Salut! C'est François qui écrit!
Après un déjeuner de gruau agrémenté des figues de la veille, on s'est dirigés vers la vieille ville pour explorer Ulcinj. Ulcinj est une ville où la majorité des habitants est d'origine albanaise, et le feeling est donc différent du reste du Montenegro. On y trouve de vieilles mosquées, une vieille ville et - bien sûr - des plages. On a d'abord visité la vieille ville, épargnée (pour l'instant) par le tourisme de masse et ses boutiques, puis on a longé la plage principale. Notre but de la journée était cependant de se rendre à une autre plage ("Long Beach"), situé à 5 km du centre. Et attention: cette plage-là était constituée non pas de galets mais bien de sable, une rareté ici!
Pour s'y rendre, la proprio de l'hostel nous avait suggéré de suivre le sentier qui longeait la côte (et qui n'était pas indiqué dans le Lonely Planet, décidément peu renseigné sur la région). On a donc marché pendant une heure sous les pins, le long de petits caps et baies baignés par une mer couleur d'azur (je sais, la vie n'est pas facile). Chemin faisant, on s'est arrêtés par deux fois pour observer des tortues! Et de grosses tortues, environ larges comme une assiette! On a aussi vu plusieurs lézards, mais c'est un peu moins cute que les tortues!
Quand on est finalement arrivés à la longue plage, le temps maussade s'était installé et il menaçait de pleuvoir. Tant mieux: il y avait donc moins de monde! On s'est installés sous un parasol, et on a grignoté les quelques cochonneries qu'on avait acheté pour l'occasion. Bon, ce n'était pas nécessairement la meilleure journée pour aller à la plage (au bout d'un moment, Mémé s'est emmitouflée dans sa serviette car le vent la frigorifiait), mais on en a tout de même profité un peu! Mémé a beaucoup aimé regarder la fille qui se faisait photographier en prenant des poses quétaines sur la plage près de nous! Au bout d'une heure, la pluie a cependant eu raison de nous et nous nous sommes décidés à lever le camp.
Après une petite marche sur la plage (sous la pluie), on est revenus vers Ulcinj via la grande route. Pour une fois, l'info touristique a été utile, en nous indiquant le chemin à prendre pour revenir! En ville, on a éventuellement croisé le monument dédié à Mère Teresa, ce qui ne laisse plus aucun doute sur le fait que la majorité des habitants sont ethniquement albanais! En effet, en dépit du fait qu'elle ne soit pas née en Albanie et n'y a mis les pieds qu'en 1991, Mère Teresa (Nënë Teresa en albanais) est ethniquement albanaise, et est à ce titre l'une des plus grandes fiertés du pays. D'ailleurs, on croisera plein d'autres statues et monuments dédiées à la célèbre religieuse lors de notre passage en Albanie. Sur la même place d'Ulcinj où se trouve la statue figure également une plaque commémorative, offerte aux citoyens d'Ulcinj par le Kosovo voisin pour saluer la générosité de la ville envers les réfugiés kosovars qui fuyaient la guerre, en 1999. C'est assez fou de penser que ces événements ont eu lieu il y a à peine 16 ans! La veille, on avait aussi discuté avec le chum de la proprio de l'hostel des années où la Yougoslavie était en guerre civile (1993-1995). Ce dernier avait fui le pays afin d'éviter d'être conscrit dans l'armée, une décision qui lui a peut-être sauvé la vie! Quant à la proprio, elle se souvenait du difficile rationnement (de nourriture) imposé aux citoyens serbes lors du conflit de 1999 avec le Kosovo (le Montenegro était alors intégré à la Serbie, et l'Occident avait imposé un blocus économique sur le pays, dont l'armée commettait des exactions contre les Kosovars). Sa mère envoyait ses filles (dont notre proprio) à différents points de rationnement dans la ville où ils vivaient, afin qu'ils puissent avoir davantage que la maigre quantité de nourriture qu'on leur octroyait! C'était très intéressant d'entendre ce point de vue et de mettre un visage sur les victimes collatérales de ces conflits. D'autant plus qu'il est important de pouvoir faire la différence entre le gouvernement serbe de 1999 sous Milosevic et son armée, coupables d'une politique de nettoyage ethnique envers les Kosovars dépeinte en Occident comme criminelles (à juste titre), et les citoyens ordinaires (en particulier ceux qui ne se sentaient pas tout à fait serbes, dont les Monténégrins) qui subissaient les conséquences de ces actes répréhensifs. En tout cas, le mordu d'histoire que je suis était vraiment passionné par ces récits!
De retour à l'hostel, on a été heureux de constater que nos vêtements, que Mémé avait mis à sécher sur le toit, n'avaient pas été mouillés à nouveau par la pluie parce que la proprio avait pris la peine les enlever! Merci! On a ensuite discuté un peu avec d'autres touristes, puis on est partis dîner. En chemin, on a croisé une portée de plusieurs chatons qui n'ont pas manqué de ravir Mémé!
La proprio nous avait recommandé un resto typique et pas cher, où on a pu déguster des poivrons farcis et des bines avec de la viande (bon, le second plat n'a pas l'air très bon comme ça, mais c'était réellement délicieux). Une fois rassasiés, on est revenus à l'hostel ramasser nos affaires et faire nos adieux, puis on est partis vers la gare. Direction: Shkodra, la grande ville du nord de l'Albanie! Après environ une heure de trajet à travers la campagne dans un vieux bus surchauffé par le soleil, on est arrivés à la frontière. Comme c'est apparemment la norme ici quand on traverse une frontière en bus, on a fait comme tous les passagers et on a remis nos passeports au chauffeur. Seul ce dernier va voir le douanier, qui normalement étampe le tout. Lorsque nous avons eux à nouveau nos précieux documents, une fois la frontière franchie, on a eu la surprise de constater que l'on n'avait pas d'étampes de sortie du Montenegro (pas très grave) mais aussi d'entrée en Albanie (peut-être plus grave, car ça pouvait potentiellement entraîner des problèmes à la sortie). Le chauffeur a eu tôt fait de nous dire de ne pas nous en faire, en nous disant que tout était dans l'ordi des douanes. Ah bon... (finalement, il n'y a eu aucun stress à la sortie du pays!)
C'est le moment de vous faire un bilan de nos impressions du Montenegro! En gros, c'est un bien beau pays, relativement peu dispendieux (pour l'Europe), peuplé de gens très aimables et ayant une cuisine excellente. Malheureusement, ce tableau est obscurci par le fait que le Montenegro est très touristique pour ce qui est de certains de ses plus beaux attraits (baie de Kotor et côte adriatique). Mémé a donc été déçue dans la mesure où elle espérait un pays moins foulé par le tourisme de masse. Pour ma part, malgré les touristes, je pense que le Montenegro est tout de même une destination à découvrir, ne serait-ce que pour les magnifiques baie de Kotor et lac de Skadar, que je recommande chaudement!
Une heure après avoir passé les douanes, nous parvenions à Shkodra. La première chose qui accueille le visiteur ici est l'imposant château qui domine le sud de la ville du haut de sa butte! Ledit visiteur qui arrive en bus du Montenegro est ensuite déposé à l'un des rond-points principaux de la ville. Pourquoi pas à la gare? Simple: en Albanie, les gares routières n'existent. Pourquoi? Sait pas. C'est comme ça. Les bus partent de différents endroits dans les villes pour différentes destinations, sans logique évidente. Malgré tout, on arrive quand même à s'y retrouver. Cela dit, c'est quand même plus facile avec une gare!
En sortant du bus, donc, on a erré un moment en cherchant un hostel. Un gars, du genre backpacker volontaire qui travaille dans un hostel, a tenté de nous convaincre de le suivre vers son auberge, mais il n'était pas trop vendeur... Après quelques égarements et après avoir marché sur la belle rue piétonne du centre historique, on a finalement trouvé Wanderers Hostel, une petite maison ottomane rénovée avec un petit jardin. Une fois nos affaires déposées et après avoir retiré de l'argent (la monnaie albanaise est le lek), on est allés se balader un peu en ville, profitant de la fraîcheur relative de la fin du jour. Dans les Balkans, ce moment de la journée est toujours le plus animé, sachant que les rues sont mortes entre midi et 16h, alors que la chaleur accable tout! Jeunes, familles avec enfants et personnes âgées revêtues de leurs plus beaux habits sortent tous dehors pour une promenade du soir!
Notre promenade, de la cathédrale à la mosquée, nous a menés à travers deux mondes, soit les rues mignonnes bordées de jolies maisons ottomanes et les grandes avenues bordés de bâtiments dans le plus pur style stalinien. Il y avait également eu des élections législatives récemment, et toutes les rues de la villes arboraient des fanions colorés. Ça faisait davantage penser à des décorations festives qu'à des publicités électorales: on devrait peut-être adopter ce style-là chez nous! Au fil de notre balade, on s'est bien rendus compte que l'Albanie est plus pauvre que son voisin monténégrin, bien que certaines villas poussent çà et là et qu'on aperçoit fréquemment des voitures de luxe (les mauvaises langues diront que ces signes extérieurs de richesse peuvent être rattachés à la mafia, très présente en Albanie, et il serait difficile de leur donner entièrement tort). Cela dit, on a immédiatement aimé l'atmosphère de cette ville sans prétention, amicale et joyeusement bordélique, où on s'est tout de suite sentis bien. C'est un sentiment dont l'origine est difficile à expliquer: certaines villes nous donnent cette impression, d'autres non!
On a soupé sur la petite rue piétonne que j'ai évoqué plus haut, sur une terrasse qui nous donnait l'occasion d'observer la faune urbaine qui se déployait en grand nombre près de nous. Premier constat frappant: ici, il y a beaucoup de "bromance", ou si vous préférez de manifestations physiques de l'amitié qu'un gars porte à un autre. Ici, les gars touchent les cheveux de leurs amis, leur prennent l'épaule, le bras, etc.! Ce n'est visiblement pas une manifestation d'homosexualité (encore difficilement acceptée dans ce pays tout de même conservateur), et c'est un peu déconcertant pour les Nord-Américains que nous sommes, habitués à peu toucher les autres (notamment entre hommes)! Parlant de gars: ici, les gars (ceux qui sont jeunes, s'entend) ont tous la même coupe de cheveux, soit rasé-dégradé sur les côtés et plus long sur le dessus, stylisé avec du gel, et sont tous habillés de manière semblable. L'impression qui en découle est que tous les jeunes hommes sont métrosexuels! Enfin, dernière observation: ici, les jeunes se tiennent ensemble: filles avec filles, gars avec gars. Quand il y a des couples (rarement), ceux-ci ne se tiennent pas par la main et évitent généralement les contacts physiques! Amusant quand on sait que les contacts physiques sont généralisés entre individus de même sexe!
On a terminé nos pâtes et notre risotto (davantage un riz aux légumes qu'un risotto, mais bon) et on a remercié notre dévoué et sympathique serveur, dont le look le rapprochait cependant plus d'un gangster que d'un honorable garçon de café! Enfin, remercié, c'est vite dit: le mot albanais pour dire merci est très complexe! Contrairement aux autres langues où "merci" se limite à deux syllabes généralement simples à mémoriser, le « merci" albanais en compte 5: faleminderit (qu'on prononce "Fa-lem-dé-ritt") L'albanais n'a rien à voir avec le serbo-croate (d'ailleurs, ici, on utilise l'alphabet romain et non cyrillique), et nos premières tentatives d'utiliser le "Hvala" monténégrin se sont heurtés à une incompréhension comparable à celle qui aurait été la leur si on les avait remerciés en chinois! Puis on a remonté l'autre côté de la rue piétonne noire de monde à cette heure nocturne (22h, oui ici tout le monde soupe tard), nous permettant de voir le Shkodra-by-night, très animé. À noter qu'outre le goût pour les promenade de soir, la vie albanaise tourne également autour des nombreux cafés bars qui sont le lieu de prédilection de tout le monde, jeunes et vieux. Ces établissements avec terrasses et petites tables, où on déguste un café turc ou une bière nationale (Tirana, Korça ou Kaon), pullulent dans toutes les villes et jusque dans les plus petits villages albanais. Ils sont toujours pleins, en particulier le soir, au point où on n'ose se demander quel pourcentage du salaire des gens est consacré aux cafés! Malgré cette manifestation de vie résolument urbaine, un détail nous a cependant rappelé que le pays demeure très rural quand on a vu un cavalier galoper avec sa monture à l'un des grands ronds-point de la ville!
De retour à l'hostel, on a préparé nos affaires en vue des prochains jours où on explorerait les Alpes albanaises! À bientôt donc pour la suite de notre séjour dans les "Montagnes maudites" du Nord albanais!
dimanche 12 juillet 2015
Ulcinj et un premier aperçu de l'Albanie
samedi 11 juillet 2015
En route vers Ulcinj
Salut! Inutile de vous dire c'est encore François au clavier!
Ce matin-là, on a tranquillement déjeuné sur le balcon de la cuisine de notre hôtel de Virpazar, avec vue sur les montagnes... et la grande route, mais bon, rien n'est parfait! On a ensuite ramassé nos affaires et on a bravé les voitures circulant à haute vitesse en marchant le long de la route principale pour rejoindre la gare du village, bizarrement située à environ 1km hors de Virpazar. Parce que oui, on prenait le train pour revenir à Bar! Inutile de vous dire que j'étais très content! On devait être à 5 minutes de la station quand on a entendu un sifflement derrière nous et aperçu le train qui s'en venait! On a alors couru comme des fous pour l'attraper... seulement pour se faire dire par la chef de gare que celui-là ne s'arrêtait pas à Virpazar! Finalement, notre tout petit train (3 wagons) est arrivé 20 minutes plus tard.
Et c'était parti pour notre seule balade en train du voyage (dans les Balkans, s'entend)! Verdict: les trains monténégrins sont très corrects. Et pour le prix, difficile de se plaindre: 1 euro pour 30 minutes! C'était même moins cher que ce qu'indiquait le guide! D'ailleurs, on a observé à plusieurs reprises qu'au lieu d'avoir augmenté comme on peut normalement s'y attendre en raison de l'inflation, les coûts des transports au Montenegro avaient mystérieusement baissé... Pas de beaucoup (1 euro ou moins), mais dans un pays ou un trajet d'une heure de bus coûte 4 euros, ça fait tout de même une (agréable) différence! Assis en face de nous, deux jeunes ados qui allaient à la plage se sont faits un devoir de nous indiquer à quelle gare descendre (même si on allait au terminus)! On vous a déjà dit à quel point les Monténégrins sont gentils?
Une fois à Bar, on a fait comprendre à la madame qu'on voulait laisser nos bagages en consigne. On a accompagné une employée dans les couloirs sentant la cigarette froide où on a laissé nos gros sacs. On l'a remercié en monténégrin (Hvala!), le seul mot qu'on a réussi à apprendre durant notre séjour. Comme partout, dire un petit mot dans la langue locale déclenche automatiquement des sourires1
Puis, on s'est rendus à l'info touristique de la gare afin de savoir comment se rendre à notre prochaine destination. Objectif: aller à Stari Bar, une vieille ville en ruines surplombant l'actuelle ville de Bar et attraction principale du coin. On pouvait donc raisonnablement espérer que l'information touristique puisse nous dire où exactement prendre le bus, et à quelle heure celui-ci passait. "Oui, c'est facile, vous n'avez qu'à prendre le bus à l'autre bout de la ville. C'est environ à 30 minutes de marche" Bon. On a donc marché dans la moche ville de Bar, à des lieues de la beauté de Kotor! En chemin, on s'est arrêtés dans un marché pour acheter des fruits, notamment des cerises locales délicieuses qui ne coûtent presque rien! La vendeuse aussi tenu à ce que nous achetions des figues, et comme c'est bon et pas cher, on n'a pas trop rouspété!
Une fois à l'arrêt à l'autre bout de la ville, on a encore attendu 20 minutes avant que le bus n'arrive. Quand on a demandé s'il allait à Stari Bar, le gars qui récolte l'argent et vend les billets (il y a toujours quelqu'un qui fait ça dans les bus du Montenegro et de l'Albanie, comme dans bien d'autres pays du Tiers Monde) nous a dit qu'il fallait prendre le bus dans l'autre sens! Heureusement, on a pu sortir et courir pour attraper le bus qui venait en sens inverse! Une fois à bord, j'ai commencé à réaliser que nous revenions sur nos pas et que le bus faisait le chemin que nous avions marché un peu plus tôt à partir de la gare! Bientôt, on était rendus au centre-ville, puis au rond-point duquel partait la route vers la gare, puis à la gare de train et enfin... à la gare de bus! On pouvait prendre l'autobus en face de la gare de bus, et la madame de l'information touristique nous a fait revirer à l'autre bout de la ville pour qu'on en revienne au même point!!! Et en plus, elle nous avait indiqué le mauvais arrêt, celui du bus allant dans la mauvaise direction! Comment peut-on être aussi mal informé quand on travaille à l'information touristique, surtout quand ça concerne le plus gros attrait de la région? Ahalalala!
Enfin, on a tout de même réussi à se rendre, bien qu'à l'évidence le trajet n'ait pas été optimal. Et pas juste en terme de temps: le circuit qu'empruntait l'autobus n'avait visiblement pas été prévu pour les bus, et ce dernier a dû reculer à plusieurs reprises pou franchir certains tournants trop raides! Une fois sur place, on a gravi la petite route vers les ruines, laquelle était bordée de petits restos et de boutiques de souvenirs. Étrangement, pourtant, il y a avait peu de touristes, surtout en comparaison avec Kotor ou Budva! On a déambulé dans les ruines pendant un bon moment, sous le soleil cuisant, tout en prenant de bien soin de ne pas marcher sur un serpent par erreur... En effet, il y a quelques serpents venimeux au Montenegro, et le Lonely Planet indique qu'ils affectionnent particulièrement les ruines chauffées par le soleil! Heureusement, le guide se veut rassurant: après nous avoir mis en garde contre les vipères, il précise que les serpents d'eau sont inoffensifs. Ah bon?? Il y a des serpents dans l'eau??? Ça existe, ça, des serpents aquatiques? Heureusement pour nous, on n'a croisé que des lézards cette journée-là!
Après avoir visité l'ancien château, quelques églises, quelques tunnels lugubres et la tour de l'horloge, on s'est arrêtés un moment pour observer la vue (Stari Bar surplombe la vallée dans laquelle la ville de Bar est située), qui donnait notamment sur plusieurs mosquées. Au Montenegro, Bar marque la frontière entre les anciens empires ottoman et vénitien, et donc entre les influences musulmanes et chrétiennes. Alors que le pays au nord de Bar est majoritairement chrétien orthodoxe (en témoignent les nombreux églises et monastères), les mosquées apparaissent et les appels à la prière se font entendre à compter de Bar jusqu'à la frontière avec l'Albanie. Cela dit, comme aux Stans, l'islam pratiqué au Montenegro (et en Albanie d'ailleurs) est généralement très modéré. On a vu très peu de voiles, et visiblement la religion n'affecte pas la consommation d'alcool et de porc... À titre d'exemple, on avait beau être en plein ramadan, c'était complètement imperceptible!
On a ensuite été dîner près de Stari Bar, dans un petit resto où l'adolescent qui nous servait nous a assuré qu'on allait déguster "la meilleure viande du Montenegro"! C'était un peu grandiloquent comme pub, mais il faut avouer que les shashliks (morceaux de viande grillés comme aux Stans, les gros bouts de gras en moins) et les saucisses étaient très bonnes! À noter qu'ici la salade concombres-tomates-oignons crus est aussi prisée qu'aux Stans!
En revenant à l'arrêt de bus qui devait nous ramener à Bar, on a attendu un moment en compagnie d'un groupe de vieux Français qui, comme le veut l'usage, râlaient. Un bus devaient les ramener de Stari Bar à Petrovac (une station balnéaire plus au nord), mais voilà, il avait près de 45 minutes de retard et l'impatience gagnait tout le monde. En outre, l'une des Françaises avait un rendez-vous chez le masseur (!) qu'elle ne voulait pas rater, ce qu'elle ne manquait pas de répéter à tout vent! Tous argumentaient en même temps sans s'écouter, chacun ajoutant son grain de sel que tous ignoraient, et au final aucune décision n'était prise! Franchement, c'était extraordinaire! Cela dit, ils étaient bien sympathiques. On a entre autres eu la conversation suivante avec eux:
Française: Nous on voyage en groupe, on passe 3 semaines à Petrovac. On n'est pas au complet maintenant, on est 42 au total (42!!!!). Et vous, vous voyagez avec un groupe?
Nous: Non, on voyage les deux ensemble.
Française: Ah, mais vous faites un circuit organisé?
Nous: Non, on se débrouille tout seuls, avec un guide de voyage. On n'a presque rien réservé.
Française, sincèrement étonnée: Mais vous faites comment??
En tout cas, ils étaient bien drôles! On les a abandonnés quand notre bus est arrivé, avant que, soudainement, le groupe ne se décide également à prendre le même bus que nous! Une initiative avait finalement été prise! On leur avait dit qu'ils pourraient descendre au même arrêt que nous et qu'ils n'auraient qu'à marcher 2 minutes pour arriver à la gare de bus, d'où des autobus partaient fréquemment pour Petrovac. Naturellement, en raison de leur incapacité à prendre une décision rapide et unanime, personne n'est descendu à l'arrêt! Tout le monde nous envoyait la main, alors même que l'autobus poursuivait joyeusement son chemin vers l'autre bout de la ville! On avait fait de notre mieux pour les aider, mais on avait vraiment l'impression de les abandonner à leur sort! Heureusement, on les a retrouvés peu de temps après avoir récupéré nos sacs à la gare ferroviaire: ils avaient finalement descendus à la gare de bus, mais plus loin. Or, au lieu de prendre un bus, ils avaient décidé d'affréter des taxis pour les reconduire à Petrovac, ce qu'ils auraient aisément pu faire dès le début à partir de Stari Bar! Sérieusement, leur désorganisation était fascinante!
On a ensuite attendu notre bus vers Ulcinj, une petite station balnéaire à la frontière de l'Albanie où on comptait passer la nuit. Encore une fois, on a eu à attendre longtemps avant que notre bus n'arrive. Décidément, cette journée-là, nos transferts n'étaient pas efficaces! Une fois à Ulcinj, on s'est lancés à la recherche d'une auberge de jeunesse. Ce qui aurait dû être une opération simple s'est transformée en une quête fort complexe. D'abord, le Lonely Planet ne nous listait que des hôtels chers à Ulcinj, même si j'avais vu sur Internet qu'il y avait au moins un hostel en ville. Paranthèse: on constate que le LP s'est embourgeoisé depuis notre premier guide, en 2010, au Vietnam. Alors qu'à l'époque il listait beaucoup d'établissements bon marché, maintenant c'est peine si on en trouve un ou deux dans une longue liste d'hôtels de luxe. Aucun backpacker ne va d'emblée se loger pour 50 euros par personne, alors pourquoi mettre l'emphase là-dessus? Enfin... Notre recherche d'hostel a aussi été pénible en raison de l'absence totale d'aide fournie par l'info touristique de la gare. À la question "Y a-t-il une auberge de jeunesse dans la ville et si oui, comment peut-on s'y rendre?", on a eu droit à la réponse extraodinaire suivante: "Qu'est-ce que qu'un auberge de jeunesse?" Sérieusement??? Voyons donc!
On a donc longuement marché vers le centre de la ville, situé (naturellement, merci loi de Murphy) loin de la gare. Aucune trace d'un hostel. Beaucoup de touts ont bien tenté de nous amener dans leur hôtel en nous proposant des tarifs pas trop mal, mais on répugne toujours à suivre ces gens-là parce qu'on déteste cette méthode et qu'on ne sait pas sur quelle arnaque on peut tomber... Finalement, alors qu'on désespérait de trouver quelque chose un jour, on est allés consulter l'info touristique du centre-ville, sans vraiment y croire. Après de longues explications sur ce qu'était un hostel, le gars a fini par sortir d'une pile de papiers un flyer d'une auberge de jeunesse... située tout près de la gare, dont nous étions désormais loin. Munis de ces précieuses informations, on a finalement trouvé l'endroit, mais disons que ça n'a pas été sans mal!
Cela dit, ça en valait la peine: la proprio super gentille et très affable nous a avisés qu'on était invités à un BBQ gratuit le soir même à l'auberge! Elle nous a aussi énuméré tout ce qu'il y avait à faire à Ulcinj. Elle était bonne vendeuse et on s'est alors dit qu'on devait modifier l'heure de notre départ le lendemain vers l'Albanie pour en profiter un peu plus! En effet, on avait profité de notre passage à la gare pour acheter déjà nos billets... Nous, quand on a une journée difficile en matière de logistique de transport, on fait ça en grand! On a donc de nouveau pris le chemin de la gare, où un gars qui prenait un café m'a pris pour un Russe et où l'échange de billets a étonnement été facile! Ensuite, on est allés acheter de l'alcool à l'épicerie pour accompagner le BBQ. On a pris une bouteille de rouge Vranac, un cépage unique au Montenegro. Verdict: c'est très bon!
De retour à l'hostel, Mémé a fait du lavage alors que j'écrivais le blog (division sexuelle du travail!) On s'est ensuite mis à parler aux autres backpackers qui allaient partager le BBQ avec nous. Il y avait là un Anglais avec un fort accent du pays de Galles, un Belge flamand, une Roumaine, l'Anglais que nous avions rencontré à Budva et qui bitchait contre l'Albanie, et deux Allemands qui faisaient un tour d'Europe en deux semaines en auto (disons qu'ils conduisaient pas mal)! La proprio et son chum sont venus nous rejoindre et on a mangé un excellent souper de grillades de porc et de légumes grillés. L'atmosphère était vraiment géniale, on avait en fait l'impression d'être une grosse famille! Naturellement, on a eu droit à plusieurs rasades de raki maison, d'une bien meilleure qualité que celui qu'on nous avait servi à Budva! Ça a été l'occasion d'apprendre que l'hostel était ouvert depuis un mois à peine et que les proprios avaient travaillé d'arrache-pied pour en faire un endroit sympathique! Franchement, c'est réussi, et si vous passez par Ulcinj, on vous recommande chaudement le Pirate Hostel!
En soirée, peu avant qu'on aille dormir, la Roumaine et le Belge voulaient aller sortir sur une plage située un peu hors de la ville, accessible en voiture uniquement à cette heure. Pour leur éviter le taxi, le chum de la proprio a alors proposé d'aller les y conduire, à condition toutefois que les Allemands enlèvent leur voiture de l'entrée. On a alors eu droit à une scène fascinante, toute germanique, lorsque l'un des Allemands a dit, d'un ton très aimable mais catégorique, qu'il ne pourrait pas reculer sa voiture parce qu'il avait pris un verre de vin. "Question d'assurances", a-t-il ajouté, sans appel. L'affaire était close. Évidemment, on ne peut pas être contre la vertu, mais il ne s'agissait que de reculer la voiture dans une allée où personne ne circule, afin de permettre à deux personnes de s'épargner les coûts du taxi ! Au final, l'incident n'a fait aucune vagues mais cette rigueur dans l'application des règles n'a pas manqué de nous laisser perplexes!
Dans la prochaine entrée: un premier aperçu de l'Albanie! À bientôt!
Ce matin-là, on a tranquillement déjeuné sur le balcon de la cuisine de notre hôtel de Virpazar, avec vue sur les montagnes... et la grande route, mais bon, rien n'est parfait! On a ensuite ramassé nos affaires et on a bravé les voitures circulant à haute vitesse en marchant le long de la route principale pour rejoindre la gare du village, bizarrement située à environ 1km hors de Virpazar. Parce que oui, on prenait le train pour revenir à Bar! Inutile de vous dire que j'étais très content! On devait être à 5 minutes de la station quand on a entendu un sifflement derrière nous et aperçu le train qui s'en venait! On a alors couru comme des fous pour l'attraper... seulement pour se faire dire par la chef de gare que celui-là ne s'arrêtait pas à Virpazar! Finalement, notre tout petit train (3 wagons) est arrivé 20 minutes plus tard.
Et c'était parti pour notre seule balade en train du voyage (dans les Balkans, s'entend)! Verdict: les trains monténégrins sont très corrects. Et pour le prix, difficile de se plaindre: 1 euro pour 30 minutes! C'était même moins cher que ce qu'indiquait le guide! D'ailleurs, on a observé à plusieurs reprises qu'au lieu d'avoir augmenté comme on peut normalement s'y attendre en raison de l'inflation, les coûts des transports au Montenegro avaient mystérieusement baissé... Pas de beaucoup (1 euro ou moins), mais dans un pays ou un trajet d'une heure de bus coûte 4 euros, ça fait tout de même une (agréable) différence! Assis en face de nous, deux jeunes ados qui allaient à la plage se sont faits un devoir de nous indiquer à quelle gare descendre (même si on allait au terminus)! On vous a déjà dit à quel point les Monténégrins sont gentils?
Une fois à Bar, on a fait comprendre à la madame qu'on voulait laisser nos bagages en consigne. On a accompagné une employée dans les couloirs sentant la cigarette froide où on a laissé nos gros sacs. On l'a remercié en monténégrin (Hvala!), le seul mot qu'on a réussi à apprendre durant notre séjour. Comme partout, dire un petit mot dans la langue locale déclenche automatiquement des sourires1
Puis, on s'est rendus à l'info touristique de la gare afin de savoir comment se rendre à notre prochaine destination. Objectif: aller à Stari Bar, une vieille ville en ruines surplombant l'actuelle ville de Bar et attraction principale du coin. On pouvait donc raisonnablement espérer que l'information touristique puisse nous dire où exactement prendre le bus, et à quelle heure celui-ci passait. "Oui, c'est facile, vous n'avez qu'à prendre le bus à l'autre bout de la ville. C'est environ à 30 minutes de marche" Bon. On a donc marché dans la moche ville de Bar, à des lieues de la beauté de Kotor! En chemin, on s'est arrêtés dans un marché pour acheter des fruits, notamment des cerises locales délicieuses qui ne coûtent presque rien! La vendeuse aussi tenu à ce que nous achetions des figues, et comme c'est bon et pas cher, on n'a pas trop rouspété!
Une fois à l'arrêt à l'autre bout de la ville, on a encore attendu 20 minutes avant que le bus n'arrive. Quand on a demandé s'il allait à Stari Bar, le gars qui récolte l'argent et vend les billets (il y a toujours quelqu'un qui fait ça dans les bus du Montenegro et de l'Albanie, comme dans bien d'autres pays du Tiers Monde) nous a dit qu'il fallait prendre le bus dans l'autre sens! Heureusement, on a pu sortir et courir pour attraper le bus qui venait en sens inverse! Une fois à bord, j'ai commencé à réaliser que nous revenions sur nos pas et que le bus faisait le chemin que nous avions marché un peu plus tôt à partir de la gare! Bientôt, on était rendus au centre-ville, puis au rond-point duquel partait la route vers la gare, puis à la gare de train et enfin... à la gare de bus! On pouvait prendre l'autobus en face de la gare de bus, et la madame de l'information touristique nous a fait revirer à l'autre bout de la ville pour qu'on en revienne au même point!!! Et en plus, elle nous avait indiqué le mauvais arrêt, celui du bus allant dans la mauvaise direction! Comment peut-on être aussi mal informé quand on travaille à l'information touristique, surtout quand ça concerne le plus gros attrait de la région? Ahalalala!
Enfin, on a tout de même réussi à se rendre, bien qu'à l'évidence le trajet n'ait pas été optimal. Et pas juste en terme de temps: le circuit qu'empruntait l'autobus n'avait visiblement pas été prévu pour les bus, et ce dernier a dû reculer à plusieurs reprises pou franchir certains tournants trop raides! Une fois sur place, on a gravi la petite route vers les ruines, laquelle était bordée de petits restos et de boutiques de souvenirs. Étrangement, pourtant, il y a avait peu de touristes, surtout en comparaison avec Kotor ou Budva! On a déambulé dans les ruines pendant un bon moment, sous le soleil cuisant, tout en prenant de bien soin de ne pas marcher sur un serpent par erreur... En effet, il y a quelques serpents venimeux au Montenegro, et le Lonely Planet indique qu'ils affectionnent particulièrement les ruines chauffées par le soleil! Heureusement, le guide se veut rassurant: après nous avoir mis en garde contre les vipères, il précise que les serpents d'eau sont inoffensifs. Ah bon?? Il y a des serpents dans l'eau??? Ça existe, ça, des serpents aquatiques? Heureusement pour nous, on n'a croisé que des lézards cette journée-là!
Après avoir visité l'ancien château, quelques églises, quelques tunnels lugubres et la tour de l'horloge, on s'est arrêtés un moment pour observer la vue (Stari Bar surplombe la vallée dans laquelle la ville de Bar est située), qui donnait notamment sur plusieurs mosquées. Au Montenegro, Bar marque la frontière entre les anciens empires ottoman et vénitien, et donc entre les influences musulmanes et chrétiennes. Alors que le pays au nord de Bar est majoritairement chrétien orthodoxe (en témoignent les nombreux églises et monastères), les mosquées apparaissent et les appels à la prière se font entendre à compter de Bar jusqu'à la frontière avec l'Albanie. Cela dit, comme aux Stans, l'islam pratiqué au Montenegro (et en Albanie d'ailleurs) est généralement très modéré. On a vu très peu de voiles, et visiblement la religion n'affecte pas la consommation d'alcool et de porc... À titre d'exemple, on avait beau être en plein ramadan, c'était complètement imperceptible!
On a ensuite été dîner près de Stari Bar, dans un petit resto où l'adolescent qui nous servait nous a assuré qu'on allait déguster "la meilleure viande du Montenegro"! C'était un peu grandiloquent comme pub, mais il faut avouer que les shashliks (morceaux de viande grillés comme aux Stans, les gros bouts de gras en moins) et les saucisses étaient très bonnes! À noter qu'ici la salade concombres-tomates-oignons crus est aussi prisée qu'aux Stans!
En revenant à l'arrêt de bus qui devait nous ramener à Bar, on a attendu un moment en compagnie d'un groupe de vieux Français qui, comme le veut l'usage, râlaient. Un bus devaient les ramener de Stari Bar à Petrovac (une station balnéaire plus au nord), mais voilà, il avait près de 45 minutes de retard et l'impatience gagnait tout le monde. En outre, l'une des Françaises avait un rendez-vous chez le masseur (!) qu'elle ne voulait pas rater, ce qu'elle ne manquait pas de répéter à tout vent! Tous argumentaient en même temps sans s'écouter, chacun ajoutant son grain de sel que tous ignoraient, et au final aucune décision n'était prise! Franchement, c'était extraordinaire! Cela dit, ils étaient bien sympathiques. On a entre autres eu la conversation suivante avec eux:
Française: Nous on voyage en groupe, on passe 3 semaines à Petrovac. On n'est pas au complet maintenant, on est 42 au total (42!!!!). Et vous, vous voyagez avec un groupe?
Nous: Non, on voyage les deux ensemble.
Française: Ah, mais vous faites un circuit organisé?
Nous: Non, on se débrouille tout seuls, avec un guide de voyage. On n'a presque rien réservé.
Française, sincèrement étonnée: Mais vous faites comment??
En tout cas, ils étaient bien drôles! On les a abandonnés quand notre bus est arrivé, avant que, soudainement, le groupe ne se décide également à prendre le même bus que nous! Une initiative avait finalement été prise! On leur avait dit qu'ils pourraient descendre au même arrêt que nous et qu'ils n'auraient qu'à marcher 2 minutes pour arriver à la gare de bus, d'où des autobus partaient fréquemment pour Petrovac. Naturellement, en raison de leur incapacité à prendre une décision rapide et unanime, personne n'est descendu à l'arrêt! Tout le monde nous envoyait la main, alors même que l'autobus poursuivait joyeusement son chemin vers l'autre bout de la ville! On avait fait de notre mieux pour les aider, mais on avait vraiment l'impression de les abandonner à leur sort! Heureusement, on les a retrouvés peu de temps après avoir récupéré nos sacs à la gare ferroviaire: ils avaient finalement descendus à la gare de bus, mais plus loin. Or, au lieu de prendre un bus, ils avaient décidé d'affréter des taxis pour les reconduire à Petrovac, ce qu'ils auraient aisément pu faire dès le début à partir de Stari Bar! Sérieusement, leur désorganisation était fascinante!
On a ensuite attendu notre bus vers Ulcinj, une petite station balnéaire à la frontière de l'Albanie où on comptait passer la nuit. Encore une fois, on a eu à attendre longtemps avant que notre bus n'arrive. Décidément, cette journée-là, nos transferts n'étaient pas efficaces! Une fois à Ulcinj, on s'est lancés à la recherche d'une auberge de jeunesse. Ce qui aurait dû être une opération simple s'est transformée en une quête fort complexe. D'abord, le Lonely Planet ne nous listait que des hôtels chers à Ulcinj, même si j'avais vu sur Internet qu'il y avait au moins un hostel en ville. Paranthèse: on constate que le LP s'est embourgeoisé depuis notre premier guide, en 2010, au Vietnam. Alors qu'à l'époque il listait beaucoup d'établissements bon marché, maintenant c'est peine si on en trouve un ou deux dans une longue liste d'hôtels de luxe. Aucun backpacker ne va d'emblée se loger pour 50 euros par personne, alors pourquoi mettre l'emphase là-dessus? Enfin... Notre recherche d'hostel a aussi été pénible en raison de l'absence totale d'aide fournie par l'info touristique de la gare. À la question "Y a-t-il une auberge de jeunesse dans la ville et si oui, comment peut-on s'y rendre?", on a eu droit à la réponse extraodinaire suivante: "Qu'est-ce que qu'un auberge de jeunesse?" Sérieusement??? Voyons donc!
On a donc longuement marché vers le centre de la ville, situé (naturellement, merci loi de Murphy) loin de la gare. Aucune trace d'un hostel. Beaucoup de touts ont bien tenté de nous amener dans leur hôtel en nous proposant des tarifs pas trop mal, mais on répugne toujours à suivre ces gens-là parce qu'on déteste cette méthode et qu'on ne sait pas sur quelle arnaque on peut tomber... Finalement, alors qu'on désespérait de trouver quelque chose un jour, on est allés consulter l'info touristique du centre-ville, sans vraiment y croire. Après de longues explications sur ce qu'était un hostel, le gars a fini par sortir d'une pile de papiers un flyer d'une auberge de jeunesse... située tout près de la gare, dont nous étions désormais loin. Munis de ces précieuses informations, on a finalement trouvé l'endroit, mais disons que ça n'a pas été sans mal!
Cela dit, ça en valait la peine: la proprio super gentille et très affable nous a avisés qu'on était invités à un BBQ gratuit le soir même à l'auberge! Elle nous a aussi énuméré tout ce qu'il y avait à faire à Ulcinj. Elle était bonne vendeuse et on s'est alors dit qu'on devait modifier l'heure de notre départ le lendemain vers l'Albanie pour en profiter un peu plus! En effet, on avait profité de notre passage à la gare pour acheter déjà nos billets... Nous, quand on a une journée difficile en matière de logistique de transport, on fait ça en grand! On a donc de nouveau pris le chemin de la gare, où un gars qui prenait un café m'a pris pour un Russe et où l'échange de billets a étonnement été facile! Ensuite, on est allés acheter de l'alcool à l'épicerie pour accompagner le BBQ. On a pris une bouteille de rouge Vranac, un cépage unique au Montenegro. Verdict: c'est très bon!
De retour à l'hostel, Mémé a fait du lavage alors que j'écrivais le blog (division sexuelle du travail!) On s'est ensuite mis à parler aux autres backpackers qui allaient partager le BBQ avec nous. Il y avait là un Anglais avec un fort accent du pays de Galles, un Belge flamand, une Roumaine, l'Anglais que nous avions rencontré à Budva et qui bitchait contre l'Albanie, et deux Allemands qui faisaient un tour d'Europe en deux semaines en auto (disons qu'ils conduisaient pas mal)! La proprio et son chum sont venus nous rejoindre et on a mangé un excellent souper de grillades de porc et de légumes grillés. L'atmosphère était vraiment géniale, on avait en fait l'impression d'être une grosse famille! Naturellement, on a eu droit à plusieurs rasades de raki maison, d'une bien meilleure qualité que celui qu'on nous avait servi à Budva! Ça a été l'occasion d'apprendre que l'hostel était ouvert depuis un mois à peine et que les proprios avaient travaillé d'arrache-pied pour en faire un endroit sympathique! Franchement, c'est réussi, et si vous passez par Ulcinj, on vous recommande chaudement le Pirate Hostel!
En soirée, peu avant qu'on aille dormir, la Roumaine et le Belge voulaient aller sortir sur une plage située un peu hors de la ville, accessible en voiture uniquement à cette heure. Pour leur éviter le taxi, le chum de la proprio a alors proposé d'aller les y conduire, à condition toutefois que les Allemands enlèvent leur voiture de l'entrée. On a alors eu droit à une scène fascinante, toute germanique, lorsque l'un des Allemands a dit, d'un ton très aimable mais catégorique, qu'il ne pourrait pas reculer sa voiture parce qu'il avait pris un verre de vin. "Question d'assurances", a-t-il ajouté, sans appel. L'affaire était close. Évidemment, on ne peut pas être contre la vertu, mais il ne s'agissait que de reculer la voiture dans une allée où personne ne circule, afin de permettre à deux personnes de s'épargner les coûts du taxi ! Au final, l'incident n'a fait aucune vagues mais cette rigueur dans l'application des règles n'a pas manqué de nous laisser perplexes!
Dans la prochaine entrée: un premier aperçu de l'Albanie! À bientôt!
jeudi 9 juillet 2015
Virpazar
Re-bonjour! C'est (encore) François qui vous guidera pour notre journée d'exploration du plus grand lac des Balkans!
Mais avant, retour à Budva. Au petit matin, avant que Mémé ne se réveille, je suis parti à travers la vieille ville vide de touristes - impression extraordinaire! - en direction de la plage située près des falaises où nous avions été la veille. Il était environ 8h, il faisait beau soleil, la plupart des chaises longues n'étaient pas encore sorties et peu de gens étaient déjà affairés à se faire bronzer: parfait! J'en ai donc profité pour faire une baignade matinale dans la mer Adriatique en tâchant de ne pas trop grimacer de douleur à chaque fois qu'un gros caillou pointu me rentrait dans la plante du pied (on se souvient que ce sont des plages de galets!) Et ça a vraiment valu la peine: l'eau était turquoise-translucide, au point où j'avais l'impression que je pouvais toucher le fond alors même qu'il y avait quelques mètres d'eau sous moi! C'est bien rafraîchi que je suis revenu à l'hostel. Le charme de la ville vide s'était cependant déjà rompu, car des touristes en sandales-bas blancs investissaient déjà les rues.... Un bateau de croisière avait dû accoster dans l'intervalle !
Une fois notre gruau quotidien avalé, on a été à la même place de sandwiches que la veille se faire préparer des repas pour la route. Mémé a réussi à échapper le quart du contenu de mon sandwich par terre en le prenant (pour une fois que ce n'est pas moi qui gaffe), ce que j'ai entrepris de lui rappeler toute la matinée haha! Puis, on s'est dirigés vers la gare, où on a croisé le Néo-Zélandais et l'un des Anglais de la veille. Questionné sur l'endroit où il se dirigeait, ce dernier nous a dit qu'il voulait éviter l'Albanie, qu'il considérait comme les bas-fonds de l'Europe (je ne parviens pas à traduire correctement l'élégante expression "the shithole of Europe"...). Assez comiquement, on le retrouvera une semaine plus tard, dans un hostel de la capitale albanaise! À l'évidence, il avait changé d'idée!
Ce qui m'amène à vous faire un petit aparté sur le type de backpackers qu'on retrouve au nord du Montenegro (baie de Kotor et Budva). Disons que la proportion de "partygoers", prêts à flamber leurs euros pour prendre plusieurs bières par jour à l'hostel, est plus élevée qu'à l'ordinaire! On trouve également davantage de voyageurs ne prévoyant visiter que l'Europe: leur habillement un peu trop beau pour un voyage backpack standard (jolies robes, talons hauts, sacoches) laisse perplexe, et rappelle qu'ici, la sécurité n'est généralement pas un enjeu. Enfin, on avait aussi croisé quelques jeunes Québécois de type "douche bag" à Kotor, et ce modèle s'est répété à plusieurs occasions. Bref, à la faune habituelle des backpackers se greffent en Europe des types de voyageurs plus rares en Amérique du Sud mettons!
Nous étions donc à la gare de Budva et nous attendions notre bus. Direction: Bar, une ville industrielle moche du Sud du Montenegro, d'où nous comptions prendre un transfert vers Virpazar et le lac de Skadar. Après une heure de route magnifique à flanc de montagne le long de la mer, on a finalement abouti à la gare routière de Bar. Premier constat: ici, c'est nettement moins touristique... et plus pauvre. On a tenté de prendre le train vers Virpazar (il y a une voie ferrée qui relie Bar à Belgrade via Virpazar, et je voulais vraiment prendre le train au Montenegro), mais malheureusement les horaires ne nous convenaient pas alors on s'est rabattus sur le bus. 40 minutes plus tard, une fois avoir traversé les montagnes via un long tunnel, le bus nous laissait au minuscule village de Virpazar, sur les rives du lac de Skadar.
Le Lonely Planet n'a pas été d'une aide impressionnante pour notre séjour au Montenegro, mais il a quand même su nous mettre en garde contre les "touts" de Virpazar. En effet, dès notre sortie du bus, on a été harcelés par des gens qui cherchaient à nous attirer dans leurs hôtels ou à nous vendre des tours de bateau sur le lac (la grosse attraction de l'endroit). Et Dieu sait qu'on HAÏT (oui, j'assume les trémas) se faire gosser par du monde pour se faire vendre des affaires, surtout quand on n'a pas encore eu le temps de se faire une tête sur les prix et les modalités des choses qu'on essaie désespérément de nous vendre! L'attitude à adopter envers ces gens-là est habituellement de les ignorer ou de leur répondre "No, thank you". Sauf que ça a frustré le premier Monténégrin à qui on a refusé son "offre" de venir dormir dans son hôtel, l'hôtel Pelikan. Il s'est alors mis à me dire "tu penses que j'essaie de t'avoir, c'est ça?" et à me faire la morale sur l'importance du respect au Montenegro... On a plus tard su qu'il était un peu spécial comme bonhomme: c'est même une petite célébrité locale sur Tripadvisor, où les touristes prennent bien soin de dire aux autres d'éviter l'hôtel Pelikan et son "recruteur" vraiment lourd! Autrement, il y avait aussi un autre gars qui a bien dû nous pointer à 3 reprises l'endroit où se trouvait son hôtel!
Que fait-on quand on veut se faire une idée quant aux offres d'hébergement et d'activités d'un nouvel endroit, alors qu'on ne peut pas faire confiance aux touts dans la rue qui ne pensent qu'à t'amener dans LEUR hôtel? On va à l'information touristique, habituellement neutre! Justement, parmi les 10 maisons que compte Virapazar (c'est vraiment petit), l'une d'entre elles a été transformée en kiosque d'information touristique! Malheureusement, le gars n'a pas vraiment été aidant, mais on a quand même pu choisir un hôtel qui nous paraissait bien et pas cher. En sortant, Mémé a repoussé l'offre d'aide d'un nouveau tout, avant que je ne réalise qu'il voulait nous diriger vers l'hôtel que nous cherchions! Finalement, il était bien sympathique et nous a fait une chambre à 15 euros (le meilleur prix du voyage tant pour un dortoir qu'une chambre double) dans son hôtel vide! C'est que la plupart des gens ne dorment pas à Virpazar: ils viennent en tour de la côte ou de Podgorica, restent pour quelques heures, et repartent.
Alors qu'on s'installait, une voix nous a demandé en français si nous venions de France! On a alors fait la connaissance de Julien, un jeune Français venu à Virpazar il y a quelques mois pour y monter une entreprise de randonnée pédestre dans la région, en compagnie d'un partenaire serbe. Il semblait vraiment heureux de nous parler et nous a expliqué tout ce qu'il y avait à savoir du juteux business des tours de bateaux sur le lac. En gros, il y a environ 10 ans, certains personnes de Virpazar ont compris qu'il y avait beaucoup d'argent à faire en achetant des bateaux et en proposant des excursions sur le lac aux touristes. Petit à petit, tout le monde qui avait un peu d'argent de côté à Virpazar s'est mis à acheter des bateaux en raison de la manne touristique, ce qui a mené au cirque actuel. Ces gens-là emploient des pêcheurs, qu'ils paient peu, pour faire les tours, et font de bonnes affaires alors que les pêcheurs, qui n'ont pas le capital nécessaire pour acheter un bateau et proposer eux-mêmes des tours, récoltent les miettes. C'est quand même dommage...
Au fil de la conversation, Julien nous a proposé son aide si nous voulions un tour sur une partie plus jolie du lac, où ne vont habituellement pas les bateaux, sur une petite embarcation conduite par un bon pilote. On a dit oui et il nous finalement négocié le tout pour 5 euros moins cher que le prix habituel! Tu parles d'un coup de chance de tomber sur ce gars-là! D'ailleurs, si vous passez à Virpazar et que ça vous tente de faire un trek qui sort de l'ordinaire, on vous recommande chaudement ses services! Vous pouvez aller voir un aperçu de ce qu'ils font sur leur page Facebook:
Avant de partir sur le lac, on est allés manger une délicieuse soupe de poisson dans un petit resto recommandé par Julien et situé en face de la rivière qui coule au centre de Virpazar. Julien est ensuite arrivé, on lui a payé son café pour le remercier et on est montés dans le bateau. Notre capitaine était un sympathique grand-père ne parlant pas un mot d'anglais. "Il est excellent, il connaît le lac comme sa poche et sait où trouver les oiseaux" nous avait dit Julien. "Donnez-lui un petit pourboire si vous êtes satisfait, il ne gagne pas beaucoup!"
Et on est donc partis sur le lac dans une petite chaloupe à moteur! De Virpazar, on y accède par une petite rivière entourée de hautes herbes. On débouche ensuite sur le lac Skadar proprement dit, qui est une étendue d'eau environ aussi grande que le lac Nominingue (à vue de nez) que se partagent le Montenegro et l'Albanie. Malgré le temps gris, l'endroit était déjà bien joli, avec les montagnes plongeant dans les eaux du lac! On a croisé un bateau plein de touristes chinois qui ont tenu à filmer notre chaloupe en nous faisant des bye bye, auxquels on a gentiment répondu! Les Chinois sont toujours aussi incroyables!
Alors que la plupart des bateaux choisissent de longer la côte de la partie méridionale du lac (qui n'est pas mal, on va se le dire), nous on avait choisi d'aller dans la partie septentrionale, plus sauvage. Et une fois franchi le pont séparant ces deux zones, on n'a franchement pas été déçus! Les paysages étaient réellement spectaculaires, avec les montagnes et les îles ouvertes de végétation! À un certain moment, notre capitaine nous a pointé deux taches blanches sur le bord de l'eau: des pélicans! Le lac Skadar est l'un des quelques réserves naturelles d'Europe abritant ce gros et majestueux oiseau, et il n'est pas toujours facile de les apercevoir! On s'est rapprochés et on a pu les observer en détail, avant qu'ils ne s'envolent! On a aussi vu plein d'autres oiseaux, parmi lesquels des canards et des genres de hérons. On a terminé ce tour de 2 heures pare petite balade entre les nénuphars, qui occupent de très grandes étendues des baies calmes du lac. Ce dernier était néanmoins assez agité lors de notre passage: le vent soulevait de bonnes vagues!
Après deux heures, on est donc revenus tout contents de ce périple lacustre, avec des images de nénuphars, de montagnes et de pélicans plein la tête! On a remercié notre capitaine en lui laissant un petit pourboire, puis on es retournés dans le village où on a jasé un moment au Français.
Il nous restait du temps avant le coucher du soleil, alors on a décidé de marcher un peu. On a suivi la route vers le petit village voisin de Godinje, réputé pour son vin. En marchant, on a eu des points de vue sublimes sur le lac et les montagnes environnantes, et on en est venus à se demander pourquoi si peu de touristes (nous étions les seuls) empruntaient cette route magnifique! Bon, il y a toujours un revers à la médaille: beaucoup d'arbres environnants étaient peuplés de grosses araignées, nichées dans leurs toiles!
On est arrivés à Godinje après environ une heure de marche. Godinje, c'est vraiment le village qu'on s'imagine des Balkans, avec leurs vieilles maisons blanchies à la chaux au toit de tuiles rouges, leurs champs et leurs babouchkas. Plusieurs villageois avaient des stands pour vendre leur vin ou leurs boissons fortes maison sur le bord de la route. Vers la fin du village, une vieille mamie nous a fait signe et nous a fait goûter à leur vin et à leur alcool de prune et de noix maison! Ce qui devait être son fils, visiblement un peu soûl derrière, a tenu à me dire que Mémé était sexy (ce qui me parait une évidence), avant que la babouchka ne lui dise de se taire du revers de la main haha! On leur aurait bien acheté un petit quelque chose pour les encourager, mais ils ne vendaient que d'immenses bouteilles de 1,5 ou 2 litres (pas évident à traîner en backpack!). En plus, c'était dans des bouteilles assez ghetto, bouchonnées à la mitaine, qu'on se serait assurément fait confisquer aux douanes.... On les a donc longuement remerciés en leur expliquant qu'on leur en aurait acheté s'ils avaient eu un plus petit format, puis on est revenus sur nos pas vers Virpazar. Il devait être 20h et le coucher de soleil donnait au paysage une couleur magnifique, qui se reflétait sur le lac. Sur le chemin, on a aussi compris que c'était l'heure du repas pour les grosses sauterelles du coin qui bondissaient sur le chemin. Puis, fraichement écrasé sur la route, on a vu un monstre qui a fait bondir Mémé de frayeur: une sauterelle verte longue d'un peu moins d'un pied! J'avais déjà vu de gros insectes en voyage, mais je ne me souvenais pas d'avoir déjà vu quelque chose d'aussi massif!
De retour au village, on est arrivés à temps pour voir que les soldats en salopette (!) qui construisaient un pont militaire sur la rivière (ce qui nous avait laissé des doutes légitimes quant à la solidité du pont actuel) étaient tous en rang et écoutaient un officier leur faire un speech. On est ensuite allés souper dans un petit resto (l'un des quatre du village), où on a mangé un excellent poulet à la crème avec un tas de légumes grillés... avec une crème glacée pour le dessert! La gang de gars qui mangeait à côté de nous avait vraiment un air louche qui nous a fait suspecter qu'ils soient de la mafia... Bon, on exagère peut-être, mais n'empêche que la mafia est bien implantée dans les Balkans (notamment en Albanie)! Une fois repus, on a jasé à un couple d'Allemands que Mémé avait croisé plus tôt dans la journée. Le gars était biologiste et voulait se lever aux aurores le lendemain pour observer les oiseaux sur le lac, car parait-il qu'ils sont plus actifs tôt le matin. Il avait vraiment l'air de tripper en tout cas!
Enfin, on a terminé notre journée par une petite balade de nuit dans Virpazar, une exténuante promenade qui a dû durer au plus 7 minutes! On est ensuite allés se coucher, en vérifiant bien qu'il n'y avait pas de sauterelle géante dans la chambre!
À bientôt!
Mais avant, retour à Budva. Au petit matin, avant que Mémé ne se réveille, je suis parti à travers la vieille ville vide de touristes - impression extraordinaire! - en direction de la plage située près des falaises où nous avions été la veille. Il était environ 8h, il faisait beau soleil, la plupart des chaises longues n'étaient pas encore sorties et peu de gens étaient déjà affairés à se faire bronzer: parfait! J'en ai donc profité pour faire une baignade matinale dans la mer Adriatique en tâchant de ne pas trop grimacer de douleur à chaque fois qu'un gros caillou pointu me rentrait dans la plante du pied (on se souvient que ce sont des plages de galets!) Et ça a vraiment valu la peine: l'eau était turquoise-translucide, au point où j'avais l'impression que je pouvais toucher le fond alors même qu'il y avait quelques mètres d'eau sous moi! C'est bien rafraîchi que je suis revenu à l'hostel. Le charme de la ville vide s'était cependant déjà rompu, car des touristes en sandales-bas blancs investissaient déjà les rues.... Un bateau de croisière avait dû accoster dans l'intervalle !
Une fois notre gruau quotidien avalé, on a été à la même place de sandwiches que la veille se faire préparer des repas pour la route. Mémé a réussi à échapper le quart du contenu de mon sandwich par terre en le prenant (pour une fois que ce n'est pas moi qui gaffe), ce que j'ai entrepris de lui rappeler toute la matinée haha! Puis, on s'est dirigés vers la gare, où on a croisé le Néo-Zélandais et l'un des Anglais de la veille. Questionné sur l'endroit où il se dirigeait, ce dernier nous a dit qu'il voulait éviter l'Albanie, qu'il considérait comme les bas-fonds de l'Europe (je ne parviens pas à traduire correctement l'élégante expression "the shithole of Europe"...). Assez comiquement, on le retrouvera une semaine plus tard, dans un hostel de la capitale albanaise! À l'évidence, il avait changé d'idée!
Ce qui m'amène à vous faire un petit aparté sur le type de backpackers qu'on retrouve au nord du Montenegro (baie de Kotor et Budva). Disons que la proportion de "partygoers", prêts à flamber leurs euros pour prendre plusieurs bières par jour à l'hostel, est plus élevée qu'à l'ordinaire! On trouve également davantage de voyageurs ne prévoyant visiter que l'Europe: leur habillement un peu trop beau pour un voyage backpack standard (jolies robes, talons hauts, sacoches) laisse perplexe, et rappelle qu'ici, la sécurité n'est généralement pas un enjeu. Enfin, on avait aussi croisé quelques jeunes Québécois de type "douche bag" à Kotor, et ce modèle s'est répété à plusieurs occasions. Bref, à la faune habituelle des backpackers se greffent en Europe des types de voyageurs plus rares en Amérique du Sud mettons!
Nous étions donc à la gare de Budva et nous attendions notre bus. Direction: Bar, une ville industrielle moche du Sud du Montenegro, d'où nous comptions prendre un transfert vers Virpazar et le lac de Skadar. Après une heure de route magnifique à flanc de montagne le long de la mer, on a finalement abouti à la gare routière de Bar. Premier constat: ici, c'est nettement moins touristique... et plus pauvre. On a tenté de prendre le train vers Virpazar (il y a une voie ferrée qui relie Bar à Belgrade via Virpazar, et je voulais vraiment prendre le train au Montenegro), mais malheureusement les horaires ne nous convenaient pas alors on s'est rabattus sur le bus. 40 minutes plus tard, une fois avoir traversé les montagnes via un long tunnel, le bus nous laissait au minuscule village de Virpazar, sur les rives du lac de Skadar.
Le Lonely Planet n'a pas été d'une aide impressionnante pour notre séjour au Montenegro, mais il a quand même su nous mettre en garde contre les "touts" de Virpazar. En effet, dès notre sortie du bus, on a été harcelés par des gens qui cherchaient à nous attirer dans leurs hôtels ou à nous vendre des tours de bateau sur le lac (la grosse attraction de l'endroit). Et Dieu sait qu'on HAÏT (oui, j'assume les trémas) se faire gosser par du monde pour se faire vendre des affaires, surtout quand on n'a pas encore eu le temps de se faire une tête sur les prix et les modalités des choses qu'on essaie désespérément de nous vendre! L'attitude à adopter envers ces gens-là est habituellement de les ignorer ou de leur répondre "No, thank you". Sauf que ça a frustré le premier Monténégrin à qui on a refusé son "offre" de venir dormir dans son hôtel, l'hôtel Pelikan. Il s'est alors mis à me dire "tu penses que j'essaie de t'avoir, c'est ça?" et à me faire la morale sur l'importance du respect au Montenegro... On a plus tard su qu'il était un peu spécial comme bonhomme: c'est même une petite célébrité locale sur Tripadvisor, où les touristes prennent bien soin de dire aux autres d'éviter l'hôtel Pelikan et son "recruteur" vraiment lourd! Autrement, il y avait aussi un autre gars qui a bien dû nous pointer à 3 reprises l'endroit où se trouvait son hôtel!
Que fait-on quand on veut se faire une idée quant aux offres d'hébergement et d'activités d'un nouvel endroit, alors qu'on ne peut pas faire confiance aux touts dans la rue qui ne pensent qu'à t'amener dans LEUR hôtel? On va à l'information touristique, habituellement neutre! Justement, parmi les 10 maisons que compte Virapazar (c'est vraiment petit), l'une d'entre elles a été transformée en kiosque d'information touristique! Malheureusement, le gars n'a pas vraiment été aidant, mais on a quand même pu choisir un hôtel qui nous paraissait bien et pas cher. En sortant, Mémé a repoussé l'offre d'aide d'un nouveau tout, avant que je ne réalise qu'il voulait nous diriger vers l'hôtel que nous cherchions! Finalement, il était bien sympathique et nous a fait une chambre à 15 euros (le meilleur prix du voyage tant pour un dortoir qu'une chambre double) dans son hôtel vide! C'est que la plupart des gens ne dorment pas à Virpazar: ils viennent en tour de la côte ou de Podgorica, restent pour quelques heures, et repartent.
Alors qu'on s'installait, une voix nous a demandé en français si nous venions de France! On a alors fait la connaissance de Julien, un jeune Français venu à Virpazar il y a quelques mois pour y monter une entreprise de randonnée pédestre dans la région, en compagnie d'un partenaire serbe. Il semblait vraiment heureux de nous parler et nous a expliqué tout ce qu'il y avait à savoir du juteux business des tours de bateaux sur le lac. En gros, il y a environ 10 ans, certains personnes de Virpazar ont compris qu'il y avait beaucoup d'argent à faire en achetant des bateaux et en proposant des excursions sur le lac aux touristes. Petit à petit, tout le monde qui avait un peu d'argent de côté à Virpazar s'est mis à acheter des bateaux en raison de la manne touristique, ce qui a mené au cirque actuel. Ces gens-là emploient des pêcheurs, qu'ils paient peu, pour faire les tours, et font de bonnes affaires alors que les pêcheurs, qui n'ont pas le capital nécessaire pour acheter un bateau et proposer eux-mêmes des tours, récoltent les miettes. C'est quand même dommage...
Au fil de la conversation, Julien nous a proposé son aide si nous voulions un tour sur une partie plus jolie du lac, où ne vont habituellement pas les bateaux, sur une petite embarcation conduite par un bon pilote. On a dit oui et il nous finalement négocié le tout pour 5 euros moins cher que le prix habituel! Tu parles d'un coup de chance de tomber sur ce gars-là! D'ailleurs, si vous passez à Virpazar et que ça vous tente de faire un trek qui sort de l'ordinaire, on vous recommande chaudement ses services! Vous pouvez aller voir un aperçu de ce qu'ils font sur leur page Facebook:
Avant de partir sur le lac, on est allés manger une délicieuse soupe de poisson dans un petit resto recommandé par Julien et situé en face de la rivière qui coule au centre de Virpazar. Julien est ensuite arrivé, on lui a payé son café pour le remercier et on est montés dans le bateau. Notre capitaine était un sympathique grand-père ne parlant pas un mot d'anglais. "Il est excellent, il connaît le lac comme sa poche et sait où trouver les oiseaux" nous avait dit Julien. "Donnez-lui un petit pourboire si vous êtes satisfait, il ne gagne pas beaucoup!"
Et on est donc partis sur le lac dans une petite chaloupe à moteur! De Virpazar, on y accède par une petite rivière entourée de hautes herbes. On débouche ensuite sur le lac Skadar proprement dit, qui est une étendue d'eau environ aussi grande que le lac Nominingue (à vue de nez) que se partagent le Montenegro et l'Albanie. Malgré le temps gris, l'endroit était déjà bien joli, avec les montagnes plongeant dans les eaux du lac! On a croisé un bateau plein de touristes chinois qui ont tenu à filmer notre chaloupe en nous faisant des bye bye, auxquels on a gentiment répondu! Les Chinois sont toujours aussi incroyables!
Alors que la plupart des bateaux choisissent de longer la côte de la partie méridionale du lac (qui n'est pas mal, on va se le dire), nous on avait choisi d'aller dans la partie septentrionale, plus sauvage. Et une fois franchi le pont séparant ces deux zones, on n'a franchement pas été déçus! Les paysages étaient réellement spectaculaires, avec les montagnes et les îles ouvertes de végétation! À un certain moment, notre capitaine nous a pointé deux taches blanches sur le bord de l'eau: des pélicans! Le lac Skadar est l'un des quelques réserves naturelles d'Europe abritant ce gros et majestueux oiseau, et il n'est pas toujours facile de les apercevoir! On s'est rapprochés et on a pu les observer en détail, avant qu'ils ne s'envolent! On a aussi vu plein d'autres oiseaux, parmi lesquels des canards et des genres de hérons. On a terminé ce tour de 2 heures pare petite balade entre les nénuphars, qui occupent de très grandes étendues des baies calmes du lac. Ce dernier était néanmoins assez agité lors de notre passage: le vent soulevait de bonnes vagues!
Après deux heures, on est donc revenus tout contents de ce périple lacustre, avec des images de nénuphars, de montagnes et de pélicans plein la tête! On a remercié notre capitaine en lui laissant un petit pourboire, puis on es retournés dans le village où on a jasé un moment au Français.
Il nous restait du temps avant le coucher du soleil, alors on a décidé de marcher un peu. On a suivi la route vers le petit village voisin de Godinje, réputé pour son vin. En marchant, on a eu des points de vue sublimes sur le lac et les montagnes environnantes, et on en est venus à se demander pourquoi si peu de touristes (nous étions les seuls) empruntaient cette route magnifique! Bon, il y a toujours un revers à la médaille: beaucoup d'arbres environnants étaient peuplés de grosses araignées, nichées dans leurs toiles!
On est arrivés à Godinje après environ une heure de marche. Godinje, c'est vraiment le village qu'on s'imagine des Balkans, avec leurs vieilles maisons blanchies à la chaux au toit de tuiles rouges, leurs champs et leurs babouchkas. Plusieurs villageois avaient des stands pour vendre leur vin ou leurs boissons fortes maison sur le bord de la route. Vers la fin du village, une vieille mamie nous a fait signe et nous a fait goûter à leur vin et à leur alcool de prune et de noix maison! Ce qui devait être son fils, visiblement un peu soûl derrière, a tenu à me dire que Mémé était sexy (ce qui me parait une évidence), avant que la babouchka ne lui dise de se taire du revers de la main haha! On leur aurait bien acheté un petit quelque chose pour les encourager, mais ils ne vendaient que d'immenses bouteilles de 1,5 ou 2 litres (pas évident à traîner en backpack!). En plus, c'était dans des bouteilles assez ghetto, bouchonnées à la mitaine, qu'on se serait assurément fait confisquer aux douanes.... On les a donc longuement remerciés en leur expliquant qu'on leur en aurait acheté s'ils avaient eu un plus petit format, puis on est revenus sur nos pas vers Virpazar. Il devait être 20h et le coucher de soleil donnait au paysage une couleur magnifique, qui se reflétait sur le lac. Sur le chemin, on a aussi compris que c'était l'heure du repas pour les grosses sauterelles du coin qui bondissaient sur le chemin. Puis, fraichement écrasé sur la route, on a vu un monstre qui a fait bondir Mémé de frayeur: une sauterelle verte longue d'un peu moins d'un pied! J'avais déjà vu de gros insectes en voyage, mais je ne me souvenais pas d'avoir déjà vu quelque chose d'aussi massif!
De retour au village, on est arrivés à temps pour voir que les soldats en salopette (!) qui construisaient un pont militaire sur la rivière (ce qui nous avait laissé des doutes légitimes quant à la solidité du pont actuel) étaient tous en rang et écoutaient un officier leur faire un speech. On est ensuite allés souper dans un petit resto (l'un des quatre du village), où on a mangé un excellent poulet à la crème avec un tas de légumes grillés... avec une crème glacée pour le dessert! La gang de gars qui mangeait à côté de nous avait vraiment un air louche qui nous a fait suspecter qu'ils soient de la mafia... Bon, on exagère peut-être, mais n'empêche que la mafia est bien implantée dans les Balkans (notamment en Albanie)! Une fois repus, on a jasé à un couple d'Allemands que Mémé avait croisé plus tôt dans la journée. Le gars était biologiste et voulait se lever aux aurores le lendemain pour observer les oiseaux sur le lac, car parait-il qu'ils sont plus actifs tôt le matin. Il avait vraiment l'air de tripper en tout cas!
Enfin, on a terminé notre journée par une petite balade de nuit dans Virpazar, une exténuante promenade qui a dû durer au plus 7 minutes! On est ensuite allés se coucher, en vérifiant bien qu'il n'y avait pas de sauterelle géante dans la chambre!
À bientôt!
lundi 6 juillet 2015
Budva
Allô! C'est toujours François! (Mémé: vous aurez compris que je n'ai pas eu envie d'écrire le blog cette fois haha! Et François écrit si bien alors vous n'êtes pas à plaindre!)
Après 4 nuits à Kotor, on a finalement quitté la région de la baie de Kotor au matin afin de se diriger vers Budva. Enfin, façon de parler: Budva est à 25 minutes de bus de Kotor... Aparté: je ne sais pas si vous l'aviez compris, mais si vous allez au Montenegro, un saut à la baie de Kotor est un must. Ça a beau être touristique, les paysages sont fabuleux!
En arrivant à Budva, Mémé a immédiatement été charmée par la mini-ferme et ses animaux (chèvres, lapins, poules) qui jouxtait la gare! Autrement par contre, on ne peut pas dire que Budva ait été sur notre top 10 des destinations à visiter avant de mourir: vous comprendrez pourquoi bien vite! On a donc marché vers la vieille ville, où on nous avait recommandé un hostel quand nous étions à Kotor. Budva est un genre de mini-Dubrovnik, au sens où la vieille ville, face à la mer, est ceinturée de remparts et est sillonnée par de nombreuses ruelles. C'est peut-être un peu moins touristique, mais considérant la petite taille de la ville, ça se sent tout autant! D'autant plus que la plupart des maisons ont été transformées en boutiques pour touristes...
Après avoir cherché un moment dans le dédale de ruelles, on a finalement trouvé l'hostel. Le staff très sympathique (décidément!) nous a indiqué que nos lits ne seraient prêts qu'en fin d'après-midi, en raison de la désinfection annuelle pour les puces de lit. Il nous a proposé de nous joindre à d'autres touristes pour finir l'après-midi avec un BBQ sur une plage déserte et sauvage située sur une ile toute proche, proposition qui nous souriait particulièrement. Entretemps, on a donc entrepris de visiter la vieille ville, ce qui n'a pas été très long. L'endroit était tout de même joli, avec sa petite forteresse et ses quelques églises.
Comme on avait encore l'après-midi devant nous, on a pris des sandwichs sur le pouce et on a pris un bus local vers le petit village de Sveti Stefan, avec l'intention de revenir à pied ensuite à Budva le long de la mer. Sveti Stefan est davantage un resort pour ultra-riches qu'autre chose. Le lieu est magnifique: une vieille ville bâtie sur une petite presqu'île baignée par une mer turquoise et entourée de plages de galets blancs et de rochers surmontés de grands pins. Seul hic: on ne peut admirer la vieille ville que de loin, car le tout est un complexe hôtelier (naturellement hors de prix) réservé aux quelques heureux élus qui y séjournent! À partir de Sveti Stefan, un sentier rejoint toutefois le village de Przno, en suivant les caps rocheux face à la mer, le tout serpentant à l'ombre salvatrice des grands pins évoqués plus haut. Une bien agréable promenade! On y a croisé un couple de mariés (en robe et habit) venus y faire des shooting photo: on espère ne pas avoir trop ruiné leurs clichés avec notre présence en arrière-plan, tout couverts de sueur que nous étions!
À Przno, le sentier remontait brièvement sur la route avant de replonger vers la plage. Comme on avait faim, on a acheté des figues fraîches à un vendeur, puis on a continué notre route. Cette fois, on ne faisait que longer des plages de galets toutes pleines à craquer de chaises longues et de parasols (et des vacanciers qui viennent avec). Sans compter les restos et bar en bord de plage, avec leur musique pop... Autant vous le dire tout de suite: la région de Budva est la capitale de la plage au Montenegro. Habituellement, on aime la plage, si les facteurs de base suivants sont atteints:
1) la plage est esthétiquement belle (idéalement sauvage ou du moins relativement libre de constructions humaines sur la plage)
2) la plage n'est pleine à craquer de monde
3) la plage est assez longue pour qu'on puisse s'y promener un peu et que ce soit agréable
Bref, vous aurez compris qu'au Montenegro, ces 3 critères n'étaient pas vraiment atteints... En fait, les problèmes principaux sont le fait que chaque minuscule plage est envahie par un nombre incalculable de chaises longues et de parasols impeccablement disposés par les hôtels riverains (ce qui enlaidit considérablement le paysage autrement magnifique) et la trop grande présence de gens sur des plages trop petites pour les contenir tous... Imaginez vous Miami, avec plus de chaises longues et une plage de galets au lieu du sable, et vous avez l'ambiance de Budva. Il faut aimer, mettons...
Heureusement, quelques îlots de beauté subsistent dans ce rivage défiguré (Sveti Stefan et le sentier vers Przno en sont de beaux exemples). Ainsi, on s'est arrêtés un bon moment sous les pins près d'une petite église orthodoxe sise sur un promontoire rocheux face à la mer. On y oubliait presque Miami, juste en dessous! On a aussi fait un petit sentier sur un cap miraculeusement laissé à l'état sauvage, ce qui nous a donné de belles vues sur la vieille ville de Budva. Enfin, après quelques heures de marche, on est finalement revenus à Budva, survivant à la chaleur grâce à un slush achetée en chemin. Malheureusement, on a alors appris qu'en raison du fort vent, notre visite à la plage de l'île devait être annulée... Toutefois, l'hostel proposait d'organiser un souper en guise de compensation.
En attendant, on a à nouveau marché dans la vieille ville. On a dégusté quelques pâtisseries locales, puis on a longé la falaise par delà la forteresse via une passerelle de pierre. Ce détour nous a permis d'accéder à deux plages étonnamment jolies car peu de gens et de chaises longues l'avaient investies. On a cependant rapidement réalisé que c'était parce qu'il était 20h, et que le soleil se couchait... N'empêche! En revenant, on a fait un petit tour vers la marina de Budva. Un resto "chinois" nommé Shanghai s'y trouvait (quand on vous dit que Budva, c'est touristique), dont l'enseigne était deux dragons stylisés. Flairant l'occasion de faire une blague pourrie, j'ai alors dit à Mémé que ce resto me paraissait très authentique car l'enseigne de l'endroit utilisait "l'écriture dragon" typique de Shanghai sur leur enseigne! Et j'ai ensuite pointé chacun des deux dragons, indiquant qu'ils représentaient les 2 caractères formant le mot "Shanghai"! À mon grand plaisir, Mémé est totalement tombée dans le panneau, et il a fallu que je lui dise quelques instants plus tard que tout ça était de la pure foutaise et que "l'écriture dragon" était du gros n'importe quoi pour qu'elle se rende compte que je la menais en bateau! haha! (Mémé: bon bon bon, c'est à classer dans la même catégorie que quand il m'avait fait croire qu'avant il y avait un 8ème jour de la semaine, le "boulgredi"!!)
Après cet épisode divertissant, on est revenus à l'hostel pour manger un bon plat de poulet avec riz et légumes, accompagné d'un verre de la bière locale, la Nisicko (une blonde genre Molson... le Montenegro produit du bon vin, mais côté bière c'est basique). On a pu jaser avec les différents backpackers qui étaient là, dont des Anglais, des Irlandais, une Canadienne de Vancouver et un Néo-Zélandais. Éventuellement, le gars du staff de l'hostel est venu nous rejoindre avec un bouteille de raki et en a offert à tout le monde. Si vous ne connaissez pas ce qu'est le raki, sachez que c'est un alcool fort (environ 50%) à base de raisins ou de prunes, qu'on sirote avant ou après un repas (c'est un peu trop violent pour en faire des shooters). C'est une boisson très populaire dans tous les Balkans et en Turquie, et, selon ce qu'on nous a dit, les meilleures sont faites maison. En tout cas, le raki qu'on a bu à Budva était plus du tord-boyaux qu'autre chose (Mémé en particulier n'était pas très enthousiaste)!
On a terminé la soirée en jasant à un Québécois (encore! on a jamais rencontré autant de compatriotes qu'en Europe!) bien sympathique. Il était étudiant en médecine à l'UdeM (atomes crochus avec Mémé) et s'apprêtait à faire un stage dans un hôpital de Slovénie. En attendant, il profitait de ses vacances pour voyager dans les Balkans. Pas mal! On est ensuite allés se coucher dans notre dortoir vide. Un dortoir où nous sommes les seuls occupants est un événement assez rarissime en voyage pour qu'on le souligne... On avait peur que tout soit booké d'avance au Montenegro et qu'on ait de la difficulté à se trouver un endroit pour se loger: ça n'a définitivement pas été le cas! On a par contre fermé les fenêtres et mis nos bouchons d'oreilles car le resto d'à côté diffusait de la musique à une sonorité inégalée! Budva: plage le jour, party le soir!
Après 4 nuits à Kotor, on a finalement quitté la région de la baie de Kotor au matin afin de se diriger vers Budva. Enfin, façon de parler: Budva est à 25 minutes de bus de Kotor... Aparté: je ne sais pas si vous l'aviez compris, mais si vous allez au Montenegro, un saut à la baie de Kotor est un must. Ça a beau être touristique, les paysages sont fabuleux!
En arrivant à Budva, Mémé a immédiatement été charmée par la mini-ferme et ses animaux (chèvres, lapins, poules) qui jouxtait la gare! Autrement par contre, on ne peut pas dire que Budva ait été sur notre top 10 des destinations à visiter avant de mourir: vous comprendrez pourquoi bien vite! On a donc marché vers la vieille ville, où on nous avait recommandé un hostel quand nous étions à Kotor. Budva est un genre de mini-Dubrovnik, au sens où la vieille ville, face à la mer, est ceinturée de remparts et est sillonnée par de nombreuses ruelles. C'est peut-être un peu moins touristique, mais considérant la petite taille de la ville, ça se sent tout autant! D'autant plus que la plupart des maisons ont été transformées en boutiques pour touristes...
Après avoir cherché un moment dans le dédale de ruelles, on a finalement trouvé l'hostel. Le staff très sympathique (décidément!) nous a indiqué que nos lits ne seraient prêts qu'en fin d'après-midi, en raison de la désinfection annuelle pour les puces de lit. Il nous a proposé de nous joindre à d'autres touristes pour finir l'après-midi avec un BBQ sur une plage déserte et sauvage située sur une ile toute proche, proposition qui nous souriait particulièrement. Entretemps, on a donc entrepris de visiter la vieille ville, ce qui n'a pas été très long. L'endroit était tout de même joli, avec sa petite forteresse et ses quelques églises.
Comme on avait encore l'après-midi devant nous, on a pris des sandwichs sur le pouce et on a pris un bus local vers le petit village de Sveti Stefan, avec l'intention de revenir à pied ensuite à Budva le long de la mer. Sveti Stefan est davantage un resort pour ultra-riches qu'autre chose. Le lieu est magnifique: une vieille ville bâtie sur une petite presqu'île baignée par une mer turquoise et entourée de plages de galets blancs et de rochers surmontés de grands pins. Seul hic: on ne peut admirer la vieille ville que de loin, car le tout est un complexe hôtelier (naturellement hors de prix) réservé aux quelques heureux élus qui y séjournent! À partir de Sveti Stefan, un sentier rejoint toutefois le village de Przno, en suivant les caps rocheux face à la mer, le tout serpentant à l'ombre salvatrice des grands pins évoqués plus haut. Une bien agréable promenade! On y a croisé un couple de mariés (en robe et habit) venus y faire des shooting photo: on espère ne pas avoir trop ruiné leurs clichés avec notre présence en arrière-plan, tout couverts de sueur que nous étions!
À Przno, le sentier remontait brièvement sur la route avant de replonger vers la plage. Comme on avait faim, on a acheté des figues fraîches à un vendeur, puis on a continué notre route. Cette fois, on ne faisait que longer des plages de galets toutes pleines à craquer de chaises longues et de parasols (et des vacanciers qui viennent avec). Sans compter les restos et bar en bord de plage, avec leur musique pop... Autant vous le dire tout de suite: la région de Budva est la capitale de la plage au Montenegro. Habituellement, on aime la plage, si les facteurs de base suivants sont atteints:
1) la plage est esthétiquement belle (idéalement sauvage ou du moins relativement libre de constructions humaines sur la plage)
2) la plage n'est pleine à craquer de monde
3) la plage est assez longue pour qu'on puisse s'y promener un peu et que ce soit agréable
Bref, vous aurez compris qu'au Montenegro, ces 3 critères n'étaient pas vraiment atteints... En fait, les problèmes principaux sont le fait que chaque minuscule plage est envahie par un nombre incalculable de chaises longues et de parasols impeccablement disposés par les hôtels riverains (ce qui enlaidit considérablement le paysage autrement magnifique) et la trop grande présence de gens sur des plages trop petites pour les contenir tous... Imaginez vous Miami, avec plus de chaises longues et une plage de galets au lieu du sable, et vous avez l'ambiance de Budva. Il faut aimer, mettons...
Heureusement, quelques îlots de beauté subsistent dans ce rivage défiguré (Sveti Stefan et le sentier vers Przno en sont de beaux exemples). Ainsi, on s'est arrêtés un bon moment sous les pins près d'une petite église orthodoxe sise sur un promontoire rocheux face à la mer. On y oubliait presque Miami, juste en dessous! On a aussi fait un petit sentier sur un cap miraculeusement laissé à l'état sauvage, ce qui nous a donné de belles vues sur la vieille ville de Budva. Enfin, après quelques heures de marche, on est finalement revenus à Budva, survivant à la chaleur grâce à un slush achetée en chemin. Malheureusement, on a alors appris qu'en raison du fort vent, notre visite à la plage de l'île devait être annulée... Toutefois, l'hostel proposait d'organiser un souper en guise de compensation.
En attendant, on a à nouveau marché dans la vieille ville. On a dégusté quelques pâtisseries locales, puis on a longé la falaise par delà la forteresse via une passerelle de pierre. Ce détour nous a permis d'accéder à deux plages étonnamment jolies car peu de gens et de chaises longues l'avaient investies. On a cependant rapidement réalisé que c'était parce qu'il était 20h, et que le soleil se couchait... N'empêche! En revenant, on a fait un petit tour vers la marina de Budva. Un resto "chinois" nommé Shanghai s'y trouvait (quand on vous dit que Budva, c'est touristique), dont l'enseigne était deux dragons stylisés. Flairant l'occasion de faire une blague pourrie, j'ai alors dit à Mémé que ce resto me paraissait très authentique car l'enseigne de l'endroit utilisait "l'écriture dragon" typique de Shanghai sur leur enseigne! Et j'ai ensuite pointé chacun des deux dragons, indiquant qu'ils représentaient les 2 caractères formant le mot "Shanghai"! À mon grand plaisir, Mémé est totalement tombée dans le panneau, et il a fallu que je lui dise quelques instants plus tard que tout ça était de la pure foutaise et que "l'écriture dragon" était du gros n'importe quoi pour qu'elle se rende compte que je la menais en bateau! haha! (Mémé: bon bon bon, c'est à classer dans la même catégorie que quand il m'avait fait croire qu'avant il y avait un 8ème jour de la semaine, le "boulgredi"!!)
Après cet épisode divertissant, on est revenus à l'hostel pour manger un bon plat de poulet avec riz et légumes, accompagné d'un verre de la bière locale, la Nisicko (une blonde genre Molson... le Montenegro produit du bon vin, mais côté bière c'est basique). On a pu jaser avec les différents backpackers qui étaient là, dont des Anglais, des Irlandais, une Canadienne de Vancouver et un Néo-Zélandais. Éventuellement, le gars du staff de l'hostel est venu nous rejoindre avec un bouteille de raki et en a offert à tout le monde. Si vous ne connaissez pas ce qu'est le raki, sachez que c'est un alcool fort (environ 50%) à base de raisins ou de prunes, qu'on sirote avant ou après un repas (c'est un peu trop violent pour en faire des shooters). C'est une boisson très populaire dans tous les Balkans et en Turquie, et, selon ce qu'on nous a dit, les meilleures sont faites maison. En tout cas, le raki qu'on a bu à Budva était plus du tord-boyaux qu'autre chose (Mémé en particulier n'était pas très enthousiaste)!
On a terminé la soirée en jasant à un Québécois (encore! on a jamais rencontré autant de compatriotes qu'en Europe!) bien sympathique. Il était étudiant en médecine à l'UdeM (atomes crochus avec Mémé) et s'apprêtait à faire un stage dans un hôpital de Slovénie. En attendant, il profitait de ses vacances pour voyager dans les Balkans. Pas mal! On est ensuite allés se coucher dans notre dortoir vide. Un dortoir où nous sommes les seuls occupants est un événement assez rarissime en voyage pour qu'on le souligne... On avait peur que tout soit booké d'avance au Montenegro et qu'on ait de la difficulté à se trouver un endroit pour se loger: ça n'a définitivement pas été le cas! On a par contre fermé les fenêtres et mis nos bouchons d'oreilles car le resto d'à côté diffusait de la musique à une sonorité inégalée! Budva: plage le jour, party le soir!
dimanche 5 juillet 2015
Dubrovnik
Rebonjour! C'est toujours François!
Dubrovnik: ce nom évoque sûrement quelque chose pour vous. C'est probablement la ville la plus connue de Croatie, et l'une des plus belles. Bien qu'on ait initialement prévu de ne s'en tenir qu'au Montenegro et à l'Albanie, le Lonely Planet nous a rapidement convaincus qu'on raterait quelque chose si on ne faisait pas un petit croche d'une journée par là, surtout sachant que cette ville n'était qu'à 3h de Kotor.
À 8h30, nous étions donc déjà dans l'autobus qui nous mènerait en Croatie. Joie: la route empruntée par le bus passait par le ferry qui traverse la baie de Kotor, que j'avais très envie d'essayer! (Vous ai-je déjà dit que j'aime les tours de bateau?) Considérant le prix (0$) et les paysages, ce court trajet en traversier valait décidément plus la peine que le tour de bateau vers l'île de Notre-Dame des roches! Après le ferry, on s'est endormis pour se réveiller à la frontière croate, 30 minutes plus tard (on le redit, le Montenegro, c'est pas grand.) Après une inexplicablement longue attente à la frontière (et la tragique découverte de l'oubli du coupe-vent de Mémé à l'hostel, alors que le temps se couvrait et que le vent commençait à souffler) on est finalement entrés en Croatie (et dans l'Union européenne par la même occasion). Premier constat: il y a plus d'argent ici, c'est clair: les routes sont bien mieux entretenues! La route vers Dubrovnik était tout simplement superbe: la région est assez sauvage, et se caractérise par des côtes déchiquetées dont les montagnes plongent abruptement dans la mer. Avec le temps orageux qu'il faisait, l'effet dramatique était saisissant! C'est dans ce contexte qu'au détour d'un cap, Dubrovnik s'est laissée découvrir, avec ses murailles et ses vieux bâtiments! La route, qui surplombe la ville à flanc de montagne, donne des points de vue sublimes sur la cité médiévale! Mémé a par contre raté ce spectacle parce qu'elle dormait comme un loir sur mon épaule!
Après quelques détours, l'autobus nous a laissés à la gare de Dubrovnik, dans la nouvelle ville située à quelques km de l'ancienne. Première opération : changer de l'argent! La Croatie a beau être dans l'Union européenne, elle n'a pas adopté l'euro et fonctionne toujours avec sa propre monnaie, le kuna. C'est paradoxal quand on y pense, parce que le Montenegro, qui n'est pas dans l'UE, a lui adopté l'euro! Le tout ne fut pas trop compliqué, un bureau de change étant situé dans la gare (le taux n'était pas excellent par contre...)
Il était près de midi et on avait faim, alors on a marché dans les environs de la gare avant de s'arrêter dans une pizzeria. Dubrovnik étant une ville affreusement chère, mieux valait se restaurer loin du vieux centre si on tenait à nos kunas! La serveuse bête nous a servi nos pizzas alors qu'on observait la table à côté de nous se remplir de policiers... l'endroit avait vraiment l'air d'être leur repaire! Une fois notre diner avalé, on a acheté quelques fruits à l'épicerie en guise de collation, et on a de nouveau eu affaire à une caissière bête. Constat: en Croatie (en tout à Dubrovnik), les gens sont bien moins avenants qu'au Montenegro envers les touristes. Peut-être une écoeurantite due à leur surnombre?
Puis, on a marché environ 40 minutes pour atteindre la vieille ville. Au passage, on a compté non pas 1 mais bien 3 immenses bateaux de croisière amarrés dans le port! Et nous qui croyions que Kotor était touristique! Et nous n'avions encore rien vu: une fois aux portes de la ville, on est restés bouche bée face au nombre de touristes qui entraient et sortaient de la ville! Il devait bien y en avoir des centaines! Signe qui ne ment pas quant au statut hyper-touristique d'une destination: de nombreux groupes de touristes chinois âgés sillonnaient la ville, précédés de leur guide agitant un drapeau! On a aussi croisé plusieurs Québécois, chose d'ordinaire assez rare là où on voyage. D'ailleurs, l'intuition féminine de Mémé lui a fait dire, juste avant que l'on ne commence notre visite de la ville, qu'elle avait le sentiment qu'on croiserait quelqu'un qu'on connait...
Le temps maussade a ensuite viré au ciel noir apocalyptique, et on a eu à peine le temps d'entrer dans les murs de la ville qu'un orage de la mort s'est abattu sur nous! On s'est réfugiés une bonne demie-heure dans un magasin de souvenirs en compagnie d'un bon nombre de touristes (dont beaucoup de Chinois), avant que l'averse ne se calme et qu'on puisse partir explorer les lieux. On a alors visité des rues au hasard, se laissant guider par la beauté des ruelles pour se diriger. Agréable surprise: bien qu'il y ait beaucoup de touristes, Dubrovnik est quand même étendue, ce qui fait en sorte que de nombreuses rues et ruelles sont désertes dès qu'on quitte les artères principales. Et, il faut le dire, ce n'est pas touristique pour rien: c'est un endroit possédant une atmosphère particulièrement envoûtante. Les rues étroites sont pavées de vieilles pierres, on passe sous des arches entre deux édifices médiévaux, des plantes grimpent le long des murs où figurent d'antiques sculptures, et en dehors des rues principales, il n'y a pas de boutiques pour touristes qui viennent tout gâcher. Dubrovnik est bâtie sur un cap rocheux qui s'avance dans la mer, alors le bleu de la Méditerranée vient aussi ajouter au charme de l'endroit! La vieille ville est aussi construite dans une cuvette, ce qui fait que les rues se transforment en escaliers aux marches inégales se frayant un chemin entre les demeures . Bref, c'est vraiment beau!
Au détour de nos errements dans la vieille cité, on a visité quelques jolies églises et quelques places, puis on s'est décidés à faire l'attraction numéro un de Dubrovnik: le tour du haut des murailles qui ceinturent la ville. On avait hésité parce que le prix demandé était extrêmement élevé: 100 kunas par personne, soit environ 20$! Mais puisque c'était un must, on s'était convaincus que ça vaudrait la peine. Au moment de payer, j'ai eu un flash et je leur ai demandé s'ils avaient des tarifs étudiants (ce n'était pas indiqué). À notre grande surprise, on nous a dit oui, et nos cartes étudiantes boboches de l'Université Laval ont été acceptées comme lettre à la poste! Au final, on a payé 30 kunas par personne, soit 6$, ce qui était nettement plus raisonnable! Et ça valait amplement la peine: les points de vue sur la ville et la mer étaient impressionnants! Faire le tour des murailles a pris environ 45 minutes, tellement la ville est étendue!
Une fois descendus des murs, on a fait une petite pause à l'ombre sur la place principale (le soleil était revenu, et il faisait maintenant très chaud). En se levant, on a rencontré Serge et Andrée, du groupe de St-Côme! Ils étaient en vacances en Croatie avec leur fille et son coloc, et se trouvaient à Dubrovnik précisément au même moment que nous, parmi une mer de touristes! Quelles sont les chances pour que ça arrive?!?!?! Encore une fois, l'intuition féminine légendaire de Mémé s'était révélée fondée!
Après avoir bavardé un bon moment avec eux, on les a laissé à leur exploration pour aller marcher à l'extérieur des murs pour avoir une vue plongeante sur la vieille ville. Il y a un téléphérique qui donne un beau point de vue sur la ville du haut d'une montagne voisine, mais il est cher et, surtout, on a été découragés par la longue file d'attente. Alors, on a simplement monté quelques escaliers à flanc de montagne afin d'avoir une belle vue! De retour ensuite dans la vieille ville, on a à nouveau marché au hasard dans les ruelles, ce qui nous a permis de découvrir une vieille église dont le perron était le refuge de tous les chats errants (au grand bonheur de Mémé)! En sortant de la ville, on s'est promenés dans les douves asséchées transformées en parc donnant sur une petite baie rocheuse. Puis, comme l'après-midi tirait à sa fin et qu'on avait un bus à prendre pour Kotor à 18h, on a finalement laissé la vieille ville derrière nous pour se diriger vers la gare. On s'est toutefois arrêtés en chemin dans une boulangerie pour prendre un petit quelque chose pour la route. Pour ma part, j'ai pris un burek à la viande. Les bureks sont communs dans tous les pays des Balkans, et sont des genre de pâtes feuilletées salées fourrées à quelque chose (oignons, viande, fromage, etc) C'est assez gras, et celui que j'ai pris donnait l'impression de manger un baklava à la tourtière!
Le trajet de la vieille ville vers la gare nous a pris plus de temps que prévu, ce qui a fait en sorte qu'on dû courir dans la chaleur pour être sûrs d'arriver à temps pour notre bus, le dernier avant le lendemain! Ruisselant de sueur, on a changé nos derniers kunas pour des euros, puis on est partis pour Kotor. Cette fois, Mémé a pu jeter un dernier regard à Dubrovnik du haut de la route, parce qu'elle ne dormait pas! Ça n'a pas tardé par contre, et on s'est endormis jusqu'à ce qu'on soit réveillés à la frontière monténégrine. Là, drame: en attendant de passer les douanes, notre chauffeur de bus s'est allumé une clope qu'il fumé à loisir DANS le bus! Vous savez à quel point Mémé est exaspérée par la cigarette! Elle a donc voulu sortir, le chauffeur lui a dit qu'elle ne pouvait pas avec l'air le plus bête du monde, et Mémé est retournée s'asseoir furieuse en lui disant bien clairement que sa cigarette sentait le maudit! J'ai une blonde qui a tout un caractère! :)
Cette fois, pour le retour à Kotor, on a pris la route qui faisait le tour de la baie, ce qui m'a permis d'admirer une dernière fois ce paysage magnifique. Je parle au "je" parce que Mémé dormait durant cette partie du trajet! (Mémé: haha j'ai l'air d'avoir dormi tout long... ce qui n'est pas faux!) Une fois rendus à Kotor, on est revenu à l'auberge de jeunesse, où j'ai écrit un peu de blog avant qu'on aille se coucher. Quand je suis revenu au dortoir, vers minuit, tout le monde était couché sauf une Brésilienne qui parlait fort sur Skype alors que tous dormaient! Come on! Et ça a continué comme ça jusqu'à environ 00:30. Pas fort...
Budva aka Miami dans notre prochaine entrée de blog! À bientôt!
Dubrovnik: ce nom évoque sûrement quelque chose pour vous. C'est probablement la ville la plus connue de Croatie, et l'une des plus belles. Bien qu'on ait initialement prévu de ne s'en tenir qu'au Montenegro et à l'Albanie, le Lonely Planet nous a rapidement convaincus qu'on raterait quelque chose si on ne faisait pas un petit croche d'une journée par là, surtout sachant que cette ville n'était qu'à 3h de Kotor.
À 8h30, nous étions donc déjà dans l'autobus qui nous mènerait en Croatie. Joie: la route empruntée par le bus passait par le ferry qui traverse la baie de Kotor, que j'avais très envie d'essayer! (Vous ai-je déjà dit que j'aime les tours de bateau?) Considérant le prix (0$) et les paysages, ce court trajet en traversier valait décidément plus la peine que le tour de bateau vers l'île de Notre-Dame des roches! Après le ferry, on s'est endormis pour se réveiller à la frontière croate, 30 minutes plus tard (on le redit, le Montenegro, c'est pas grand.) Après une inexplicablement longue attente à la frontière (et la tragique découverte de l'oubli du coupe-vent de Mémé à l'hostel, alors que le temps se couvrait et que le vent commençait à souffler) on est finalement entrés en Croatie (et dans l'Union européenne par la même occasion). Premier constat: il y a plus d'argent ici, c'est clair: les routes sont bien mieux entretenues! La route vers Dubrovnik était tout simplement superbe: la région est assez sauvage, et se caractérise par des côtes déchiquetées dont les montagnes plongent abruptement dans la mer. Avec le temps orageux qu'il faisait, l'effet dramatique était saisissant! C'est dans ce contexte qu'au détour d'un cap, Dubrovnik s'est laissée découvrir, avec ses murailles et ses vieux bâtiments! La route, qui surplombe la ville à flanc de montagne, donne des points de vue sublimes sur la cité médiévale! Mémé a par contre raté ce spectacle parce qu'elle dormait comme un loir sur mon épaule!
Après quelques détours, l'autobus nous a laissés à la gare de Dubrovnik, dans la nouvelle ville située à quelques km de l'ancienne. Première opération : changer de l'argent! La Croatie a beau être dans l'Union européenne, elle n'a pas adopté l'euro et fonctionne toujours avec sa propre monnaie, le kuna. C'est paradoxal quand on y pense, parce que le Montenegro, qui n'est pas dans l'UE, a lui adopté l'euro! Le tout ne fut pas trop compliqué, un bureau de change étant situé dans la gare (le taux n'était pas excellent par contre...)
Il était près de midi et on avait faim, alors on a marché dans les environs de la gare avant de s'arrêter dans une pizzeria. Dubrovnik étant une ville affreusement chère, mieux valait se restaurer loin du vieux centre si on tenait à nos kunas! La serveuse bête nous a servi nos pizzas alors qu'on observait la table à côté de nous se remplir de policiers... l'endroit avait vraiment l'air d'être leur repaire! Une fois notre diner avalé, on a acheté quelques fruits à l'épicerie en guise de collation, et on a de nouveau eu affaire à une caissière bête. Constat: en Croatie (en tout à Dubrovnik), les gens sont bien moins avenants qu'au Montenegro envers les touristes. Peut-être une écoeurantite due à leur surnombre?
Puis, on a marché environ 40 minutes pour atteindre la vieille ville. Au passage, on a compté non pas 1 mais bien 3 immenses bateaux de croisière amarrés dans le port! Et nous qui croyions que Kotor était touristique! Et nous n'avions encore rien vu: une fois aux portes de la ville, on est restés bouche bée face au nombre de touristes qui entraient et sortaient de la ville! Il devait bien y en avoir des centaines! Signe qui ne ment pas quant au statut hyper-touristique d'une destination: de nombreux groupes de touristes chinois âgés sillonnaient la ville, précédés de leur guide agitant un drapeau! On a aussi croisé plusieurs Québécois, chose d'ordinaire assez rare là où on voyage. D'ailleurs, l'intuition féminine de Mémé lui a fait dire, juste avant que l'on ne commence notre visite de la ville, qu'elle avait le sentiment qu'on croiserait quelqu'un qu'on connait...
Le temps maussade a ensuite viré au ciel noir apocalyptique, et on a eu à peine le temps d'entrer dans les murs de la ville qu'un orage de la mort s'est abattu sur nous! On s'est réfugiés une bonne demie-heure dans un magasin de souvenirs en compagnie d'un bon nombre de touristes (dont beaucoup de Chinois), avant que l'averse ne se calme et qu'on puisse partir explorer les lieux. On a alors visité des rues au hasard, se laissant guider par la beauté des ruelles pour se diriger. Agréable surprise: bien qu'il y ait beaucoup de touristes, Dubrovnik est quand même étendue, ce qui fait en sorte que de nombreuses rues et ruelles sont désertes dès qu'on quitte les artères principales. Et, il faut le dire, ce n'est pas touristique pour rien: c'est un endroit possédant une atmosphère particulièrement envoûtante. Les rues étroites sont pavées de vieilles pierres, on passe sous des arches entre deux édifices médiévaux, des plantes grimpent le long des murs où figurent d'antiques sculptures, et en dehors des rues principales, il n'y a pas de boutiques pour touristes qui viennent tout gâcher. Dubrovnik est bâtie sur un cap rocheux qui s'avance dans la mer, alors le bleu de la Méditerranée vient aussi ajouter au charme de l'endroit! La vieille ville est aussi construite dans une cuvette, ce qui fait que les rues se transforment en escaliers aux marches inégales se frayant un chemin entre les demeures . Bref, c'est vraiment beau!
Au détour de nos errements dans la vieille cité, on a visité quelques jolies églises et quelques places, puis on s'est décidés à faire l'attraction numéro un de Dubrovnik: le tour du haut des murailles qui ceinturent la ville. On avait hésité parce que le prix demandé était extrêmement élevé: 100 kunas par personne, soit environ 20$! Mais puisque c'était un must, on s'était convaincus que ça vaudrait la peine. Au moment de payer, j'ai eu un flash et je leur ai demandé s'ils avaient des tarifs étudiants (ce n'était pas indiqué). À notre grande surprise, on nous a dit oui, et nos cartes étudiantes boboches de l'Université Laval ont été acceptées comme lettre à la poste! Au final, on a payé 30 kunas par personne, soit 6$, ce qui était nettement plus raisonnable! Et ça valait amplement la peine: les points de vue sur la ville et la mer étaient impressionnants! Faire le tour des murailles a pris environ 45 minutes, tellement la ville est étendue!
Une fois descendus des murs, on a fait une petite pause à l'ombre sur la place principale (le soleil était revenu, et il faisait maintenant très chaud). En se levant, on a rencontré Serge et Andrée, du groupe de St-Côme! Ils étaient en vacances en Croatie avec leur fille et son coloc, et se trouvaient à Dubrovnik précisément au même moment que nous, parmi une mer de touristes! Quelles sont les chances pour que ça arrive?!?!?! Encore une fois, l'intuition féminine légendaire de Mémé s'était révélée fondée!
Après avoir bavardé un bon moment avec eux, on les a laissé à leur exploration pour aller marcher à l'extérieur des murs pour avoir une vue plongeante sur la vieille ville. Il y a un téléphérique qui donne un beau point de vue sur la ville du haut d'une montagne voisine, mais il est cher et, surtout, on a été découragés par la longue file d'attente. Alors, on a simplement monté quelques escaliers à flanc de montagne afin d'avoir une belle vue! De retour ensuite dans la vieille ville, on a à nouveau marché au hasard dans les ruelles, ce qui nous a permis de découvrir une vieille église dont le perron était le refuge de tous les chats errants (au grand bonheur de Mémé)! En sortant de la ville, on s'est promenés dans les douves asséchées transformées en parc donnant sur une petite baie rocheuse. Puis, comme l'après-midi tirait à sa fin et qu'on avait un bus à prendre pour Kotor à 18h, on a finalement laissé la vieille ville derrière nous pour se diriger vers la gare. On s'est toutefois arrêtés en chemin dans une boulangerie pour prendre un petit quelque chose pour la route. Pour ma part, j'ai pris un burek à la viande. Les bureks sont communs dans tous les pays des Balkans, et sont des genre de pâtes feuilletées salées fourrées à quelque chose (oignons, viande, fromage, etc) C'est assez gras, et celui que j'ai pris donnait l'impression de manger un baklava à la tourtière!
Le trajet de la vieille ville vers la gare nous a pris plus de temps que prévu, ce qui a fait en sorte qu'on dû courir dans la chaleur pour être sûrs d'arriver à temps pour notre bus, le dernier avant le lendemain! Ruisselant de sueur, on a changé nos derniers kunas pour des euros, puis on est partis pour Kotor. Cette fois, Mémé a pu jeter un dernier regard à Dubrovnik du haut de la route, parce qu'elle ne dormait pas! Ça n'a pas tardé par contre, et on s'est endormis jusqu'à ce qu'on soit réveillés à la frontière monténégrine. Là, drame: en attendant de passer les douanes, notre chauffeur de bus s'est allumé une clope qu'il fumé à loisir DANS le bus! Vous savez à quel point Mémé est exaspérée par la cigarette! Elle a donc voulu sortir, le chauffeur lui a dit qu'elle ne pouvait pas avec l'air le plus bête du monde, et Mémé est retournée s'asseoir furieuse en lui disant bien clairement que sa cigarette sentait le maudit! J'ai une blonde qui a tout un caractère! :)
Cette fois, pour le retour à Kotor, on a pris la route qui faisait le tour de la baie, ce qui m'a permis d'admirer une dernière fois ce paysage magnifique. Je parle au "je" parce que Mémé dormait durant cette partie du trajet! (Mémé: haha j'ai l'air d'avoir dormi tout long... ce qui n'est pas faux!) Une fois rendus à Kotor, on est revenu à l'auberge de jeunesse, où j'ai écrit un peu de blog avant qu'on aille se coucher. Quand je suis revenu au dortoir, vers minuit, tout le monde était couché sauf une Brésilienne qui parlait fort sur Skype alors que tous dormaient! Come on! Et ça a continué comme ça jusqu'à environ 00:30. Pas fort...
Budva aka Miami dans notre prochaine entrée de blog! À bientôt!
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vendredi 3 juillet 2015
Baie de Kotor
Salut! C'est à nouveau François - surprise! - qui continue la suite de nos aventures dans les Balkans, pendant que Mémé fait bravement notre lavage! On la remercie!
Pour notre 3e journée au Montenegro, on avait prévu d'explorer la baie de Kotor. Car il y a plus que la ville de Kotor: de charmants villages sont nichés sur les bords de ce bras de mer magnifique, et on comptait bien aller les visiter. C'est donc une fois avoir déjeuné qu'on s'est dirigés vers la gare, dans l'optique de se rendre au village de Perast. Sur place, on s'est rendus compte qu'on pouvait déjà acheter nos billets pour Dubrovnik, en Croatie, où on comptait se rendre le lendemain. À noter que le Lonely Planet recommande fortement de réserver les billets de bus internationaux 24h d'avance... On achète donc les billets, mais au moment de payer, on s'est rendus compte qu'il ne nous restait pas assez d'argent pour ce faire, et que notre bus vers Perast partait dans 5 minutes. "OK attends, je cours à l'auberge chercher de l'argent!." m'a dit Mémé avant même que j'aie pu lui opposer que ça me paraissait difficilement faisable compte tenu du délai imparti! Je quitte donc le guichet sans les billets pour Dubrovnik. Quelques minutes passent... Le bus pour Perast arrive, et Mémé n'est toujours pas là. Les gens montent dans le bus, puis celui-ci démarre, quitte le quai... puis Mémé réapparait, hors d'haleine! Je fais signe au chauffeur, qui arrête au dernier moment, puis nous montons. Ouf! Juste de même, Mémé a couru 1km aller-retour (+ le temps pour aller chercher l'argent à l'hostel) en moins de 5 minutes! Malheureusement, par contre, on n'avait pas eu le temps d'acheter les billets vers Dubrovnik... Toute une course folle pour rien!
Le trajet vers Perast, le long de la baie, de Kotor, a été un régal pour les yeux (mer et montagne!), puis le chauffeur nous a débarqué dans le village. Perast, c'est un petit village regroupant vieilles églises et villas blanches et rouges. C'est un ben bel endroit, même si c'est aussi assez touristique. On s'est reposés un instant sur la place principale, face à la mer, au son des agréables mélodies de la guitare d'un Monténégrin. Il faisait un temps superbe (lire: ciel bleu et temps chaud à souhait), et le paysage était très beau! On a marché un peu sur le bord de l'eau en se faisant constamment aborder par des gens qui voulaient nous amener en bateau à l'île de Notre-Dame des Roches, située juste en face de Perast. Parce qu'il y a deux minuscules îlots en face de Perast, qui abritent respectivement un monastère et une église (Notre-Dame des roches, ainsi nommée parce que toute l'île et l'église ont été construits, vous l'aurez deviné, avec des roches.) Comme si ce n'était déjà pas assez beau! Même si c'était cher (5 euros par personne pour une ride de bateau de 2 minutes), ça me tentait vraiment d'y aller! On a fini par être abordés par un gars vraiment timide qui nous a demandé si on voulait aller avec lui en bateau vers l'île. Étant donné son extrême amabilité, c'est donc avec lui qu'on est partis!
Bon, ok, c'était effectivement trop cher pour pas grand'chose: le tour de bateau a duré 5 minutes et, sur l'île, même si les vues et l'église étaient jolies, l'endroit a rapidement été pris d'assaut par des croisiéristes en provenance d'un plus gros bateau. L'endroit étant minuscule, on s'est vite retrouvés à se faire marcher sur les pieds! Verdict: pour vrai, le tour de bateau n'en vaut pas vraiment la peine, au prix où ils le proposent!
Après une petite marche dans le village, on a repris le bus en direction d'Herceg Novi, une petite ville située à l'ouverture de la baie. À nouveau, le trajet a été magnifique (la route qui ceinture la baie est décidément extraordinaire)! Une fois en ville, on a été manger d'excellents poivrons farcis à la viande et une salade grecque dans un petit resto. Puis, on est partis à la découverte de la vieille ville, avec ses forteresses, ses petites rues et ses belles places. Surprise: ici, il y avait bien moins de touristes, bien que la ville soit très belle! Ça faisait du bien après Kotor et Perast! En fait, il n'y avait pas grand monde dans les rues... parce que tout le monde était à la plage! Herceg Novi est située sur le bord de la mer et possède de nombreuses plages de galets... évidemment prises d'assaut par les Monténégrins et les Russes tout l'été durant! On s'est donc promené un moment sur le boardwalk en face de la mer (avec des tunnels pour traverser certaines falaises!) avant de s'arrêter un moment sur une plage à l'ombre d'un rocher, question de faire une petite baignade! On vous a parlé de l'eau? Ici, même si elle n'est pas aussi chaude qu'on pourrait le croire, elle est turquoise-translucide! Pas mal!
Sauf que n'allez pas vous imaginer que vous allez être seuls sur la plage. Ici (comme partout au Monténégro), il y a plein de gens sur les plages, et nous ne sommes même pas en haute saison encore! Restos et hôtels se disputent chaque mètre de côte, et disposent chaises et parasols sur les plages, alors que de la musique pop s'échappe des hauts parleurs disposés un peu partout dans les établissements balnéaires. C'est un style de vacances de plage qui fait très "Miami" et qu'on n'est pas sûr d'aimer. (Mémé: en fait moi je suis sûre de ne pas aimer haha!). Ce qui nous allume côté plage, ce sont les longues étendues de sable quasi désertes, sauvages ou encore peu développées... Mettons que ce n'est pas la même chose ici, même si le paysage est très beau!
Après la baignade, on a marché à nouveau avant de reprendre le bus vers Kotor, refaisant le décidément extraordinaire trajet le long de la baie en sens inverse. Une fois à la gare de Kotor, on a finalement pu acheter nos billets pour Dubrovnik!
On s'était dit qu'on pourrait aller souper à Tivat, une autre ville côtière de l'autre côté des montagnes qui ceinture Kotor. Après 15 minutes de trajet (oui, le Montenegro, c'est petit), on a jeté notre dévolu sur un resto sympathique où le dévoué serveur nous a servi de bons mais lourds spaghettis carbonara. (Mémé: Le Montenegro et l'Albanie ont une bonne tradition de cuisine italienne; pâtes et pizzas sont sur chaque menu! Le Montenegro dû à l'influence de Venise, des Vénitiens et des Italiens, l'Albanie en raison aussi de l'occupation italienne entre les deux guerres.) Après avoir gros mangé, on a exploré Tivat by night (il était près de 21h). Tivat est une petite ville où un milliardaire canadien a construit un luxueux quartier, Porto Montenegro, il y a quelques années. Cet ensemble d'hôtels et de boutiques de luxe se double d'une marina où peuvent s'amarrer des yachts qu'une vie entière de mes économies ne me permettraient même pas d'acheter! Comme le mentionne le Lonely Planet, c'est vraiment la place idéale pour désespérer sur les inégalités dans le monde! Cela dit, l'endroit était très animé et il était franchement agréable de se promener sur le bord de mer. On a longuement marché dans la marina, s'amusant à comparer les immenses yachts entre eux. Planchers de bois franc, écrans plasma, mobilier de luxe, oeuvres d'arts... rien n'est trop beau! Les yachts, certains de 3 étages, étaient amarrés tout près du boardwalk principal, si bien que leurs riches propriétaires se faisaient servir le repas par des serveurs en veston sur leur terrasse à l'arrière du yacht sous l'oeil curieux des passants! Mettons qu'il faut être un peu (beaucoup) show off...
Après ce petit détour dans cet univers où l'argent pousse dans les arbres, on est revenus en bus local vers Kotor. Ce qui promettait de n'être qu'un trajet de bus sans histoire s'est révélé être beaucoup plus divertissant quand on a réalisé que celui-ci revenait à Kotor en faisant le tour de la péninsule de Lepetani et non via le tunnel de la route principale. Rapidement, la route est devenue une étroite bande d'asphalte à une voie, situé à un mètre à peine de la surface de l'eau. Le chauffeur n'en avait cure et roulait à des vitesses impossibles en pleine nuit sur ce chemin plein de courbes! Évidemment, on a croisé un bon nombre de voitures venant en sens inverse, des situations où notre chauffeur manoeuvrait comme il le pouvait son gros bus pour contourner ou laisser passer le véhicule, ce qui se traduisait par des roues dangereusement proches de l'eau, des poubelles malmenées ou des miroirs miraculeusement épargnés! Pour vous donner une idée, on avait l'impression d'être dans le bus magique qu'Harry Potter emprunte dans le 3e livre de la série! Un trajet bien plaisant!
De retour à l'hostel à Kotor, Mémé s'est lancée dans le lavage (merciiiii!!) alors que je faisais un peu de blog. Malheureusement, le savon à lessive n'a pas pu débarrasser le dortoir de l'odeur rance et tenace qui émanait du gars qui avait son lit juste à côté du nôtre! Conseil: lorsque vous êtes dans une auberge de jeunesse, ne négligez pas votre hygiène, par pitié pour les autres!
Dubrovnik et la Croatie suivent dans peu de temps!
Pour notre 3e journée au Montenegro, on avait prévu d'explorer la baie de Kotor. Car il y a plus que la ville de Kotor: de charmants villages sont nichés sur les bords de ce bras de mer magnifique, et on comptait bien aller les visiter. C'est donc une fois avoir déjeuné qu'on s'est dirigés vers la gare, dans l'optique de se rendre au village de Perast. Sur place, on s'est rendus compte qu'on pouvait déjà acheter nos billets pour Dubrovnik, en Croatie, où on comptait se rendre le lendemain. À noter que le Lonely Planet recommande fortement de réserver les billets de bus internationaux 24h d'avance... On achète donc les billets, mais au moment de payer, on s'est rendus compte qu'il ne nous restait pas assez d'argent pour ce faire, et que notre bus vers Perast partait dans 5 minutes. "OK attends, je cours à l'auberge chercher de l'argent!." m'a dit Mémé avant même que j'aie pu lui opposer que ça me paraissait difficilement faisable compte tenu du délai imparti! Je quitte donc le guichet sans les billets pour Dubrovnik. Quelques minutes passent... Le bus pour Perast arrive, et Mémé n'est toujours pas là. Les gens montent dans le bus, puis celui-ci démarre, quitte le quai... puis Mémé réapparait, hors d'haleine! Je fais signe au chauffeur, qui arrête au dernier moment, puis nous montons. Ouf! Juste de même, Mémé a couru 1km aller-retour (+ le temps pour aller chercher l'argent à l'hostel) en moins de 5 minutes! Malheureusement, par contre, on n'avait pas eu le temps d'acheter les billets vers Dubrovnik... Toute une course folle pour rien!
Le trajet vers Perast, le long de la baie, de Kotor, a été un régal pour les yeux (mer et montagne!), puis le chauffeur nous a débarqué dans le village. Perast, c'est un petit village regroupant vieilles églises et villas blanches et rouges. C'est un ben bel endroit, même si c'est aussi assez touristique. On s'est reposés un instant sur la place principale, face à la mer, au son des agréables mélodies de la guitare d'un Monténégrin. Il faisait un temps superbe (lire: ciel bleu et temps chaud à souhait), et le paysage était très beau! On a marché un peu sur le bord de l'eau en se faisant constamment aborder par des gens qui voulaient nous amener en bateau à l'île de Notre-Dame des Roches, située juste en face de Perast. Parce qu'il y a deux minuscules îlots en face de Perast, qui abritent respectivement un monastère et une église (Notre-Dame des roches, ainsi nommée parce que toute l'île et l'église ont été construits, vous l'aurez deviné, avec des roches.) Comme si ce n'était déjà pas assez beau! Même si c'était cher (5 euros par personne pour une ride de bateau de 2 minutes), ça me tentait vraiment d'y aller! On a fini par être abordés par un gars vraiment timide qui nous a demandé si on voulait aller avec lui en bateau vers l'île. Étant donné son extrême amabilité, c'est donc avec lui qu'on est partis!
Bon, ok, c'était effectivement trop cher pour pas grand'chose: le tour de bateau a duré 5 minutes et, sur l'île, même si les vues et l'église étaient jolies, l'endroit a rapidement été pris d'assaut par des croisiéristes en provenance d'un plus gros bateau. L'endroit étant minuscule, on s'est vite retrouvés à se faire marcher sur les pieds! Verdict: pour vrai, le tour de bateau n'en vaut pas vraiment la peine, au prix où ils le proposent!
Après une petite marche dans le village, on a repris le bus en direction d'Herceg Novi, une petite ville située à l'ouverture de la baie. À nouveau, le trajet a été magnifique (la route qui ceinture la baie est décidément extraordinaire)! Une fois en ville, on a été manger d'excellents poivrons farcis à la viande et une salade grecque dans un petit resto. Puis, on est partis à la découverte de la vieille ville, avec ses forteresses, ses petites rues et ses belles places. Surprise: ici, il y avait bien moins de touristes, bien que la ville soit très belle! Ça faisait du bien après Kotor et Perast! En fait, il n'y avait pas grand monde dans les rues... parce que tout le monde était à la plage! Herceg Novi est située sur le bord de la mer et possède de nombreuses plages de galets... évidemment prises d'assaut par les Monténégrins et les Russes tout l'été durant! On s'est donc promené un moment sur le boardwalk en face de la mer (avec des tunnels pour traverser certaines falaises!) avant de s'arrêter un moment sur une plage à l'ombre d'un rocher, question de faire une petite baignade! On vous a parlé de l'eau? Ici, même si elle n'est pas aussi chaude qu'on pourrait le croire, elle est turquoise-translucide! Pas mal!
Sauf que n'allez pas vous imaginer que vous allez être seuls sur la plage. Ici (comme partout au Monténégro), il y a plein de gens sur les plages, et nous ne sommes même pas en haute saison encore! Restos et hôtels se disputent chaque mètre de côte, et disposent chaises et parasols sur les plages, alors que de la musique pop s'échappe des hauts parleurs disposés un peu partout dans les établissements balnéaires. C'est un style de vacances de plage qui fait très "Miami" et qu'on n'est pas sûr d'aimer. (Mémé: en fait moi je suis sûre de ne pas aimer haha!). Ce qui nous allume côté plage, ce sont les longues étendues de sable quasi désertes, sauvages ou encore peu développées... Mettons que ce n'est pas la même chose ici, même si le paysage est très beau!
Après la baignade, on a marché à nouveau avant de reprendre le bus vers Kotor, refaisant le décidément extraordinaire trajet le long de la baie en sens inverse. Une fois à la gare de Kotor, on a finalement pu acheter nos billets pour Dubrovnik!
On s'était dit qu'on pourrait aller souper à Tivat, une autre ville côtière de l'autre côté des montagnes qui ceinture Kotor. Après 15 minutes de trajet (oui, le Montenegro, c'est petit), on a jeté notre dévolu sur un resto sympathique où le dévoué serveur nous a servi de bons mais lourds spaghettis carbonara. (Mémé: Le Montenegro et l'Albanie ont une bonne tradition de cuisine italienne; pâtes et pizzas sont sur chaque menu! Le Montenegro dû à l'influence de Venise, des Vénitiens et des Italiens, l'Albanie en raison aussi de l'occupation italienne entre les deux guerres.) Après avoir gros mangé, on a exploré Tivat by night (il était près de 21h). Tivat est une petite ville où un milliardaire canadien a construit un luxueux quartier, Porto Montenegro, il y a quelques années. Cet ensemble d'hôtels et de boutiques de luxe se double d'une marina où peuvent s'amarrer des yachts qu'une vie entière de mes économies ne me permettraient même pas d'acheter! Comme le mentionne le Lonely Planet, c'est vraiment la place idéale pour désespérer sur les inégalités dans le monde! Cela dit, l'endroit était très animé et il était franchement agréable de se promener sur le bord de mer. On a longuement marché dans la marina, s'amusant à comparer les immenses yachts entre eux. Planchers de bois franc, écrans plasma, mobilier de luxe, oeuvres d'arts... rien n'est trop beau! Les yachts, certains de 3 étages, étaient amarrés tout près du boardwalk principal, si bien que leurs riches propriétaires se faisaient servir le repas par des serveurs en veston sur leur terrasse à l'arrière du yacht sous l'oeil curieux des passants! Mettons qu'il faut être un peu (beaucoup) show off...
Après ce petit détour dans cet univers où l'argent pousse dans les arbres, on est revenus en bus local vers Kotor. Ce qui promettait de n'être qu'un trajet de bus sans histoire s'est révélé être beaucoup plus divertissant quand on a réalisé que celui-ci revenait à Kotor en faisant le tour de la péninsule de Lepetani et non via le tunnel de la route principale. Rapidement, la route est devenue une étroite bande d'asphalte à une voie, situé à un mètre à peine de la surface de l'eau. Le chauffeur n'en avait cure et roulait à des vitesses impossibles en pleine nuit sur ce chemin plein de courbes! Évidemment, on a croisé un bon nombre de voitures venant en sens inverse, des situations où notre chauffeur manoeuvrait comme il le pouvait son gros bus pour contourner ou laisser passer le véhicule, ce qui se traduisait par des roues dangereusement proches de l'eau, des poubelles malmenées ou des miroirs miraculeusement épargnés! Pour vous donner une idée, on avait l'impression d'être dans le bus magique qu'Harry Potter emprunte dans le 3e livre de la série! Un trajet bien plaisant!
De retour à l'hostel à Kotor, Mémé s'est lancée dans le lavage (merciiiii!!) alors que je faisais un peu de blog. Malheureusement, le savon à lessive n'a pas pu débarrasser le dortoir de l'odeur rance et tenace qui émanait du gars qui avait son lit juste à côté du nôtre! Conseil: lorsque vous êtes dans une auberge de jeunesse, ne négligez pas votre hygiène, par pitié pour les autres!
Dubrovnik et la Croatie suivent dans peu de temps!
mercredi 1 juillet 2015
Kotor
Rebonjour! C'est toujours François qui continue!
Ce jour-là, on s'est levés tard, question de récupérer un peu! Après un déjeuner à l'hostel, on est partis vers midi environ visiter la vieille ville de Kotor. Le vieux Kotor est une ville médiévale fortifiée par les Vénitiens au 12e siècle. L'endroit n'est pas très grand mais c'est un véritable labyrinthe de petites ruelles, d'escaliers et de petites places! Ah, et la ville est située au fond de la baie de Kotor, qui donne sur la Méditerranée. Et alors? C'est que la baie de Kotor n'est pas une baie ordinaire. Elle est parfois considérée comme le fjord le plus méridional d'Europe. Bien qu'il ne s'agisse techniquement pas d'un fjord mais d'une baie, ça vous donne une idée de l'endroit! Une longue baie étroite, dans laquelle plongent des montagnes, et au bout de laquelle se trouve une extraordinaire ville fortifiée tout droit sortie du Moyen-Âge! Pas mal!
Seule ombre au tableau: nous ne sommes pas les premiers ni les seuls à savoir qu'il s'agit d'un très bel endroit. Au cours de la journée, des hordes de touristes envahissent la ville! Conséquence: la vieille ville a progressivement été défigurée par la présence de trop nombreuses boutiques de souvenirs et autres restos trop chers... Pire: le port de Kotor est assez profond pour accueillir d'immenses bateaux de croisière, dont les milliers de vieux passagers portant sandales, bas blancs, sacs bananes et appareils photos hors de prix se déversent quotidiennement dans la ville! Et malgré tout, tous les Monténégrins que nous avons rencontrés étaient d'une extrême gentillesse, heureux de nous aider et de nous parler! Il faut croire que le pays est content d'être une destination touristique prisée!
Après une balade dans la vieille-ville, c'est en jouant des coudes qu'on a pu s'extirper du flot de touristes qui cherchaient à entrer en ville par la porte principale et qu'on a été marcher un peu à l'extérieur, question d'explorer un petit canyon asséché tout près. Puis, on s'est lancés à l'ascension des vieilles fortifications de Kotor. Kotor est bâtie dans l'étroite plaine côtière entre la baie et la montagne, mais un réseau de fortifications a été construit au fil des siècles à flanc de montagne juste derrière la ville. Une forteresse en ruines couronne le tout. C'est donc sous le chaud soleil de l'après-midi qu'on s'est mis à grimper, croisant en chemin de nombreux touristes, surtout Russes, Serbes ou Monténégrins (honnêtement, il est très difficile pour un non initié de faire la différence entre le serbo-croate ou sa variante monténégrine et le russe). Parenthèse: le Monténégro fourmille de touristes russes, qui aiment venir y passer leurs vacances dans ce petit coin de paradis sur le bord de la Méditerranée. Russie et Montenegro partagent des identités slaves similaires et sont liés par des liens historiques et culturels profonds (alphabet cyrillique, église orthodoxe, etc...)
Après un moment, on a atteint la forteresse et on a pu avoir des vues fabuleuses sur la baie et Kotor! On a aussi pu assister au départ de l'immense bateau de croisière qui était amarré au quai de la ville, au grand plaisir du touriste stéréotypé qui était à nos côtés (sac banane, chapeau à large bords et gros appareil photo!). En redescendant, on a revu le vieux touriste finlandais de la veille, avec qui on a jasé un moment.
En arrivant en ville, on mourrait de faim alors on s'est dirigés vers ce qui semblait être un resto pas trop touristique en dehors des murs. Finalement, c'était un resto-boucherie, où le proprio trop sympathique nous a servi un immense et excellent plat de viande et de légumes grillés! En fait, il y en avait tellement qu'on en a gardé à l'hostel et qu'on a mangé ça aussi pour le souper!
Pour la suite de l'après-midi, on a longé le bord de l'eau vers la petite ville côtière de Dobrota. On a eu droit à de superbes paysages et à des scènes de vacances, les Monténégrins profitant de chaque petite plage de galet (voire de n'importe quelle structure de ciment) pour se baigner et rôtir au soleil! On a nous-mêmes trempé nos pieds dans l'eau rafraîchissante de la baie avant de continuer notre exploration. On a agrémenté notre balade entre mer, jolies villas et vieilles églises avec un popsicle au bon goût de fruits chimique! Après un moment à observer la mer et les montagnes du parvis d'une petite église, on est revenus à Kotor dans le soleil couchant. On a bien tenté de voir le coucher de soleil sur la baie en montant vers les fortifications, mais on était trop tard et on a eu droit qu'à quelques chauve-souris!...
Après un bon souper de restes, on s'est ensuite endormis du sommeil du juste, en prévision du lendemain!
À bientôt!
Ce jour-là, on s'est levés tard, question de récupérer un peu! Après un déjeuner à l'hostel, on est partis vers midi environ visiter la vieille ville de Kotor. Le vieux Kotor est une ville médiévale fortifiée par les Vénitiens au 12e siècle. L'endroit n'est pas très grand mais c'est un véritable labyrinthe de petites ruelles, d'escaliers et de petites places! Ah, et la ville est située au fond de la baie de Kotor, qui donne sur la Méditerranée. Et alors? C'est que la baie de Kotor n'est pas une baie ordinaire. Elle est parfois considérée comme le fjord le plus méridional d'Europe. Bien qu'il ne s'agisse techniquement pas d'un fjord mais d'une baie, ça vous donne une idée de l'endroit! Une longue baie étroite, dans laquelle plongent des montagnes, et au bout de laquelle se trouve une extraordinaire ville fortifiée tout droit sortie du Moyen-Âge! Pas mal!
Seule ombre au tableau: nous ne sommes pas les premiers ni les seuls à savoir qu'il s'agit d'un très bel endroit. Au cours de la journée, des hordes de touristes envahissent la ville! Conséquence: la vieille ville a progressivement été défigurée par la présence de trop nombreuses boutiques de souvenirs et autres restos trop chers... Pire: le port de Kotor est assez profond pour accueillir d'immenses bateaux de croisière, dont les milliers de vieux passagers portant sandales, bas blancs, sacs bananes et appareils photos hors de prix se déversent quotidiennement dans la ville! Et malgré tout, tous les Monténégrins que nous avons rencontrés étaient d'une extrême gentillesse, heureux de nous aider et de nous parler! Il faut croire que le pays est content d'être une destination touristique prisée!
Après une balade dans la vieille-ville, c'est en jouant des coudes qu'on a pu s'extirper du flot de touristes qui cherchaient à entrer en ville par la porte principale et qu'on a été marcher un peu à l'extérieur, question d'explorer un petit canyon asséché tout près. Puis, on s'est lancés à l'ascension des vieilles fortifications de Kotor. Kotor est bâtie dans l'étroite plaine côtière entre la baie et la montagne, mais un réseau de fortifications a été construit au fil des siècles à flanc de montagne juste derrière la ville. Une forteresse en ruines couronne le tout. C'est donc sous le chaud soleil de l'après-midi qu'on s'est mis à grimper, croisant en chemin de nombreux touristes, surtout Russes, Serbes ou Monténégrins (honnêtement, il est très difficile pour un non initié de faire la différence entre le serbo-croate ou sa variante monténégrine et le russe). Parenthèse: le Monténégro fourmille de touristes russes, qui aiment venir y passer leurs vacances dans ce petit coin de paradis sur le bord de la Méditerranée. Russie et Montenegro partagent des identités slaves similaires et sont liés par des liens historiques et culturels profonds (alphabet cyrillique, église orthodoxe, etc...)
Après un moment, on a atteint la forteresse et on a pu avoir des vues fabuleuses sur la baie et Kotor! On a aussi pu assister au départ de l'immense bateau de croisière qui était amarré au quai de la ville, au grand plaisir du touriste stéréotypé qui était à nos côtés (sac banane, chapeau à large bords et gros appareil photo!). En redescendant, on a revu le vieux touriste finlandais de la veille, avec qui on a jasé un moment.
En arrivant en ville, on mourrait de faim alors on s'est dirigés vers ce qui semblait être un resto pas trop touristique en dehors des murs. Finalement, c'était un resto-boucherie, où le proprio trop sympathique nous a servi un immense et excellent plat de viande et de légumes grillés! En fait, il y en avait tellement qu'on en a gardé à l'hostel et qu'on a mangé ça aussi pour le souper!
Pour la suite de l'après-midi, on a longé le bord de l'eau vers la petite ville côtière de Dobrota. On a eu droit à de superbes paysages et à des scènes de vacances, les Monténégrins profitant de chaque petite plage de galet (voire de n'importe quelle structure de ciment) pour se baigner et rôtir au soleil! On a nous-mêmes trempé nos pieds dans l'eau rafraîchissante de la baie avant de continuer notre exploration. On a agrémenté notre balade entre mer, jolies villas et vieilles églises avec un popsicle au bon goût de fruits chimique! Après un moment à observer la mer et les montagnes du parvis d'une petite église, on est revenus à Kotor dans le soleil couchant. On a bien tenté de voir le coucher de soleil sur la baie en montant vers les fortifications, mais on était trop tard et on a eu droit qu'à quelques chauve-souris!...
Après un bon souper de restes, on s'est ensuite endormis du sommeil du juste, en prévision du lendemain!
À bientôt!
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