rejoindre l’Union européenne. Oui, malgré la crise grecque, l’UE exerce encore un fort attrait pour les Albanais (qui ne manquent d’ailleurs pas de faire flotter à qui mieux mieux le drapeau de l’Union un peu partout, même s’ils n’en sont pas membres). L’Albanie espère pouvoir être un candidat officiel bientôt. On doit saluer l’optimisme national, mais on s’entend qu’on est encore loin du compte (et on ne parle même pas d’être membre plein et entier). En effet, malgré des efforts indéniables, l’économie du pays est à des années-lumières de celles de pays comme la Bulgarie ou la Roumanie (ne parlons même pas de l’Europe de l’Ouest) et la corruption gangrène tout, du monde des affaires à la politique en passant par les services aux citoyens. La démocratie est encore un concept nouveau, et les dérapages sont légion. Bref, peut-être que l’Albanie finira par entrer dans l’Union un jour, mais certainement pas tout de suite…

- Sur le chemin, on a ensuite visité le petit pont ottoman dit « des tanneurs », un autre rare vestige de l’époque pré-communiste. Ensuite, on a longé la rivière, un filet d’eau bien brun et fétide canalisé à la communiste au centre d’une étendue de gazon.  Notre prochain arrêt fut la cathédrale catholique moderne où une immense murale en coquillage représentant Mère Teresa (qui d’autre?) nous attendait. 

- Tout séjour à Tirana ne saurait être complet sans un passage à la pyramide, une structure affreuse en béton trônant dans un parc. Aujourd’hui désaffecté et couvert de graffitis, l’endroit a été un mausolée et un musée consacrée à Enver Hoxha, le dictateur communiste, une fois celui-ci décédé. À l’époque, les visites étaient fortement recommandées aux citoyens albanais qui ne voulaient pas avoir de problèmes... À la chute du communisme, on a transformé le tout en centre de foires, mais l’endroit était tellement unanimement détesté qu’on a fini par placarder l’immeuble en promettant de le détruire (ce qui n’est toujours pas fait). On peut monter le long des axes  de béton très à pic pour atteindre le sommet, ce qu’on a fait pour avoir à nouveau une vue de Tirana! En face de la pyramide se trouve la cloche de la paix. Celle-ci a été fondue à partir de milliers de douilles de balles de fusils récoltées après les troubles de 1997 qui ont mis le pays à feu et à sang. Ces événements sont d’ailleurs particulièrement tristes. Après le communisme, profitant de l’ignorance des Albanais au sujet du système financier, des arnaqueurs ont incité de très nombreux petits investisseurs à acheter de fausses actions en leur promettant des rendements faramineux. Des Albanais ordinaires ont investi leurs épargnes, parfois celles de toute une vie, dans ce qui s’est finalement révélé un vulgaire système pyramidal. Quand la supercherie a été éventée et qu'il est devenu évident que les épargnants ne reverraient jamais leur argent, le pays est devenu fou de rage et ivre de désespoir. Cherchant un bouc émissaire pour leurs malheurs, les citoyens ont accusé leur gouvernement de laxisme. Des émeutes ont éclaté et se sont muées en chaos. Débordées par l’ampleur des révoltes, les forces de l’ordre n’ont pas pu contenir la fureur populaire. Des bâtiments publics ont été incendiés, et les bases militaires prises d'assaut. Avec les armes volées aux militaires, des bandes armées ont pillé les commerces et utilisé leurs fusils contre leurs concitoyens. Quand l’ordre est finalement revenu après un changement de gouvernement, des milliers de personnes étaient mortes et une vague d’incompréhension et de honte s’est abattue sur le pays, les gens réalisant avec peine ce qu’ils avaient fait. C’est en souvenir de ces événements tragiques que la cloche a été fondue… 

- Par la suite, on a fait une petite balade dans un parc, où figurent un bunker et un monument aux victimes du communisme. Et puis, on est entrés dans Blloku. Sous le régime communiste, Blloku était le quartier des apparatchiks et des hauts placés du gouvernement. L’endroit était strictement interdit d’accès aux citoyens ordinaires et était gardé par des soldats en armes. On y retrouvait la villa d’Enver Hoxha, qu’on peut encore voir aujourd’hui. De nos jours, Blloku s’est complètement métamorphosé et est devenu l’endroit le plus branché en ville. On y trouve des bars et cafés à la mode (chers, naturellement) et de nombreux bons restaurants. Soulignons également la présence "d’Albanian Fried Chicken (AFC) », un fast-food dont le nom et le logo ressemblaient étrangement à ceux d’une marque connue de restauration rapide...

- Notre dernier arrêt fut la cathédrale orthodoxe de la ville, de construction récente elle aussi (n’oublions pas que les religions étaient interdites sous le communisme). « Coudonc » , vous dites-vous peut-être, «  Tirana compte une mosquée, un cathédrale catholique et une cathédrale orthodoxe. Et tout ce beau monde vit bien ensemble? » Eh bien, oui. Il n’y a pas de tensions interreligieuses en Albanie, contrairement à ce qui existe ailleurs dans les Balkans (en Bosnie, par exemple). D’ailleurs, l’une des premières visites à l’étranger du pape François fut en Albanie, en 2014. Inutile de dire que le pays était à nouveau submergé de bonheur: c’était la première visite d’un pape au pays depuis l’existence de l’Albanie! Comme si ce n’était pas assez, le pape a indiqué avoir choisi l’Albanie pour vanter les mérites d’une cohabitation pacifique entre plusieurs religions!

Notre visite a pris fin à la place centrale. En 2h, nous avions vu l’essentiel de Tirana! Notre guide nous a par la suite invités à poursuivre la discussion autour d’un café, ce qu’on a fait. Mémé était bien malheureuse par contre d’être assise à côté du backpacker australien gossant au sac banane, parce que celui-ci fumait clope sur clope! Quand elle lui a fait savoir que sa fumée la dérangeait, il a vu ça comme un bon prétexte d’approche, s’est mis à discuter avec elle et lui a demandé de l’ajouter sur Facebook! Inutile de dire que ce n’était pas une bonne technique… et qu’aujourd'hui M. Banane n’est toujours pas l’ami Facebook de Mémé haha! 

On avait faim, alors, en compagnie de deux Suédois du groupe et d’une Singapourienne, on a été mangé un gyros dans un petit resto tout près. « Ce sont les meilleurs de Tirana », nous a assuré le patron, « parce que je suis Grec! » haha! Après, on a erré avec les Suédois dans un marché en plein air. Mémé s’est fait répondre en français par une vendeuse de vêtements! Et dire qu’on a de la difficulté à se faire servir en français quand on passe les douanes canadiennes partout ailleurs qu’au Québec…

Il faisait chaud, alors quand on a vu le stand à gelato un peu plus loin sur la rue on n’a pas hésité! Mémé s’est même resservie 2 fois! On s’entend qu’à 25 cents la boule… on pouvait se le permettre! Au détour de quelques rues, on est revenus sur la place centrale et on a jeté un coup d’oeil à l’opéra pour voir si, par hasard, il n’y aurait pas quelque chose qu’on pourrait aller voir ce soir-là (musique, danse, opéra, théâtre, on était ben ouverts). Eh bien non, c’était fermé aujourd'hui. On ne comprend pas: en 5 ans de voyages ensemble, du Vietnam au Brésil en passant par l’Ouzbékistan, on a JAMAIS eu de chance avec les opéras! Où qu’on aille, c’était systématiquement fermé, que ce soit pour l’été, pour des travaux, ou simplement parce qu’on était là la mauvaise journée. Pourtant, ces places-là offrent très souvent des performances artistiques d’excellente qualité pour une bouchée de pain. Très frustrant! 

Après un petit passage dans la librairie anglophone voisine, on a quitté notre ilôt de climatisation pour prendre le bus vers le téléphérique, l’autre grosse attraction de Tirana. À Tirana, prendre le bus est un acte de foi. Non pas que la qualité des bus soit plus médiocre qu’ailleurs dans les pays du tiers monde, ou que la ville ne soit particulièrement étendue ou dotée d’un urbanisme complexe. En fait, le problème tient surtout au fait que les destinations indiquées sur les bus sont franchement opaques. Pour aller au téléférique, on devait prendre un bus marqué « Porcelani ». Or, seul quelqu’un qui a grandi à Tirana (ou qui a demandé à quelqu’un, comme nous) peut savoir que « Porcelani » fait référence à une ancienne fabrique de céramique située non loin du téléphérique!

Le bus nous a laissés à une fourche au milieu de rien, dans la banlieue de Tirana. Aucune trace du téléphérique. Avisant une dame de l’autre côté de la rue, on lui a demandé notre chemin en anglais. Et celle-ci de nous répondre dans un bon anglais qu’elle sera heureuse de nous aider et que son mari et elle se dirigent justement du bon côté! On a rapidement appris qu’elle avait vécu longtemps à New York, et que son mari possédait un petit casino qui était son gagne-pain. « Ce n’est pas bien de faire de l’argent sur le dos des gens, mais il faut bien vivre! » a-t-il laissé tomber avec un demi-sourire! Ils nous ont indiqué la bonne rue puis on les a quittés après une bonne poignée de mains. 100 points pour l’Albanie et ses sympathiques habitants! 

Après avoir acheté des poires et des cerises, on a marché sur la rue. Un groupe de papys qui jouaient aux échecs a tenu à faire savoir à Mémé qu’elle était jolie dans un anglais châtié (« I love you! »), puis on est arrivés au fameux téléphérique, lequel était désert. Et on a alors eu le dialogue suivant avec la guichetière bête:

François et Mémé: How much is it?
Guichetière : 800 leks.
F + M: How much is it per person?
Guichetière: 800 leks.
F + M: Is there a student price?
Guichetière: 800 leks.
F + M: No, I mean, is there a student price?
Guichetière: 800 leks.
F + M: …

On a donc payé 800 leks et on est montés dans ce qui est, selon la pub. le plus long téléphérique des Balkans. C’est pas rien! :) Pour vrai, on a tout de même parcouru une bonne distance par-dessus les champs, les étangs et en montant au sommet de la montagne qui surplombe Tirana. On était déjà en rase campagne! Tirana n’est pas la ville la plus étendue disons! La vue était plutôt bucolique, mais, malheureusement, celle du sommet était plutôt obstruée par le smog. Toujours plaisant de se rendre compte qu’on respire toute cette saleté! À défaut de profiter pleinement de la vue, on a mangé nos cerises et nos poires. En haut, mis à part le chalet d’accueil, un resto, une base militaire (???) et des stands  de foire où gagner des toutous en tirant sur des affaires avec un gun à plomb, il n’y avait pas grand-chose à faire. On a fait le tour d’un vieil immeuble communiste à l’abandon (mais visiblement squatté par de pauvres hères) avant de marcher un peu sur la petite route sous les arbres, en croisant un bunker de temps à autre. En revenant, on a attendu longuement notre téléphérique pour aucune raison apparente, puis on est finalement redescendus. En chemin, Mémé a craqué pour des chiots puis on a pris un bus au hasard vers une destination qu’on estimait être pas trop loin de notre hostel (impossible d’être sûrs toutefois, voir commentaire plus haut sur les bus). Heureusement, l’autobus nous a débarqués pas trop loin et on est donc revenus sans encombres à l’auberge!

J’avais repéré un resto allemand dans Blloku en feuilletant le guide, et Mémé et moi étions tentés de l’essayer. On s’est donc dirigés vers le Blloku by night (il était déjà 21h), où régnait définitivement un ambiance de party! Le repas au Berlin était très bon: j’ai pu manger un bon schnitzel, Mémé des pâtes au gorgonzola et on s’est gâtés avec du vin albanais. À bien y penser, ce n’était pas tellement un repas allemand, mais c’était bon quand même! J’ai eu une belle expérience culturelle dans les toilettes, alors que j’y ai découvert un client qui y fumait allègrement alors que c’était défendu… 

De retour vers l’hostel, on a traversé le parc Taiwan (ainsi nommé en l’honneur d’un bâtiment affreux qui aurait appartenu à une compagnie taïwanaise). Il y avait foule (comme partout dans les Balkans, les gens sortent le soir, fuyant la chaleur du jour), et un groupe de musique en plein air jouait. Les gens l’écoutaient cependant de très loin, ce qui était un peu bizarre, mais bon… De retour à l’auberge, on est allés se coucher (après un peu de blog). Un gros gars dégueulasse occupait cependant la couchette sous la mienne et immédiatement adjacente à celle de Mémé. Gros, en bobettes couvrant mal sa craque de fesses et visiblement intoxiqué, il ronflait avec la force du désespoir en aspirant beaucoup de morve à chaque inspiration. Du bonheur pour les oreilles et pour les yeux. C’est ça aussi, dormir en auberge de jeunesse!

À bientôt!

François